17/01 : suite :
Sur la place à côté du fort, une femme vend des cacahuètes, des pistaches... Après qu'elle m'ait fait goûter la plupart des produits qu'elle vend, je lui achète finalement des fèves
fraîches.
Voici les fameux rochers dont me parlaient Philippe et sa mère :
Je repars en direction de São Bernardino en me faisant confirmer par un type que le chemin que je prends et qui suit les falaises va bien m'y mener :
Je me retourne de temps en temps vers le fort et ses rochers particuliers :
Ainsi que vers Peniche :
Les deux praias (Norte puis Sul) de São Bernardino :
Peniche depuis São Bernardino :
Paysage traversé avant d'arriver à Praia de Areia Branca :
Me voilà à Praia de Areia Branca, avec le soleil en pleine face :
Sur une praia dont j'ai oublié le nom, et me voyant regarder de près mon vélo, un jeune dans sa bagnole me demande si j'ai besoin d'aide. Sympa ! Non, non, merci... ah si, pour aller à Porto de
Barcas ? (je n'avais pas encore vu de panneau l'indiquant). Il m'explique la route et je le remercie. Je m'en vais et lui aussi. Et 2 km plus loin, il m'attendait pour être sûr que je tourne au bon
endroit ! Très sympa !
Encore une praia dont le nom m'a échappé :
Je crois que c'était la cote la plus pentue que j'ai gravie sans pousser. La belle bagnole en bas, c'est celle d'un mec, avec sa poule blonde, qui s'était arrêté en haut de la cote avant de
descendre, pour me prendre en photo en plein effort !
La côte à suivre, depuis Porto de Barcas :
Et la nuit tombe. Il y a un beau point de vue, ici. Je reviendrai demain matin pour une photo diurne.
Bon, je vais tenter de trouver un cyber. Dans le village, je demande à des vieux devant un bar. Ils me disent que même à Lourinhà (la capitale des dinosaures), il n'y en a pas. Ça m'étonne, ça m'a
pourtant l'air d'une ville importante. Tant pis, j'y descends. Là-bas, on m'indique un cyber. J'y vais et c'est 3 euros de l'heure, et ce n'est pas moins cher en y passant 5 ou 6 heures. Trop cher,
je retourne à Porto de Barcas après avoir demandé plusieurs fois s'il n'y en avait pas un autre. On me dit qu'il y en a un à Praia da Areia Branca : c'est bon, je vais pas faire marche arrière pour
Internet.
Les vieux me voient revenir et je leur dis qu'il y en avait un, mais trop cher. Je rentre dans le bar. Il y a un match de foot à la télé : Barça contre Deportivo. Je demande une bière et un beignet
à la morue, je pense.
Et but de Thierry Henry à la 27ème ! Je redemande une bière et un beignet. A la table d'à côté, des vieux jouent aux dominos : ça joue sérieux ! Et rebut de Thierry Henry à la 82ème, mais je suis
parti avant.
Je retourne vers la plage et je campe dans un champ de hautes tiges ? près d'un restaurant. Je suis discret : je n'utilise pas la lampe, car la nuit est claire. Et il ne fait vraiment pas froid,
bizarre : au bout du 20ème jour (la dernière fois, c'était chez Betty à Cangas), je prends alors la sage décision de me laver ! Je vais bien dormir.
18/01 : un temps de merde !
Au réveil, je m'aperçois que la nuit claire de hier soir n'a pas duré : déjà, il fait jour, et puis on n'y voit pas à 10 mètres !
Je descends à la praia de Porto de Barcas : originaux, ces rochers sculptés :
Lorsque j'arrive à une plage, je vois à peine l'océan. Ça ne va pas m'empêcher d'aller à toutes les plages, parce que je suis têtu. Même si je ne vois rien, j'apprécie quand même
le relief...
Je ne ferai que très peu de photos, aujourd'hui.
Sur la praia de Porto Dinheiro, il y a un distributeur de cônes pour mettre les mégots de cigarettes :
Un terrain de pétanque près de la praia do Porto Novo, juste après le golf :
Un rocher sur la praia do Porto Novo permet de se rendre compte de la visibilité réduite :
Pour la première fois, cette grisaille épaisse ne se dissipera pas de la journée. Même dans le nord de l'Espagne, ça ne m'était pas arrivé !
C'est ce que je verrai le mieux et ce que je regarderai le plus, tout au long de cette journée :
Je vais manger mes sandwiches à l'abri de la bâche d'un resto fermé, sur une praia peu avant Praia de Santa Cruz. A Praia de Santa Cruz, je vois un cyber et je me dis que ça sera plus utile de
faire du blog, avec ce sale temps. C'est toujours trop cher : je continue. Ça y est, la fermeture de ma super veste anti-pluie est cassée. J'arrive tant bien que mal à la refermer.
C'est au bord de la nationale, je ne peux pas m'empêcher de prendre la photo !
La praia de Calada, vue d'en haut :
J'y suis descendu ; d'ailleurs, mes freins dégageaient une sale odeur de brûlé.
Aujourd'hui, la plupart des plages sont en contre-bas. Il y a des descentes, puis des cotes terribles.
J'arrive à Ribamar et à la praia de São Lourenço. Tellement que j'y vois rien, je ne prends pas de photo. Le site a l'air superbe : si demain il fait plus clair, j'y retournerai. Mais ce soir, je
veux atteindre Ericeira pour le blog.
La dernière praia de la journée : la praia Ribeira d'Ilhas (réputée pour la pratique du surf) :
J'arrive à Ericeira. Je repère aussitôt un endroit pour planter la tente à l'entrée de la ville sous des pins et près d'un chantier.
Je vais trouver Internet dans un videoclub. En repartant, il repleut (oui, parce qu'il a fait du crachin pendant une bonne partie de la journée). Je m'endors en espérant que le temps sera meilleur
demain, car j'ai l'impression d'avoir passé une journée inutile. Je n'ai fait que pédaler : ce que j'aime le moins !
19/01 :
Au réveil, ce n'est pas le temps qui me motive. Il y a plus de visibilité que hier : c'est déjà ça. Je décide de retourner à la praia de São Lourenço.
En y arrivant et alors que je pédale sous la pluie, un 4x4 me dépasse et s'arrête. La vitre se baisse. Le gars me demande si je suis anglais (stéréotype !). Il parle un peu le français. Je n'ai pas
tout compris, mais il s'occuperait de la gestion d'un parc forestier. Il est très écolo et fier d'avoir une maison autonome énergétiquement grâce au solaire, à l'éolien et à la géothermie. Il me
dit que le mauvais temps devrait durer jusqu'à la fin de la semaine (super, on est lundi) et certainement jusqu'à la nouvelle lune.
Ribamar et la praia de São Lourenço (en partie inondée) :
Quel sale temps !
En découvrant ces paysages de falaises, je m'imagine que les paysages que je n'ai pas vus la veille, devaient y ressembler :
J'y crois pas : du ciel bleu sur la praia Ribeira d'Ilhas :
Ouais, OCEANO PURO - PLANETA SEGURO, c'est pas gagné quand on voit toute la "merde" que l'océan ramène sur les plages et qu'elle n'est même pas ramassée.
Vers Ericeira, c'est toujours très gris :
J'atteins Ericeira, qui était à l'époque un port très important :
Une praia de Ericeira et la côte vers le nord :
Vers le port de Ericeira :
Depuis ce côté : ciel gris :
Depuis l'autre côté : ciel bleu :
Je commence à avoir faim : j'ai envie de manger au resto. Je vais errer un moment dans les petites rues pavées de la ville (une très jolie ville, Ericeira) et je vais m'arrêter devant un snack qui
m'inspire. Je vais manger une soupe de légumes à 1,30 euros, puis de la bacalhau avec des frites. J'ai garé mon vélo devant la porte sans l'attacher. Je le vois en mangeant. Deux types arrivent et
je les vois intrigués par mon vélo. Juste j'allais payer, qu'ils rentrent dans le bar. Ils parlent un peu français. Ils me payent une bière et s'assoient à côté de moi pour manger. Tous les
deux s'appellent Luis : c'est facile à retenir. Ils ont bossé en France comme carreleurs. Et depuis quelques années, ils sont pêcheurs (l'un des deux a été pêcheur à Cascais pendant 3 ou 4
ans) et partent en mer un mois durant sur ces énormes navires-usines. En sortant, je parle des mes problèmes de freins et je leur demande s'il y a un réparateur ici. Luis me dit que le
réparateur, c'est lui ! Il me propose de réparer. Ça ne m'inspire pas : je lui dis que ça peut attendre. Je prends la route pour Carvoeira.
Voici la praia Foz do Lisandro :
En montant vers Carvoeira, une femme vend des fruits au bord de la route. Je n'ai plus d'orange : je m'arrête. Elle me fait goûter de l'orange. C'est bon ? qu'elle me demande. Ah oui, c'est bon !
Oh ! Elle vend même des percebes. Elle m'en fait goûter un. C'est bon ? qu'elle me redemande. Ah oui, c'est bon !
Et combien ça coûte, le kilo d'oranges ? 2 euros le kilo !
Ah ! Elles sont bonnes, mais non merci. La plupart du temps je les paye 80 ou 90 cents, au pire 1 euro, mais jamais plus. Je poursuis donc mon chemin.
Paysages traversés avant Carvoeira :
Retour sur la côte et vue sur Ericeira :
La praia Tartampion :
La praia originale de Samarra :
Je me dirige alors vers São João das Lampas en demandant ma route à un vieux sur sa terrasse. Il me dit que le chemin que je veux prendre n'est pas le bon. La vieille voisine qui a entendu la
réponse dit le contraire. Bon, je les laisse un moment parler tous les deux. Ils me disent alors que c'est un mauvais chemin pour le vélo et qu'il vaut mieux que je fasse demi-tour pour récupérer
la nationale.
Après São João das Lampas, j'atteins à peine la route de Magoito en bout de cote que le dérailleur arrière casse ! Il m'est alors impossible d'avancer en pédalant (c'est un peu tard, mais je pense
aujourd´hui 10 février que j'aurais pu dériver la chaîne pour la raccourcir et ainsi me passer du dérailleur...). Je ne suis pas très loin de Sintra : je dois faire réparer là-bas. Je
pousse jusqu'à un supermercado pour faire le plein d'eau et de bouffe, car on se sent toujours mieux le ventre plein. Je demande le nombre de kilomètres jusqu'à Sintra : on me dit 6 km. C'est parti
: 6 km en poussant ou en faisant de la trottinette, c'est long ! J'arrive dans un bled un peu avant. Il fait déjà nuit. Je demande pour un réparateur. On m'en indique un devant lequel je passerai 2
fois sans le voir. Un type va m'amener jusque devant la porte : c'est un petit boui-boui et c'est fermé de toute façon. Ce même type me propose de me prêter des outils ; je lui dis que je suis
incapable de réparer. Je poursuis jusqu'à Sintra : qu'est-ce que ça monte ! Et il pleut. J'aperçois, éclairé et perché tout en haut, le fameux château de Sintra. Au bout de la cote et devant un
complexe sportif, je demande où se trouve un réparateur de vélos. On me dit qu'il n'y en a pas ici : j'hallucine. Mais on me parle d'un Décathlon à Mem Martins (direction Lisboa) qui fermerait à 21
heures. Il est un peu plus de 19 heures : c'est parti. Arrivé à Mem Martins, je croise un gars qui va dans la direction du Décat' : ça tombe bien. On va discuter un peu en chemin. Il fait un peu de
moto et me dit qu'il y a souvent des rassemblements de motards du côté du cabo da Roca, car la route est très sinueuse et donc intéressante en moto.
A Décat', j'explique le problème au responsable de l'atelier de réparation en lui faisant bien comprendre que je voyage et que j'ai besoin d'une réparation rapide (il commençait à me faire son
discours habituel : beaucoup de travail, la priorité de certains clients... etc... etc...).
Bon, finalement, il va y mettre du sien. Ils prennent mon vélo pour le nettoyer tellement qu'il est crade. Un dérailleur SRAM est démonté d'un vélo neuf. Il est remonté sur le mien et réglé en 2-2
avec changement du câble.
Total : plus de 130 euros ! L'enfoiré en a bien profité : j'espère qu'avec ça, il aura eu une prime, au moins !
Enfin... 1 heure plus tard, je repars avec le vélo réparé. Je veux retourner à Magoito pour m'y réveiller demain matin.
Qu'est-ce que je vais galérer pour retrouver la route de Sintra ! Je demande à un mec, mais il avait picolé et ça ne m'a pas inspiré confiance de le suivre. Tant pis, je me débrouille
tout seul. Je vais prendre une route pour automobiles interdite aux vélos, de nuit et sous la pluie. Je finis par retrouver ma route... merde voilà un bidon d'eau de la remorque qui tombe...
je le ramasse et je revisse le porte-bidon. Je m'arrête en route pour manger mes sandwiches et je poursuis. J'arrive à Mogoito : il est près de minuit. Je m'arrête dans un bar pour un verre de vin
rouge et je vais planter la tente sur la route de la plage, à l'abri du vent.
20/01 :
Au réveil, je poursuis jusqu'à la praia de Magoito, de laquelle j'aperçois encore Ericeira :
Il fait à peu près beau, mais quel vent ! Il me fait faire des écarts sur la route, alors, à tant que faire, je préfère rouler au milieu de ma voie, sur la chaussée.
Vers le sud :
Le joli bled de Azenhas do Mar, avec un ciel bien plus nuageux et toujours autant de vent :
Ce que je croyais être le commencement du cabo da Roca, au fond de la praia Grande, à Praia das Maçãs :
La praia Adraga :
Toutes ces praias diffèrent vraiment des grandes praias du nord du pays.
Après Colares, je commence l'ascension vers le fameux cabo da Roca.
J'ai de belles vues sur la côte parcourue :
Peu avant d'arriver en haut, voilà que je prends une averse de grêle. Il y a un abri-bus : j'en profite pour me mettre à l'abri et pour manger.
Au bout de la cote, ce panneau :
Ensuite, ça redescend. A la sortie d'un virage, j'aperçois le farol :
Un zoom sur le panneau :
Ici, malgré le vent, il y a beaucoup de touristes, notamment asiatiques (Lisboa n'est pas loin).
On voit bien la côte nord :
et la côte sud, vers le cabo Raso :
Et puis un site sans croix n'est pas un site portugais :
Après avoir passé pas mal de temps sur ce site et avoir discuté quelques instants avec un breton, je fais route vers l'Est, bien sûr !
Que ça fait du bien au mental, le soleil qui éclaire, ce bleu, ce vert !
Je m'éloigne donc du farol, le soleil est bas :
Vers la côte nord :
Dernière photo du farol :
Voici le cabo Raso, avec au premier plan, un petit bled perdu en contrebas :
Toujours le cabo Raso, avec la praia de Praia do Guincho :
Et le cabo da Roca, depuis la praia de Praia do Guincho :
Il commence à faire bien sombre : s'il fait beau, je reviendrai demain matin. Je veux maintenant atteindre Cascais, qui est à plus de 10 km.
Le long de la praia, la route est recouverte par endroits, d'une couche importante de sable. Deux voitures arrivent vite en sens opposés. L'une part en travers : je sais pas comment il n'y a pas pu
y avoir un accident ! Pour passer ces zones dangereuses, j'attends qu'il n'y ait aucune voiture.
Je finis de nuit. Arrivé à Cascais, je demande à des gens où se trouve Internet. Tiens, c'est un couple de français. Ils habitent ici et passent ainsi leur retraite au Portugal. On parle du temps :
ils sont dégoûtés du temps qu'il fait. D'habitude, il fait beau à cette période. Ils m'indiquent la direction d'une boulangerie et d'un bar avec Internet. Je poursuis et je redemande la direction
du cyber à une belle fille. Ça tombe bien : elle y va. Elle est étudiante en arts. L'an prochain, elle veut faire une année d'études à Barcelona.
Dans le bar, je demande le tarif au patron : 4 euros de l'heure ! En lui disant que je veux y rester jusqu'à la fermeture (2 heures du mat'), il m'annonce un prix de 20 euros pour 7 heures environ.
Je lui dis que je ne peux pas mettre plus de 15 euros (ça correspond à environ 2 euros de l'heure). On s'entend sur 17 euros ; ce qui reste cher, bien sûr.
A la fermeture, il pleut. Je prends la route du cabo Raso. Je suis fatigué et je m'arrête juste après la sortie de Cascais. Il y a encore plein de maisons, mais je vais me planquer derrière un
buisson, au bord des falaises.
Les vagues font beaucoup de bruit en se fracassant sur les rochers. Je vais bien dormir. Maintenant si je n'entends pas la mer, le soir, j'ai l'impression que ça me manque.
21/01 : une assez belle journée malgré le vent :
Après avoir rangé mes affaires, j'aperçois un "type" qui erre dans les parages. Pour être louche, il est louche : très efféminé, travesti ? transexuel ? Un H.N.I. : Humain Non Identifié.
Enfin, me trouvant certainement très peu bavard, il va vite me laisser tranquille.
Je reviens donc sur la praia de Praia do Guincho.
Et j'ai bien fait de rebrousser chemin : la vue sur le cabo da Roca est mieux que la veille :
Aujourd'hui, il y a pas mal de vent : l'écume en témoigne :
J'ai pris cette photo pour me rappeler que ces restaurants gâchent le paysage :
En allant vers le cabo Raso, on aperçoit le farol du cabo da Roca :
(hier soir, je n'ai pas vu la lumière qu'il aurait dû dégager. Ah oui, c'est vrai, il était en travaux !)
Et voici le farol du cabo Raso :
Avec le vent, les vagues sont importantes et s'éclatent contre les rochers :
Le farol da Guia :
Le farol da Guia depuis l'autre côté et le début de la ville de Cascais :
Ça ne se voit pas bien sur la photo, mais c'est à partir de là, que je vois la côte d'en face jusqu'au cabo Espichel :
Ça, c'est la Boca do Inferno :
Avec la vidéo : pas besoin d'explication :
(je vais bientôt la retourner)
Allez ! Si, une petite explication quand même : l'océan ne peut passer que par un tout petit orifice pour tenter de remplir cette grande "cavité".
Et juste après la Boca do Inferno, on peut presque confondre vagues et nuages :
(d'ailleurs, un jeune couple a voulu les prendre en photo tellement de près qu'ils ont pris une bonne douche rafraîchissante !)
Ici, le farol de Santa Marta à Cascais :
Ça tombait bien : il y avait une exposition sur les phares du Portugal. Ils défilaient un par un sur un grand écran. Et je disais à la femme : je l'ai vu... celui-là aussi... et çuilà... Et quand
j'ai vu celui de Santa Marta, j'ai arrêté de regarder pour découvrir les suivants par moi-même. Son préféré à elle, c'est celui de Faro ; il est sur une île.
Plusieurs personnes m'avaient dit que Cascais était très joli. En effet, il a plusieurs belles grandes bâtisses, entre autres :
Une partie du port de plaisance et au second plan, le farol et les deux bâtisses précédentes :
Le bord de mer de Cascais, près du centre-ville :
Vers Lisboa, qu'on ne voit pas encore :
(au premier plan, les caisses pour pêcher le poulpe)
Le pavage est original : effet d'optique, on a l'impression qu'il y a des bosses :
J'ai faim. Je m'engage dans la ruelle à gauche. Je vais manger simplement, mais en quantité et pour pas très cher.
Je poursuis vers Lisboa. Ici, toutes les villes se touchent. Je ne sais plus trop dans laquelle je suis. J'emprunte au maximum les promenades, qui parfois sont interdites aux vélos suivant les
périodes de l'année et les horaires. Parfois, pour faire bien, je descends du vélo et je pousse : je redeviens piéton. Mais si je vois un autochtone passer en pédalant, je remonte sur le
vélo.
Les belles bâtisses se succèdent tout le long :
Là c'est sûr, je ne suis plus à Cascais :
En par là, tandis que je prends une photo, un type sort de son fourgon pour me taper la discute. Il a fait quelques trips en vélo avec un pote à lui : le tour des Açores (îles portugaises),
notamment. Je lui parle des mes problèmes de freins et de réglage de dérailleur. Je lui dis que je vais vers le sud. Il me dit que je dois faire réparer maintenant, car les magasins de vélo vont
se faire plus rares, ensuite. Il m'indique un magasin à un kilomètre plus loin, à Estoril.
Le magasin est tenu par 2 jeunes sympas qui font des compétitions de descente. Je leur parle de l'arnaque à Décathlon et je leur que je ne peux pas mettre trop d'argent dans la
réparation. L'un d'eux règle le dérailleur arrière, puis purge les freins en maintenant les leviers avec un collier Rilsan. Pendant ce temps, il va me payer un café dans le bar d'en
face. L'an dernier, il a fait une compét' à l'Alpes-d'Huez. Il discute un moment avec le patron. Il me dira en sortant qu'ils parlaient de la crise du pays et de la grande baisse de la
consommation.
Voilà, les vitesses passent à merveille et les freins freinent. Ils me demandent 5 euros et me donnent 5-6 colliers en m'expliquant que, de temps en temps, je peux laisser les freins
serrés toute une nuit pour que les bulles d'air, qu'il y a dans l'huile, s'évacuent. Je les remercie et je prends leur adresse mail.
J'aperçois le fort de la ponta de Laje, sur la commune de Oeiras, je pense :
Une fois cette ponta atteinte, la vue devrait se dégager sur Lisboa.
(à droite, l'îlot de Bugio et son farol)
Avec le soleil couchant, c'était très joli :
D'ailleurs, une photographe professionnelle en profitait. Avec un méga appareil, elle devait prendre 20 photos à la seconde ! Elle m'a proposé de me prendre en photo :
Voilà que je découvre le "pont de San Francisco" :
Et la nuit tombe, je repère un endroit boueux mais tranquille au bord de la promenade pour planter la tente. Je poursuis jusqu'à la fin de la promenade aménagée et jusqu'à la ville de Paço de
Arcos pour faire le plein de bouffe et trouver un cyber. Je finis de manger sur le banc d'un jardin public. Un jeune passe. Je le questionne pour un cyber. Il me dit qu'il y en a un à la gare. Il
m'accompagne jusque là. Il est sympa, il fait des études d'ingénieur en mécanique à Lisboa et il a un appart´ici. C'est bien ce que j'imaginais : c'est juste une borne Internet, où l'on ne peut
rien brancher... Il me propose d'aller chez lui et de me prêter son ordi. Je ne veux pas l'embêter, vu le temps que je veux y passer. Je le remercie et je retourne à l'endroit repéré pour
dormir.
22/01 : sale temps :
Moi qui veux voir Lisboa avec le soleil, c'est loupé pour aujourd'hui. Tant pis, j'attendrai le beau temps : je ferai du blog.
Je replie la tente sur un sol très boueux et je pars à Lisboa. Il pleut : je ne vais donc pas faire de tourisme. J'emprunte la nationale N6 seulement. Je passe sous le "pont de San Francisco". Je
vois un magasin d'informatique. Je m'arrête pour demander un cyber. On me répond qu'il y en a un au "Chiado" et que je dois encore continuer tout droit jusqu'à la gare. Je finis par voir un
panneau indiquant "Chiado" à gauche. En fait, le Chiado, c'est un quartier de Lisboa ; le quartier culturel apparement. Je demanderai plusieurs fois avant de trouver ce bar dans lequel se trouve
une bibliothèque à l'étage. Et il y a des ordis avec Internet et c'est de l'ordre d'un euro de l'heure : parfait !
Mais avant je vais acheter une veste pour la pluie à 7-8 euros (je ne peux plus fermer la mienne à près de 200 euros : matière superbe et fermeture de merde : ça me dégoûte). Je vais aussi
acheter des pâtisseries. Je retourne à la bibliothèque pour y rester jusqu'à 19 heures : la fermeture. Il fait nuit et il bruine. Je dois parcourir entre 15 et 20 bornes pour retrouver ma
place boueuse, mais tranquille. En chemin, je m'arrête pour boire une bière et manger un sandwich. La patronne parle un peu français. On me regarde bizarrement, ici. Je repars et finalement, je
vais m'arrêter 2 km plus loin : Je plante la tente dans un petit bosquet au bord de la nationale. Je ne serai visible qu'avec le jour, au petit matin.
23/01 : resale temps :
Au réveil, il ne fait toujours pas beau. Cette journée va ressembler beaucoup à la précédente : ce qui m'arrive si rarement et qui ne m'enchante pas. J'ai un peu moins de kilomètres à
faire.
Je vais apporter mes fringues au pressing. Elles en ont besoin, vu que la dernière personne qui m'a hebergé, c'est Betty à Cangas ! Je vais chercher un moment et je fini par trouver un 5 A SEC :
c'est cher, mais tant pis. Ce sera prêt pour demain avant 13 heures, la fermeture.
Je retourne à la bibliothèque.
Avant de repartir de la bibliothèque, je regarde la météo sur Internet : le temps doit s'améliorer demain. Je demande à la bibliothéquaire comment traverser le rio Tejo (le Tage, en français).
Elle m'indique 2 points de départ : Bélem et Terreiro do Paço.
Puisque demain, je reprends la route, je veux revenir au terrain boueux pour repartir de là.
Je m'arrête au même bar et je demande la même chose que la veille. Là, une femme s'approche et me parle un peu français. Elle me dit qu'elle aime bien le français mais que la conjugaison est
difficile, contrairement à l'anglais, qu'elle n'aime pas. Elle veut que je corrige sa conjugaison quand elle me parle : subjonctif, conditionnel... tout y passe. Elle me dit que la veille, un
type s'était interrogé à voix haute pourquoi donc je pouvais faire ce voyage tout seul, sans peur d'affronter tous ces gens étrangers... Un autre type lui a répondu que c'est quelque chose
que j'étais déterminé à faire, et que, parce que j'avais l'envie, je n'ai pas hésité et que... je ne me rappelle plus les mots que cette femme a employés, mais ça m'a touché ! (hier, quand ils me
regardaient bizarrement, ils parlaient de moi...)
J'atteins le bord boueux de la promenade. En plantant la tente, je chante du Bob. Je me rappelle Manu Chao qui disait : "Avec un tee-shirt de Bob Marley, tu peux te balader tranquille, en
plein coeur de Harlem !". Je suis ses conseils, ça coûte rien !
Et là, 2 types noirs surgissent du virage d'à côté. Je continue comme si je ne les avais pas vus, en me disant en moi-même que ça serait bien qu'ils me laissent tranquille. Il s'en vont presque
aussitôt.
24/01 :
Je décolle vers 9 heures. Il fait à peu près beau : ça fait plaisir.
Je retourne au fort de la ponta de Laje :
Et c'est reparti !
Depuis l'endroit où j'ai dormi, je distingue à peine le "pont de San Francisco" ; la visibilité n'est pas très bonne :
A partir de 10 heures, les vélos sont interdits sur la promenade : je me dépêche !
Paço de Arcos et son jet d'eau :
Je me rapproche du pont, petit à petit :
Que de forts, ici !
Beaucoup de gens courent ou font du vélo. J'en profite pour suivre un groupe de vététistes : iIs vont m'indiquer un chemin qui suit la voie ferrée et qui passe au plus près de la mer. Je
vais ainsi éviter la nationale.
Voilà qu'apparaît un phare dont je n'ai jamais su le nom :
Le début de la ville de Lisboa :
La tour de contrôle du port de Lisboa :
J'atteins Belém, le quartier historique de la ville.
Le monument à la gloire des combattants d'outre-mer :
La Torre de Belém :
Le port de Belém :
Et voici le farol, le Padrão dos Descobrimentos, le Ponte 25 de Abril et le Cristo-Rei :
Oui, ça fait beaucoup de choses à la fois : c'est ça, Lisboa. Mince, je dois vite aller chercher les fringues au pressing avant que ça ferme. J'expliquerai tout ça tout à l'heure.
Parfait, tous les vêtements sont secs.
Je vais manger un sandwich sur une petite place depuis laquelle se dégagent de belles vues :
Je m'en retourne au farol de Belém :
Le monument à droite, c'est donc le Padrão dos Descobrimentos (monument des découvreurs). C'est une dalle verticale de béton de 52 mètres de haut érigée en 1960 pour commémorer le
500e anniversaire de la mort de Henri le navigateur. Cette dalle est sculptée en forme de proue d'un navire sur laquelle évoluent un groupe de statues représentant
Henri le navigateur suivi des grands explorateurs.
Belém est connu comme le lieu d'où sont partis beaucoup des grands explorateurs portugais pour leurs voyages à travers le monde. En particulier, c'est l'endroit d'où est parti Vasco da Gama en
route pour les Indes en 1497.
Merci Wikipédia.
Les 4 photos qui suivent montrent le fameux Pont du 25 Avril (jour de la révolution) :
Ce pont ressemble beaucoup au Golden Gate de San Francisco.
À son inauguration en 1966, le pont était le plus long pont suspendu et celui ayant la plus longue travée principale d'Europe continentale. Il avait également le plus long treillis continu et les
plus profondes fondations au monde. Il était le cinquième plus long pont suspendu du monde, le plus long hors des États-Unis, et est toujours en 2008, le 19e. Les
dimensions du pont sont :
- la travée principale est de 1012,88 mètres ;
- la longueur totale du pont est de 2277,64 mètres ;
- le tirant d'air à l'endroit le plus élevé du tablier est de 70 mètres ;
- les piliers culminent à 190,47 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui fait de ce pont la deuxième construction la plus haute du Portugal ;
- le câble principal a un diamètre de 58,6 centimètres ;
- les fondations du pilier sud plongent à 79,3 mètres de profondeur.
Sur les 3 premières photos, on peut voir le Cristo-Rei.
C'est un monument religieux représentant le Christ Rédempteur. Il est situé sur la commune d'Almada Il a été édifié à la suite d'un vœu de l'épiscopat portugais, qui s'était réuni à Fátima
le 20 avril 1940, "demandant" à Dieu d'épargner le pays de la Seconde Guerre mondiale. Le monument a été inauguré le 17 mai 1959.
Situé sur une colline haute de 109 mètres par rapport au niveau de l'Atlantique, le Christ Rédempteur, bras ouverts et tourné vers la capitale portugaise, mesure 28 mètres de haut et est placé
sur un pied de 75 mètres ; ce qui en fait l'une des plus hautes constructions du pays.
J'arrive sur la Praça do Comércio :
Le Cristo-Rei et le Pont depuis la Praça do Comércio :
On m'a plusieurs fois confirmé qu'avec mon vélo, je ne pouvais ni emprunter le Pont du 25 Avril, ni le Pont Vasco da Gama. Je devrai donc traverser le Tejo avec le bateau pour m'éviter un trop
grand détour.
Je veux quand même longer le Tage jusqu'au Pont Vasco da Gama.
Au bout de quelques kilomètres, un panneau indique sur la droite "Expo 98". Qu'est-ce que c'est que ça ? Je tourne. Et là, je vais découvrir un quartier futuriste !
Voici quelques photos :
Au second plan, j'aperçois le Pont Vasco da Gama :
Il est tellement long que j'ai du mal à en distinguer l'extrémité (il ne risque pas de rentrer sur une seule photo !) :
Ce pont, dont la longueur est de 17 185 mètres, est l'un des plus grands dans son genre. Le pont lui-même est un viaduc continu de 12 300 mètres de long et large de 30 m. Il reste le plus long
d'Europe. Il a été conçu pour résister à un tremblement de terre 4,5 fois plus important que celui ayant eu lieu le 1 novembre 1755 (estimé à une magnitude de 8,7).
- il peut supporter un vent atteignant 250 km/h ;
- les fondations les plus profondes (pieux de 2,2 mètres et 1,7 mètres de diamètre) ont été enfoncées à 85 mètres en dessous du niveau de la mer ;
- la durée de vie attendue est de 120 ans ;
- du fait de la longueur du pont, il a été nécessaire de prendre en compte la courbure de la Terre pour placer précisément les piles (sans cela, une erreur de 80 cm
serait apparue au bout du pont).
Après le Pont... fin de Lisboa :
J'en ai pris un paquet, des photos de ce Pont :
La Torre Vasco da Gama, en construction :
Encore une :
La nuit tombe, je vais faire le plein de bouffe et acheter une bouteille de vin rouge. Dans le supermarché, il y a des dégustations : j'ai goûté 3 sortes de vin nouveau et 3 sortes de chorizo.
Pour le vin, je dirai à la nana que je préfère acheter du vin pas nouveau. Pour le chorizo, j'en ai quand même acheté un pied.
Je vais aussi acheter quelques cartes postales dans un kiosque en face le Centro Vasco da Gama :
Le gars qui tient le kiosque parle un peu français. Je vais en profiter pour lui demander des explications sur ce quartier si particulier. Il va me dire que l'Exposition Universelle a eu lieu à
Lisboa en 1998. Il y a une Exposition Universelle tous les 4 ans dans le monde. Pour chaque Exposition, un thème est choisi. A Lisboa, c'était le thème de l'océan. Entre autres, un grand
aquarium a été construit. Depuis 1998, le quartier ne cesse de s'agrandir.
Je lui dis que je veux visiter la ville demain et je lui demande ce qu'il y a de mieux à voir, selon lui. Il m'indique l'aquarium, le Castelo de São Jorge et un jardin botanique, notamment.
Il me donne un plan de Lisboa et un plan du quartier de l'Expo, le Parque das Nações.
Dernière photo nocturne : la rua do Bojador :
Je vais camper juste après le pont Vasco da Gama, derrière une colinette.
25/01 :
Je suis réveillé par des coups de sifflet, des gens qui crient... Je sors la tête et je vois que juste à côté se déroule un entraînement de football américain.
Il y a du vent mais il fait beau malgré tous ces nuages.
En amont de Lisboa :
Le rio Trancão qui se jette dans le Tejo, à marée basse :
Et revoilà le Ponte Vasco da Gama :
(au fond, la Torre Vasco da Gama)
Ce pont est impressionnant en réalité : j'en ai pris des dizaines de clichés !
En par là, je vais me prendre une bonne averse soudaine, un très gros nuage qui passait par là. Je vais imiter les gens et me mettre à l'abri, surtout qu'elle est froide, cette pluie.
Je me rapproche de la Torre Vasco da Gama en construction :
Le dimanche, qu'est-ce qu'ils sont sportifs, ces citadins : beaucoup font du jogging.
Une belle composition : le pont, la tour et le téléphérique... et mon vélo :
J'atteins le Pavilhão Atlântico, où se déroulent désormais des concerts et divers spectacles :
Vers le Centro Vasco da Gama et ses deux tours-immeubles jumelles :
L'Oceanário de Lisboa :
Le Centro Vasco da Gama (actuellement, c'est un centre commercial) :
La Estaçao do Oriente (gare d'Orient) :
Le Centro Vasco da Gama à nouveau :
J'ai discuté un moment avec cette petite famille française qui vit depuis deux ans, ici, à Lisboa :
L'Oceanário de Lisboa de plus près :
Le Parque das Nações est tellement grand (même en vélo) qu'un petit train touristique permet de le visiter :
(on peut aussi louer des sortes de gros tricycles bizarres)
L'Alameda (=boulevard) dos Oceanos qui part du Rotunda (=rond-point) da Expo 98 :
Vu d'ici, on croirait que les haubans du pont sortent du toit du Pavilhão Atlântico et ne forment qu'une seule et même construction :
Je ne me lasse pas de prendre des photos de ces édifices (je ne les présente plus) :
L'Oceanário de Lisboa, des fois que vous ne l'auriez pas reconnu :
En bref, je ne connais rien en urbanisme ni en architecture, mais ce Parque est grandiose. Il offre de superbes espaces publics et un paysage urbain très harmonieux... On s'y sent bien !
Je m'en vais maintenant découvrir la "vraie" ville de Lisboa. Je vais pédaler jusqu'à la gare ferroviaire Santa Apolónia pour tourner à droite et pénétrer dans le quartier populaire de l'Alfama.
Ce nom me rappelle la chanson "São Loucas" de La Rue Kétanou, alors je la fredonne.
Le vélo ne semble pas le meilleur moyen de transport, à Lisboa ; plusieurs personnes me l'avaient dit. Elles montent sévères, ces ruelles pavées ; la moulinette est de rigueur, ainsi que des
freins qui fonctionnent bien. Et puis, en vélo, je ne peux pas emprunter les nombreux escaliers. Alors, parfois je m'arrête et je m'y engage sur quelques mètres. Une fois, en rejoingnant mon
vélo, un type me dit en français qu'ici, je ne devrais pas laisser mon vélo tout seul, comme je viens de le faire ! Ça rassure !
Il vaut donc mieux visiter à pieds et/ou emprunter le tramway :
Je me dirige vers le Castelo de São Jorge, ça monte et parfois un point de vue se dégage :
Puis un autre :
On voit que le relief de la ville est assez prononcé.
Dans la dernière "ligne droite" vers le Castelo, un noir veut soit disant me donner un joli bracelet. Je lui redemande de me dire que c'est gratuit. Il me le confirme. Il me le passe autour du
poignet et là, il va me sortir une histoire à dormir debout (il est africain et parle français), du style "sa grand-mère doit faire des vêtements pour ses petits-enfants... etc... etc..." bref...
un truc bidon, il voulait des thunes. Je lui dis que je les garde pour mon voyage, et je continue. L'entrée du Castelo est payante : je redescends par la rua do Espirito Santo :
...jusqu'à la praça da Figuera :
C'est marrant, mais je ne suis vraiment pas fait pour la ville. Je ne me sens pas en sécurité : je reste toujours sur mes gardes. Dès que je pose le vélo pour prendre une photo, je regarde plus
mon vélo que dans l'objectif.
Un type regarde ma remorque et me dit qu'il envisage d'en fabriquer une. Et il me baratine, me baratine... Desuite, je me fais un film : il a peut-être un complice qui va me piquer un truc,
pendant que l'autre me distrait... Je ne peux pas m'empêcher de psychoter : ça m'énerve ! C'est sûr que si l'on ne possède rien, on a moins peur de se faire voler !
Je coupe court à la discussion et je vais sur la place d'â côté, la praça Pedro V :
Sur ma carte, il y a une grosse tâche verte qui s'appelle Parque Eduardo VII dans le quartier São Sebastião : je veux y aller. Je prends la grande avenida da Liberdade jusqu'à la praça Marquês de
Pombal (autour de la statue, au fond de la photo suivante). Et je remonte la avenida Parque Eduardo VII, après avoir essuyé une bonne averse soudaine, qui m'a forcé à enfiler ma panoplie de
vêtements de pluie. Le temps change vraiment vite.
Depuis le haut du Parque Eduardo VII, vers la praça Marquês de Pombal et vers le fleuve Tejo, qui ne se voit pas dans la grisaille :
L'heure tourne. Pour achever ma visite lisbonnine, je me choisis comme itinéraire, le suivant : le quartier Rato, le jardim et la basílica da Estrela (pas assez de recul pour une belle
photo) dans le quartier Estrella, la Assembleia da República dans le quartier Madragoa, le quartier Bairro Alto, puis atteindre le Chiado et le quartier Baixa et revenir sur la praça do
Comércio, depuis laquelle je prendrai le ferry pour traverser le Tage.
La calçada (qui veut dire rue pavée ou un truc comme ça) da Estrela, devant la Assembleia da República dans le quartier Madragoa :
Rues étroites du Chiado :
Je rejoins le "belvédère" où j'ai mangé le sandwich, la veille. Je vais échanger quelques mots avec un jeune brésilien qui vient de la région au nord de la plus au sud du Brésil : il s'agit
certainement de l'état de Santa Catarina.
Un autre type louche et plus âgé parle un peu français. Il va me "racketer" un petit morceau de chorizo ; je suis en train de manger. Je lui dis qu'il fait vraiment un sale temps. Il me dit que
ici, c'est l'été, comparé à ce qui se passe dans le nord de l'Espagne. Il y a eu des morts du côté du cabo Fisterra, qu'il me dit !
Je les laisse pour continuer ma route.
Le Cristo-Rei et le Ponte 25 de Abril, avec le soleil presque couchant :
Vers la rive gauche du Tejo et Cacilhas (là vers où je devrais naviguer tout à l'heure) :
Je descends au quartier Baixa (=bas en portugais).
Et voici l'elevador (=ascenceur) Santa Justa qui mène du quartier Baixa au Chiado :
La rua Augusta qui m'amène à la praça do Comércio :
C'est une rue très commerçante. Une femme faisait la manche en chantant du fado : elle avait une sacrée voix qui donnait des frissons. Un peu plus loin, c'étaient 2 jeunes à l'accordéon. Ils
avaient 2 ou 3 tout petits chiens.
Sous les arches de droite de la praça do Comércio, que de SDF
Dernière photo du pont, avant de passer de l'autre côté :
J'entre dans la gare maritime de Terreiro do Paço. La guichetière me soutient qu'il n'y a qu'une possibilité de traverser le Tejo : d'ici vers Barreiro. Je lui dis qu'une personne m'avait
aussi parlé de Cacilhas, peut-être à partir de Belém. Non !
Bon, d'accord. Mais ça ne m'arrange pas : ça va me faire entre 30 et 40 km en plus à pédaler.
J'achète donc le billet et j'embarque. La traversée est assez longue, plus de 2 fois plus longue que si j'avais pu aller à Cacilhas. Je débarque avec la nuit. Je suis le bord de l'eau en
quête d'un endroit pour camper, après avoir fait le plein de pains. Il y a un coin pas mal dans l'ombre juste au bord de la route, mais l'herbe est très haute. J'hésite. Finallement, je
poursuis et je m'engage dans un chemin vers un bosquet juste après une décharge de matériaux inertes. Je finis d'écrire les cartes postales et je vais passer une bonne nuit.
26/01 : une rencontre sympathique :
Je me réveille avec un superbe ciel bleu : ça motive !
Je veux retourne là où j'ai débarqué la veille.
Voici le type de ferry que j'ai emprunté :
Je ne vois pas Lisboa, je ne sais pas trop me situer. Tiens en face, ce doit être Almada : je distingue le Cristo-Rei :
Il m'a bien débarqué loin, ce foutu bateau. Je regarde ma carte et je constate que je doit parcourir au moins 37 bornes pour me retrouver à Almada. C'est parti.
C'est pas très jojo à marée basse :
Après Coina, je vais contourner de grandes zones industrielles :
Je ne vais pas trop faire de tourisme, car cette zone n'est pas trop intéressante. Je vais me retrouver à Almada en 2 heures à peine. Je veux dénicher une poste pour affranchir les cartes
postales. Je croise un facteur en mobylette, je le questionne donc. Il me dit que je dois faire demi-tour. Tant pis, je continue, j'en trouverai une plus loin. Au bout d'un moment, j'aperçois un
panneau "Correios". Je le suis donc et je tombe sur la poste. J'attache mon vélo, bien qu'un policier surveille à l'entrée de la poste. Après avoir posté les cartes, je dois trouver du pain.
J'entre dans une pasteleria et je demande s'il n'y aurait pas du pain, dès fois que... La commerçante me dit que non, mais elle a reconnu que j'étais français et interpelle François, un habitué,
français, pour qu'il m'explique où je peux trouver du pain.
Il est sympa, il me pose plein de questions sur mon trip. Je lui propose de boire un café. Il est pressé car il doit aller à la banque. Il m'indique un boui-boui pour acheter du pain. On se
quitte. Je reviens avec mon pain à la pasteleria pour acheter quelques pâtisseries. J'y retrouve François ; il n'est pas allé à la banque.
Et c'est comme ça qu'on va boire un café et discuter un bon bout de temps jusqu'à près de 3 heures de l'aprèm.
Il a grandi en région parisienne et vit depuis plus de 20 ans au Portugal. Il a suivi sa nana portugaise, qui l'a lâché par la suite. Il a la quarantaine passée. Il a bossé dans la pub,
après une formation en dessin industriel : il est spécialisé dans la conception en 3D papier-carton. Il est actuellement au chômage et galère à cause de son âge notamment, à retrouver un taf dans
la pub. Il a plusieurs projets professionnels : notamment, des cartes-dépliants touristiques d'où surgiraient en 3D lorsqu'on les ouvre, les monuments célèbres de Lisboa. De nombreux commerçants
sont intéressés, mais il n'a pas le financement pour réaliser les premiers, et les imprimeurs... ne veulent évidemment pas lui avancer la thune. Vu que moi, je bosse pas, on va vite parler
d'autre chose que du travail. Et c'est là que je vais découvrir un côté très intéressant du personnage...
Suite à un pétage de boulons, il a fait une tentative de suicide... le tunnel et tout... et tout. Et à partir de là, il a remonté la pente et n'a plus vu la vie de la même façon. Il s'est dit que
s'il s'en était sorti, c'est que "des forces, des énergies..." sont intervenues. Depuis, il s'intéresse beaucoup à la spiritualité, à des "choses" que l'homme ne peut pas expliquer, parce que
certainement elles sont trop puissantes pour lui. Il est devenu plus religieux, au vrai sens éthymologique du terme : du latin religius, ce qui attache ou relie. Evidemment qu'il n'est
d'aucune des religions auxquelles l'humain a osé donner un nom. Il a la sienne, comme moi la mienne. La religion, c'est personnel.
Pour lui, il n'y a pas de coïncidence ; il y a toujours des forces et des énergies qui sont en jeu. Je m'exprime très mal ; lui avait vraiment les bons mots pour parler de tout ça. Pendant un
moment, je me demandais même s'il ne faisait pas partie d'une secte ou un truc comme ça.
Tout ce qui n'est pas rationnel l'intéresse. Il m'a parlé d'expériences de télépathie, réalisées par l'armée américaine...
Par le passé, il a eu de nombreuses expériences avec les drogues, divers champignons... Il m'a notamment décrit l'effet étrange qu'il a vécu en prenant une infusion de cigarettes Louis Legras,
des cigarettes pour asthmatiques contenant de la datura, vendues à l'époque en pharmacie, puis supprimées de la vente. Il en avait pris avec un pote chez des amis. Son pote et lui ont vu la même
chose : leurs amis étaient tous nus et sur leur corps, il y avait des points lumineux, qui semblaient correspondre aux points énergétiques de la médecine chinoise, ou un truc comme ça.
Impressionnant, mais ça me donne pas envie d'essayer ; ils sont restés perchés pendant plus d'un jour ! Comme je lui disais, et il en convenait, de telles drogues sont certainement à l'origine de
nombreuses avancées de savoirs. Il m'a parlé ensuite de chamanes..., d'une drogue ultra-puissante (voire un poison), l'ayawashka, que prennent les indiens, et qui aurait le pouvoir
d'éliminer la dépendance à n'importe quelle drogue.
On a ensuite parlé de sujets plus classiques : les bienfaits et méfaits du "progrès", la politique (les dictateurs africains sont formés en France), la surpopulation mondiale...
A part ça, il connaît très bien l'Espagne, qu'il a parcourue dans sa jeunesse en long, large et travers, en auto-stop avec un pote à lui qu'il a sorti de l'alcoolisme et qui vit
maintenant sa vie pépère dans un tout petit bled de la Sierra Nevada, je crois bien.
Voilà l'essentiel des souvenirs qu'il me reste de cette discussion intéressante, que j'ai eue il y a maintenant plus d'un mois !
L'heure tourne, il me propose de m'héberger, de prendre une douche, faire une machine, de l'internet... Lui qui a voyagé, connaît l'importance que ça a, de pouvoir se poser de temps en temps chez
l'habitant.
Je lui dis que je préfère avancer, car j'ai déjà stagné à Lisboa pendant 4 jours et en plus, j'ai mes affaires toutes propres. Si j'avais su, c'est sûr que je n'aurais pas cramé près de 50 euros
pour les laver. Dorénavant, j'attendrai de me faire héberger pour faire une machine. Je le remercie et je le quitte. Adieu François, c'était bien sympa.
C'est lui qui payera le café. Je lui dis que je veux aller à Cacilhas. Il me dit que la guichetière m'a raconté des conneries : j'aurais pu débarquer à Cacilhas. Oui, mais à ce moment là, je ne
l'aurai pas rencontré ! Coïncidence ?
Il me dit qu'à Cacilhas, il y a le port et c'est un cul-de-sac : tant pis, je veux voir Lisboa depuis là-bas. Je lui montre la route que j'envisage de faire. D'après lui, je vais galérer pour
suivre la côte après Fonte da Telha : camp militaire, grand détour... Bon, c'est parti !
Lisboa depuis Cacilhas :
(il y avait bien un ferry)
Je m'engage sur les vieux quais (en pensant que je devrais normalement faire demi-tour).
Et je revois le Ponte 25 de Abril :
C'est très vieux et en piteux état :
Au bout du quai, il y a la terrasse d'un bar. Je m'arrête pour poser :
Finalement, en vélo, je peux continuer à avancer.
Le quartier du port est délabré, mais il a son charme :
Un double arc-en-ciel qui part de Lisboa (le deuxième se voit très mal) :
Le plus visible rejoint l'autre rive :
Zoom sur Lisboa :
Je vais prendre un peu d'altitude : je remonte vers le Cristo-Rei (le sommet de la colline sur laquelle il se situe, culmine à 109 mètres au-dessus des eaux du Tejo).
Toujours le pont et ses piliers en béton, à droite :
C'est certainement ici que le Tage est le plus étroit, ou plutôt le moins large :
Ça y est : j'atteins le site du Cristo-Rei et sa pancarte explicative :
Depuis là, belle vue en perspective sur le Ponte 25 de Abril :
Le Cristo-Rei de profil :
Autre vue du Ponte :
Déjà là, ce bateau !
(il venait de passer sous le Ponte, il y a 6 photos de ça !)
Le Cristo-Rei de face :
Zoom sur le Cristo-Rei :
J'ai bien envie d'y monter, quelques marches ne me feront pas de mal. 4 euros. Je demande combien il y a de marches et la femme me dit en anglais "58 steps". Je suis impressionné par le 58 et je
pense en moi-même qu'il s'agit d'étages, vu la hauteur. Et bien non, il y a un ascenceur qui monte presque en haut. Pour finir, on gravit ces 58 marches et on se retrouve seulement aux pieds du
Cristo-Rei, même pas sur la tête : je suis déçu.
Les narines du Cristo-Rei :
Une dernière du Ponte :
Vers l'océan (que je n'ai pas vu depuis longtemps, maintenant) :
On domine bien Lisboa :
Lisboa et un bout d'Almada :
Almada et vers Barreiro, où j'ai débarqué la veille :
A droite de la photo précédente :
Vers l'ouest, vers là où je vais me diriger tout à l'heure :
J'ai fait le tour, je redescends. Mon vélo est toujours là, c'est bien. Je prends la direction de Caparica.
Sur la droite, il est indiqué un petit port : j'y descends.
Une petite fille est à côté de son père, qui pêche. Pas timide, elle s'approche et commence à me tchatcher. Malheureusement, je comprends rien. Elle veut que j'y prête mon appareil-photo. Não,
que je lui dis.
Elle veut que je prenne une photo vers là-bas : je m'exécute :
Ici, je suis pile en face Belém. On voit le Padrão dos Descobrimentos, au milieu :
En remontant, un petit atelier de mécanique est ouvert. Je m'arrête pour lui demander en mimant, si l'on ne peut pas me vendre une dizaine de colliers Rilsan (pour mes freins). On va mettre du
temps à se comprendre. Puis, il m'en ramène et me les donne. Je le remercie.
La nuit est tombée : je doit trouver un coin pour camper. Je m'engage dans un chemin qui mène à une station d'électricité. Je ne peux pas rester sur le chemin. Je fais passer le vélo, puis la
remorque, au-dessus de la clôture. Je plante la tente au pied d'un gros pylône électrique. Je serre les freins avec les colliers Rilsan.
Il fait super bon. Je vais manger avec la porte ouverte. Je vais me laver tranquillement sans avoir la chair de poule.
Je regarde mon compteur. A la fin de l'étape du 26/01 reliant mon lieu de campement de la veille à mon lieu de campement d'aujourd´hui, j'ai parcouru au total les 5000 kilomètres :
27/01 :
J'enlève les colliers Rilsan : ça m'a l'air d'avoir encore été efficace.
J'avance jusqu'à Trafaria. Le Ponte s'éloigne :
Et je poursuis jusqu'à un petit bled aux rues bien sableuses "Cova Do Vapor", à l'embouchure du Tejo.
En voici la digue, avec derrière, certainement Paço de Arcos et Oeiras :
Le terminal céréalier de Trafaria, avec Lisboa, derrière :
Voici l'embouchure du Tage :
Et voici, de l'autre côté de la digue, l'océan, bien plus agité :
L'îlot de Bugio et son farol :
A São João, un type s'engage en courant dans un petit sentier. Je lui demande si je peux aller par là, à Costa da Caparica. Il me dit qu'en vélo, ce n'est pas la meilleure façon d'y aller. Tant
pis, je ne veux pas faire demi-tour.
Le passage délicat n'était qu'à la fin, une forte pente à côté d'un escalier, pour atteindre la promenade. Un type qui descend l'escalier, se propose de m'aider. Il a dû le regretter, après. On
poussait le vélo (et la remorque) chacun d'un côté, mais, de mon côté, je n'avais pas de bonnes prises, je glissais. Il l'a presque poussé tout seul !
Si j'avais été seul, j'aurai dételé et porté la remorque, puis le vélo, en montant l'escalier.
La praia da Caparica, à Costa da Caparica :
Tout le bord de mer de cette ville est en travaux. Je ne sais pas si tout doit être fini pour la saison touristique, mais il y a du pain sur la planche !
Vers la rive droite du Tejo :
Vers le cabo Espichel :
Je quitte Costa da Caparica, direction Fonte da Telha. Ça m'a l'air d´être le désert, par là-bas : cul-de-sac et très peu de bleds, sur ma carte. Tout le long du début de cette route, un panneau
indique une praia tous les 500 mètres sur la droite. Chacune à un nom, mais c'est en fait la même plage : il n'y a que le restaurant qui change... de nom... celui de la praia... ou plutôt c'est
le retaurant qui a donné son nom à la praia...
Depuis l'une d'elles, la rive droite du Tage et, à droite, les immeubles de Costa da Caparica :
Et puis pour aller à chaque praia, je dois traverser une voie ferrée qui ne doit plus fonctionner, vu son état et la quantité de sable qui la recouvre. Je vais essayer de l'emprunter jusqu'au
prochain resto (fermé et en travaux, comme la plupart) :
Je suis obligé de pousser : j'abandonnerai cette idée par la suite.
Tiens, la route ne suit plus la côte et elle monte.
Voici le cabo Espichel, que je pense atteindre ce soir :
Ce à quoi ressemble le littoral :
Je vais m'arrêter pour manger mes sandwiches à une aire de repos très agréable : il fait bon et il y a des tables.
J'arrive à Fonte da Telha :
Ce bled de bord de mer est vraiment comme j'imaginais les bleds portugais de la côte : des rues sableuses (non goudronnées), des maisons implantées un peu n'importe comment...
Je descends au village et je vais le parcourir, d'abord vers le nord, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de maison :
Gare de Fonte da Telha : terminus, tout le monde descend :
La seule rue pavée de la ville :
Puis vers le sud :
Là, il y a un bar : un jeune couple boit un coup en terrasse. Je leur demande si je peux aller au cabo Espichel, par un chemin qui suivrait la côte au plus près, en leur montrant que sur ma
carte, il n'y en a pas. Le mec n'arrive pas à aligner 3 mots d'anglais. Il me dit que je peux y aller par la plage : oui, mais avec la bicyclette, je ne veux pas le tenter. Il me fait comprendre
en portugais qu'en remontant sur la route principale, et tournant à droite, puis en allant tout droit, je peux y arriver. Bon, soit !
Je repars par la piste sableuse. Toutes les rues de ce bled sont graves défoncées : des nids de poule énormes ; je plains les voitures neuves. Et qu'est-ce qu'il y a comme groupes de chiens en
liberté. Ils m'aboient et me courent après, à 4 ou 5 : je ne suis pas des plus rassuré, mais je me force à tenter de les ignorer.
Dernière photo du bled en remontant :
Qu'est-ce que j'ai chaud : pour la première fois, j'enlève la veste et je la cale entre les lanières du sac à dos.
J'arrive à un croisement sans panneau : je prends à droite, bien sûr. Et au bout de quelques kilomètres, j'arrive au camp militaire, dont m'avait parlé François : demi-tour. Et je prends l'autre
direction qui me mène vers un golf et un bled qui n'est pas sur ma carte. Une très longue ligne droite se profile devant moi.
Dans ma tête, je pense trouver sur la droite une route pour Apostiça. Il y a un embranchement pour un autre bled. Un type est là : je le questionne. Il n'est pas d'ici. Il me dit que je peux
demander à une station-service au bout de la ligne droite.
Je pédale 2-3 kilomètres jusqu'à la fameuse station. La nana est sûre d'elle : je dois faire demi-tour et, au bout de la ligne droite, il y a un embranchement pour Apostiça. Je lui précise bien
que j'en viens et que je n'ai pas vu de panneau. Sim ! Sim! Bon... avant le golf ? Sim, Sim ! Et c'est reparti ! A toutes les intersections, je m'arrête et je regarde avec attention.
J'arrive presqu'au bout, je m'inquiète.
Une femme attend le bus : je lui demande. Elle me dit que c'est l'embranchement que je viens de passer. Je m'y engage et j'arrive à une barrière : c'est une très grande zone résidentielle privée,
avec le golf à l'intérieur, je suppose. Je demande au vigile la route pour Apostiça, en lui répétant les indications que l'on m'a données à la station-service. Il parle à peine anglais et en
plus, il ne me paraît pas très fut'-fut'. Il me dit qu'il n'y a pas de route pour Apostiça et que je dois revenir à Almada pour prendre la bonne route ! Il va m'énerver celui-là, il n'a qu'à me
refaire traverser le Tage, tant qu'il y est !
Je lui montre ma carte. Il me dit qu'il en a une plus détaillée dans sa bagnole. Sur sa carte, bien qu'elle soit en 3D et pas à l'échelle, on voit bien l'emprise du camp militaire de
l'O.N.U.. Je dois retourner à la station-service, puis rejoindre la N378 et passer par Fernão Ferro.
Je le remercie quand même et c'est parti ! Mais avant, je vais jusqu'au bout de la ligne droite pour m'assurer qu'il n'y a pas de chemin. Non, il n'y en a pas : cap à Fernão Ferro !
Voilà, enfin, l'embranchement pour Apostiça et Alfarim : ça fait plaisir !
Surtout que chaque fois que je demandais la route pour Apostiça : les gens ne comprenaient pas. Alors, j'essayais de prononcer ce nom de toutes les façons possibles et imaginables et au bout d'un
moment, ils me répétaient : "Ah ! Apostiça !". Ben oui, que je leur disais, persuadé de l'avoir prononcé de cette manière, au moins une fois. Il devait manquer l'intonation... Ce problème de
prononciation du nom des villes me suivra tout au long du Portugal.
Quoi, c'est ça Apostiça ! Une sorte de ferme au bord du camp militaire, et dont l'entrée est interdite : Michelin pourrait supprimer ce foutu nom de sa carte !
Je découvre le début de la lagoa (=lagune) de Albufeira :
Je m'engage sur un chemin, vers la lagune. En voici quelques photos :
Dommage que le temps soit si couvert.
Au bout du chemin, je demande si je ne peux pas rejoindre Corva par un sentier en suivant la côte. Corva ? Il est pourtant bien d'ici, le gars, mais il ne connaît pas ce bled. Il demande à son
collègue : pareil ! Merci Michelin.
Et est-ce que je peux rejoindre Alfarim ? Oui, mais c'est que du sable. Bon, tant pis.
Le soleil se couche :
Je vais boire un verre de vin au resto qu'il y a là. Je demande aussi la carte : c'est trop cher, et puis j'ai de quoi manger dans mon sac. Devinez quoi... un bon sandwich chorizo-fromage
! Je demande au patron de me remplir les bidons d'eau : il me dit que l'eau n'est pas bonne, à cause du poisson... je sais pas quoi. Merde ! J'étais rentré exprès pour ça.
La nuit tombe : je plante la tente en par là, en contrebas de la chaussée :
Il y a des panneaux interdisant de camper : c'est une réserve naturelle. Je n'ai pas le droit, mais je prends le gauche. Quand je vois comme c'est sale parterre, je me dis que de planter ma tente
ici, ça n'aura pas un gros impact sur la nature.
Et le jeune de Fonte da Telha qui me disait que je pouvais aller par la plage. Je ne sais pas comment j'aurais pu traverser ici ; à marée basse, peut-être :