Dimanche 8 mars 2009 7 08 /03 /Mars /2009 21:48
04/02 : la suite :

Et juste après le pont, je n'ai pas de répis : une praia est déjà indiquée sur la droite, la praia d'Odeceixe :

(il faut prononcer Odséch ou Odsèch, je sais plus, avec le "O" de Ola)

L'Alentejo, de l'autre côté de la ribeira de Seixe :


Je vais pédaler pendant 3-4 km le long d'une large plaine :


Et je vois apparaître la praia et un petit bled rive gauche :


Le site est très joli : zoom :


La praia en grand et les premières éclaircies de la journée :


La fin de la route était en sens unique du fait de son étroitesse. Au retour, j'en emprunte une autre, plus en hauteur, et les panoramas se dégagent.

Vers la plaine et Odeceixe :


Et vers l'estuaire :




Je retrouve la route à double sens et me rapproche d'Odeceixe :


Arrivé à Odeceixe, je suis à sec et je vais demander à ma carte bleue de me rendre un service : ce qu'elle accepte volontiers. C'est vraiment trop facile dans les pays où il y a des distributeurs... Ensuite, je vais manger un morceau dans un snack-bar. Et je demande pour un réparateur de vélos : ma roue arrière est vraiment trop voilée. J'ai la clé à rayons, mais je n'ai jamais dévoilé une roue, la honte ! Et j'ai pas envie d'y passer 4 heures ! Même s'il faudrait que je m'y mette un jour... A Odeceixe, il n'y en a pas, de réparateur. C'est pas grave... tant que la roue ne touche pas le cadre... De ce côté-là, j'ai de la chance d'avoir des freins à disque.

Je poursuis et ça monte. C'est sympa Odeceixe, vu d'en haut :


C'est un peu comme un plateau, ici :


A Maria Vinagre, je redemande pour un réparateur. il y en a un à Rogil, juste après la station-service à gauche : obrigado !

Mais avant Rogil, je m'engage sur la route de Samouqueira :


J'arrive à la fin de la route : pas de Samouqueira. Il y a seulement un abri-bus. Mon vélo fait un bruit de plus en plus important. Je décide enfin de vérifier le serrage des 2 roues, la tension des rayons (sans la modifier)... Et c'est là que je remarque enfin... ouf... que ma jante arrière est cassée : un rayon "a enfoncé" la jante. C'est ce qui a dû accentuer soudainement le voilement de la roue. Merde ! Là, je suis pas tranquille : je me dis qu'il faudrait pas, qu'avec un rayon en moins, celui d'à côté casse et etc... en chaîne. Je repars doucement en évitant au maximum les obstacles.
A Rogil, le réparateur n'a pas de jante sur laquelle il peut se fixer un disque pour le freinage. Il me dit que j'en trouverai un à Aljezur. Ça tombe bien, c'est sur ma route. Mais je veux voir d'autres choses avant : je ferai doucement. Je prends la direction de la praia de Vale dos Homens.

C'est pour moi, la plus belle praia du Portugal, jusqu'à présent :



(c'est par ces escaliers que je vais tomber l'étui de mon appareil-photos. Je m'en apercevrai en haut. Je redescendrai et le retrouverai : ouf !)







Je retourne à Rogil. Près de l'embranchement de l'autre praia que je veux aller voir, un groupe de gens de différents âges, jouent à un jeu bizarre. C'est un peu comme la pétanque sauf que ce qui semble servir de cochonnet, c'est un petit cylindre en bois posé verticalement... les boules, il n'y en a qu'une par joueur et c'est un carré tout plat aux coins arrondis et en métal... le terrain, il est très long, entre 10 et 15 mètres et il y a comme une rigole étroite au milieu et en béton. Le joueur lance le carré avec force sur la rigole en le faisant pivoter dans le sens des aiguilles d'une montre pour les droitiers (et inversement pour les gauchers). L'objectif semble de mettre le carré au plus près du cylindre en bois qui est axé sur la rigole, au fond. Quand le cylindre tombe, il est remis en position et ça continue. Le carré qui l'a fait tomber n'est pas hors jeu. Va comprendre autre chose ! ?
Je poursuis ma route vers la praia da Carriagem. C'est en fait un chemin bien défoncé et je m'inquiète pour ma jante.

Rogil, au loin :


Et voici la praia da Carriagem :




Depuis la même praia, vers le sud :


Zoom sur la ponta da Atalaia :


Des gens sont là : je demande si un chemin permet de se rendre à la nationale, pour éviter de revenir à Rogil. Oui, il y en a bien un. Depuis ce chemin, les couleurs du paysage sont magnifiques, bien que ce ne soit qu'un vulgaire champ bien boueux !



(au dernier plan, ce doit être la serra de Monchique)

Ça y est, je suis sur la nationale qui mène à Aljezur. Ma jante tient le coup.

Une autre photo vers la serra de Monchique :


A Aljezur, un vieux se promène au bord de la route. Il me dit que le réparateur est juste à côté des bomberos ( = pompiers). Je vais le trouver facilement. Le gars est occupé : j'en profite pour manger un morceau, le "croque-monsieur" de Odeceixe est déjà bien loin.
Je lui montre donc l'endroit où est cassée la jante. Il me dit que je peux faire encore beaucoup de kilomètres, plutôt que de changer la jante. D'après lui, ça ne risque rien. Même jusqu'à Gibraltar et Barcelona, que je lui dis... C'est pas si sûr ! Il va me dévoiler grossièrement la roue. Il va même huiler la chaîne. Je ne vais rien payer.
Je vais ensuite rechercher un cyber. Il n'y en a qu'un : il est municipal, il est gratuit, mais on ne peut pas y rester plus d'une demi-heure. Je vais juste en profiter pour visionner les photos que j'ai prises depuis le cabo Sardão, car j'ai des doutes : il apparaît de grosses "tâches" sur l'écran de l'appareil-photos. Non, les photos sont bonnes : heureusement !
Je fais des provisions et je vais camper sur une aire récréative sur la route de la praia do Monte Clérigo, juste au-dessus de la ribeira de Aljezur. Le sol est dur mais j'ai de bonnes sardines.


05/02 : une rencontre fort sympathique :

Je me réveille avec un temps bien couvert encore. Je décolle vers 9h30. Et je vais vers la praia do Monte Clérigo. La route est longue, mais la vallée est belle. Au bout d'un peu plus de 7 km, j'atteins la praia.
Là, de nombreux camping-cars sont stationnés. Il y en a un du 24 : bien sûr que je ne manque pas de saluer les Dordognais. Ils me proposent de boire un café. Et l'on va discuter un bon bout de temps. Peu après, les propriétaires du fourgon d'à côté (aménagé en camping-car) nous rejoignent. Eux, ils sont belges et flamands. Ils se sont rencontrés sur la route, ont sympathisé et voilà. Faut dire qu'avec l'humour de Freddy, le belge, ça ne m'étonne pas ! Et l'on parle de mon périple, du leur. Ils viennent passer l'hiver dans le sud du Portugal, au "soleil".
Tiens, un éclairci : ils décident d'aller marcher sur la plage avec leur chien respectif : je les accompagne.
Une vague sera plus rapide que Patrick le Dordognais : il aura les chaussures et le bas des pantalons mouillés. Mais comme il me dit, il vaut mieux que ce soit arrivé à lui, plutôt qu'à moi. Il a de quoi se remettre au sec dans le camping-car.
Je vais parler un moment avec la femme de Freddy qui se prénomme Jeannot (ça semble pourtant un prénom masculin, mais elle me l'a écrit, alors...). Elle était directrice des ressources humaines dans une filiale de Sony, si je me rappelle. Cette filiale s'occupait des réparations des produits que Sony vendait. Puis, Sony a décidé de soutraiter cette activité : ils n'avaient donc plus besoin d'elle, entre autres, et elle a été licenciée à près de 55 ans. Elle a cherché un autre emploi similaire pendant quelques temps. Puis, plutôt que de "se prostituer" (ce sont ses termes) et gagner un salaire très bas en total désaccord avec les compétences qu'elle a, elle s'est faite à cette vie de "pré-retraitée". Elle profite du temps qui passe, loin du stress d'antan : elle est heureuse. Et l'on parlait de la sensation d'être complètement étranger à l'entreprise dans laquelle on s'est investi, lorsque des anciens collègues nous en parlent, avec toujours la tête dans le guidon...
On retourne au camping-car, et voilà qu'ils me proposent de manger avec eux. Je ne refuse pas. On va prendre l'apéro dehors. Le belge sort de son fourgon des bières bien fraîches. Il les trouve pas mauvaises, ces bières portugaises. Jeannot avait fait une sorte de pâté de veau : très bon. Ça y est, un rosbeef qui arrive avec son camping-car. Noon, il va pas se mettre pile en face et nous gâcher la vue et nous enlever les quelques rayons de soleil... Allez... encore quelques mètres... Bon, ça va.
Et puis on passe à table mais à l'intérieur : salade composée, spaghetti à la bolognaise et vin rouge.
Patrick avait une bonne place au Crédit Agricole : je lui demandais des explications sur la crise. Sa femme Bernadette était infirmière. On va encore tchatcher un bon moment... jusqu'à l'heure du café ! Ils vont me donner un dépliant touristique qui indique toutes les praias de l'Algarve, ou presque. Mais, c'est qu'ils me donnent du boulot, là !
Eux préfèrent le contact avec les portugais, plutôt qu'avec les espagnols. Ils me parlent de Miguel, un type super sympa qui les a hébergés à Silves. Si je vais là-bas, je demande Miguel : c'est sûr qu'il m'hébergera, me disent-ils.
Bon, c'était bien sympa, mais il est venu l'heure de se quitter, il est presque 16 heures ! Déjà ! Que le temps passe vite en de bonnes compagnies ! Je les remercie et je poursuis ma route. Eux doivent aller vers le nord.
Je retourne à Aljezur : il bruine. Mon appareil-photos déconne tellement que parfois je patiente, mais il ne veut pas prendre la photo, il s'éteint. Je ne vais pas me prendre la tête plus longtemps, la route est encore longue : je décide d'en acheter un autre. Je demande pour un magasin de photos. On me renvoie à l'autre bout de la ville : c'est fermé, tant pis, je poursuis et je prends la route de Arrifana, qui doit d'abord me mener à la même praia, juste de l'autre côté de la ribeira d'Aljezur.

Mon appareil va me permettre quand même de prendre quelques photos de cette belle vallée, que la route surplombe :

Tout d'abord, Aljezur :


Et puis, la vallée :






Zoom :






Ça y est, après plus de 15 bornes, je suis juste de l'autre côté. Voici la praia do Monte Clérigo que j'ai oublié de prendre en photo pendant près de 6 heures !


Zoom : le camping-car de Patrick et Bernadette est juste à gauche du petit fourgon gris de Freddy et Jeannot :


Le bled de Monte Clérigo :


Vers le nord :


Je n'ai pas parcouru grand chemin aujourd'hui ! Il fait presque nuit et je suis sur une petite route en hauteur. Je domine les vallées. Il y a beaucoup de relief, ici. Je veux atteindre le prochain accès à la mer, pour m'y réveiller demain matin : c'est-à-dire Arrifana.
A Vale da Telha, des types boivent une bière sur un comptoir au bord de la route. Je m'arrête : c'est en fait une petite épicerie qui fait aussi bar. Je prends un Coca et je fais le plein d'eau.
Je continue jusqu'à Arrifana : je vais hésiter un bon moment pour planter ma tente, car il y a du vent. Finalement, ce sera dans un champ aux hautes herbes, un peu en pente, en plein village, mais, important, à l'abri du vent. Un chien aboiera un certain temps, puis il va se taire.


06/02 : le "bout du monde" :

Bon, j'ai bien dormi, malgré le vent qui dure encore ce matin. Je m'avance jusqu'au bout du village et donc jusqu'aux falaises que voilà (vers le nord) :


En par là, il y a un resto. Sur la terrasse, le vent a éparpillé des chaises en plastique un peu partout. Je fais demi-tour. Il y a un embranchement à droite pour descendre "en rappel" au port (on le voit en bas à gauche sur la photo suivante). Je n'ai pas le matériel adapté (freins) et j'ai surtout la flemme, rien qu'à penser à devoir pousser pour remonter, tellement la pente est importante :


Vue vers le sud jusqu'au pontal da Carrapateira :


Je continue et, en revanche, je décide de descendre à la praia da Arrifana (la route au milieu de la photo d'avant la précédente, qui descend un peu moins fortque celle du port).
Me voilà sur la praia :


Vers le nord, voici le port et son chemin d'accés :


Et je quitte ce joli site de Arrifana, pour m'éloigner de la côte pendant plus de 14 km.
Juste avant de retrouver la côte, je passe près du joli village de Bordeira :

(ce que c'est vert, n'est-ce pas ?)

Et j'atteins la praia da Bordeira, près de Carrapateira :




Là, un surfeur courageux se prépare. Il ne fait pas chaud et le temps change vite : éclaircies et granizo (grêle) se succèdent rapidement. Une petite route continue de gravir la colline. Ne serait-ce pas la route qui fait une boucle sur ma carte ? Je la prends donc.

Je vais rapidement dominer la praia da Bordeira :


Et j'atteins ensuite l'un des meilleurs points de vue de la côte portugaise, selon moi :

(et c'est très bien aménagé : de nombreuses passerelles en bois mènent aux points de vue)

Vers le nord, on peut voir Arrifana (au milieu de la photo) et jusqu'à la ponta da Atalaia :


En plus, j'ai de la chance, car le ciel est très dégagé à ce moment-là. Avec ce vent violent, les vagues s'éclatent sur les rochers :


Et vers le sud, on voit loin aussi. Mais je ne pense pas que l'on voie jusqu'au "bout du monde" :


Je vais prendre une autre averse de grêle sur la figure. Puis, je vais rencontrer 3 vieux belges. Ils vivent au Portugal depuis plus de 20 ans, si je me rappelle. Et depuis, ils n'ont jamais vu un temps si pourri, en cette période de l'année. Je les laisse et je poursuis ma boucle, jusqu'à passer devant un restaurant. Il tombe bien celui-là, vu qu'il est près de 13 heures et que je n'ai plus de provision, de pain notamment. Les prix sont raisonnables, malgré sa superbe situation. Je gare mon vélo et voilà que se ramènent les belges. Ils me montrent le ciel et me disent que je fais le bon choix, de m'arrêter pour manger maintenant. En effet, il a à peine fini sa phrase, que des gouttes commencent à tomber. Ils mangeront une table à côté de moi (oui, ils étaient très affamés !).

Je repars en continuant la route qui n'est plus qu'un chemin, depuis déjà un bon moment. Elle doit me mener à la praia do Amado, une belle praia d'après le belge.

Ici, la côte est très découpée :


A droite, il y a un tout petit port :


Vers le sud :


Et apparaît la praia do Amado :


Cette praia accueille des compétitions de surf.
Elle marque pour moi, la fin de la boucle sur ma carte.

Dernier regard vers la mer, avant de rejoindre la nationale :


Pour la deuxième fois de la journée, je vais pédaler pendant plus de 10 km sans voir l'océan.
Et je vais tourner à droite sur un chemin de terre : un panneau indique la praia da Barriga. Je vais aller jusqu'à cette petite plage : ça descend beaucoup. Elle me déçoit un peu, cette praia : petite et assez sale. Je remonte et je continue sur un chemin pour rejoindre la route de la praia da Cordoama que voilà :


Et je remonte par la route de Vila do Bispo, à 10 %, pour atteindre un miradouro intéressant qui me permet de voir vers le nord, le pontal da Carrapateira :

Mais, quel vent !

Voici la route qui descend à 10 % vers la praia da Cordoama :


Et une autre route descend vers la praia do Castelejo :

J'y vais : rien d'exceptionnel. En fait, c'est surtout le temps qui n'est pas exceptionnel.

Vraiment, cette région est très vallonnée.
Je vais chercher un moment la torre de Aspa, un miradouro à 156 mètres d'altitude, indiqué sur ma carte. Je ne trouverai pas d'embranchement. Tant pis, j'arrive à Vila do Bispo :


Et je trace sur la nationale en direction de Sagres, un cul-de-sac à ne pas ignorer : le nom de cette ville me plaît.
Arrivé à Sagres, la nuit ne va pas tarder à tomber : qu'est-ce que je fais ? Je décide de poursuivre jusqu'au cabo de São Vicente. Que de vent sur cette nationale N268 ! Il me pousse parfois au milieu de la route, mais c'est pas grave, il n'y a que très peu de circulation.
Ça y est, je suis au bout !

Que de falaises ! (vers le nord) :


Voici le farol du cabo de São Vicente :


Et c'est ici que je comprends pourquoi le parc naturel que je parcours depuis les environs de Sines, s'appelle le Parque Natural do Sudoeste Alentejano e Costa Vicentina. Costa Vicentina parce que cabo de São Vicente.

Tiens, du ciel bleu... mais au large, seulement !


En revenant près du farol et donc de mon vélo, un type vient me taper la discute. Il est anglais et il est dans la région pour une semaine pour prendre des cours de pilotage sur un petit avion. Il me dit qu'ici, malgré le vent, c'est une bonne zone pour apprendre à voler, car le vent en altitude est très régulier, si j'ai bien tout compris.
Lorsque je lui parle de mon périple, il me dit "Respect, man !". Je lui dis "non, non, quand on a le temps...". "Et maintenant que tu as atteint le "bout du monde", où est-ce que tu vas ?", qu'il me demande. Je lui réponds que je vais boucler la boucle par Gibraltar et Barcelona. Il me souhaite bonne chance et s'en va.

Et que de falaises, vers le sud !

(il s'agit de la ponta de Sagres, avec la ville de Sagres, dessus)

Et je repars vers la ville, avec toujours autant de vent.

Mince, j'ai oublié de photographier le farol de face. Je m'arrête : clic ! Ouf ! :


Juste en rentrant dans la ville, je repère un coin pour camper derrière une haie, près d'un chantier. Je me mets en quête d'un cyber, après avoir fait mes provisions. Il n'y en a qu'un et il est dans un bar. C'est gratuit ! Génial ! Je demande une Sagres : il n'y a que des Super Bock ! Ça c'est un comble, j'hallucine. Moi qui voulais à tout prix boire une Sagres dans la ville du même nom... loupé ! Je monte à l'étage et je commence par consulter mes mails. Ensuite, je veux brancher l'USB... et voilà qu'il n'y a pas d'USB : l'unité centrale est cachée derrière la cloison : impossible ! Déçu, je m'arrache. Et je plante la tente à l'endroit prévu.


07/02 :

Plus de deux mois de retard, déjà ! Que le temps passe vite ! Et surtout, quel branleur que je suis ! Il devrait même y en avoir presque 3, à la fin, vu que je me rends compte aujourd'hui que je ne possède plus les photos avec moi. Elles sont en Aveyron et j'ai dû effacer mon disque dur pour y en mettre d'autres : je n'avais plus de place. Que les personnes qui m'ont suivi de très près à travers ce blog, m'en excusent. Je le mettrai à jour en rentrant. Pas d'inquiétude, j'ai une mémoire infaillible ! De temps en temps, j'indiquerai la ville où je suis, pour que vous puissiez voir ma progression. A bientôt !



Sant Feliu de Guixols, le 21/04
Par Emmanuel Roques
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Lundi 2 mars 2009 1 02 /03 /Mars /2009 14:29

28/01 :

Je me réveille, je sors la tête : mêmes paysages que la veille, même ciel couvert.
Je finis juste de plier la tente, qu'un vigile de la réserve passe avec sa bagnole et me regarde avec insistance : trop taard !

Le voilà, son 4x4, sur la dune à gauche :


Paysages lagunaires :




Vers le cabo Espichel :




Sur la praia de Alfarim, ce pêcheur abandonne : le temps et la marée ne sont peut-être pas propices à une bonne pêche :


Après Alfarim, un panneau indique une autre praia. Je m'engage sur cette route qui devient vite un chemin de terre. J'hésite et je poursuis. J'ai bien fait : je peux ainsi me rendre compte que la côte devient de plus en plus rocheuse en se rapprochant du cabo Espichel :







(le chemin que j'ai suivi)

Si seulement le temps avait pu être clair, j'aurais eu un panorama terrible :


Je commence à m'inquiéter de ne pas retomber sur une route : je crains toujours le cul-de-sac.
Ah ! J'arrive Azóia. Je vais vers le farol, que je vois apparaître rapidement :


En plus du farol, il y a un grand édifice religieux : le Santuário de Nossa Senhora do Cabo :




Et je vais rencontrer ici, deux vététistes sympathiques : João Pedro et Ricardo :


J'ai mis un moment à caler l'appareil sur ce p*tain de rocher.
Ils sont de Seixal, entre Coina et Almada (j'y suis passé pas loin). Je leur demande s'ils sont en congé. Ils me disent qu'ils sont au chômage technique pour 3 mois ! Ils bossent dans la sidérurgie. Il vont toucher seulement 60 pour cent de leur salaire.
Je leur parle de mon périple et leur montre sur mes cartes par où je vais passer. Ils me disent qu'après Sesimbra, il y a la Serra da Arrábida et que pour eux, c'est l'endroit le plus beau du Portugal ! Mais c'est dommage pour moi qu'il fasse ce sale temps.
Ils me demandent mes impressions sur le Portugal et sur les portugais. Je leur dis que j'ai trouvé le nord du pays trop plat (sur la côte, bien sûr). Que Porto et Peniche sont deux sites superbes. Je leur dis qu'aucun portugais ne m'a hébergé, contrairement aux espagnols. Cela ne les étonne pas du tout. Ils me disent que là où j'ai le plus de chance de me faire héberger, c'est à partir d'ici et jusqu'à la limite de l'Algarve : c'est-à-dire, la région de l'Alentejo.
Je leur dis que j'aime bien les falaises, comme ici. Ils me disent que je ne serai pas déçu par le cabo de São Vicente, près de Sagres.
João Pedro me demande l'adresse de mon blog. Dès le lendemain, il m'a posté un commentaire. Ça m'a bien fait plaisir !
Je les laisse continuer leur ballade, et je continue la mienne.

Les falaises de ce cabo Espichel sont vraiment impressionnantes. Voici quelques photos qui auraient été bien meilleures avec un appareil-photos "ayant plus d'angle" et surtout avec le beau temps :





C'est très haut en réalité : la "lumière" du farol culmine à 32 mètres au-dessus du sol et à 168 mètres au-dessus de l'océan :




Le farol de face :


Encore une fois, si le temps avait été superbe, j'aurais peut-être pu voir jusqu'au cabo Raso au nord et au moins jusqu'au cabo de Sines au sud.

Frustré, je finis par quitter ce lieu. Il y a encore plus de brume et de crachin, depuis que j'ai laissé les cyclistes.
A Zambuja de Cima, je m'arrête dans un resto au bord de la route : il pleut et puis, ça faisait longtemps... Je prends une soupe et des côtes de porc avec des batatas-fritas (le moins cher). Ça fait du bien de manger chaud !
Comme un con, je prends un truc froid en dessert, je sais pas pourquoi.

Je ne suis plus très loin de Sesimbra, dont m'avait parlé un type à Peniche.

Voici l'église qu'il y a dans l'enceinte du château qui domine la ville :


Ah oui ! Sesimbra, ça m'a l'air magnifique !


Vue sur le port :


Que c'est gris ! Au fond, ce doit être le début de la si belle Serra da Arrábida :


Sesimbra, depuis l'extrémité de la digue :


Je demande à un pêcheur qui répare un filet, si je dois aller à droite ou à gauche pour monter au farol :


Je ne me serai pas rappelé son nom :


Il me fait penser à celui de Figuera da Foz :


Ce doit être un farol standard. En plus, il est couleur rouille : comme ça, on croit qu'il est encore neuf au bout de 30 ans ! Contrairement aux espagnols, les portugais ne se prennent pas trop la tête avec les phares.

Toujours le port, depuis la route du farol :


Je traverse la ville. J'étais là-bas tout à l'heure :


Pour sortir de cette ville, direction Setúbal, je dois emprunter la rampe du parking d'un hôtel, sur trois étages :


C'est peut être à cause du temps, mais je la trouve pas terrible cette ville de Sesimbra : que d'hôtels et de quartiers tout neufs et tout laids en construction :

(pour la construction de ces hôtels, le relief prononcé n'est pas un problème.)

Vue générale de la ville, depuis cette route qui monte, qui monte vers Santana :


De plus haut :


De toujours plus haut :


Ah oui ! La veille, un peu avant Fonte da Telha, le câble du dérailleur avant s'est cassé. Depuis, je roule avec le premier plateau, uniquement. En cote, ça me va. Mais, sur le plat, je mouline grave. Je vais quand même jusqu'au 7ème pignon (sur 9), mais pas au-delà, pour ne pas trop abîmer la chaîne. Et depuis, je ne trouve pas de réparateur. Je demande à Sesimbra : il n'y en a pas non plus. On me dit que j'en trouverai un à Santana.

A Santana, je déniche en effet un boui-boui. Le type répare des autos, des motos, des vélos : la totale ! Il va me changer le câble vite fait ; et moi, je finis par comprendre qu'un câble, ça se graisse ! Il va me demander 6 euros. Je lui montre mes problèmes de freins. Oui, de purger, ça ne fait plus rien : c'est un autre problème. Je n'ai donc presque plus de frein. Il me dit qu'il ne peut pas me les réparer et va, pendant un bon moment, tenter de m'indiquer la localisation d'un réparateur capable à Setúbal. Il va même me gribouiller un semblant de plan, que je ne pourrai plus déchiffrer à force qu'il y gribouille dessus. Enfin, il est gentil, mais j'ai rien compris. Je dis "Sim, sim" pour qu'il me laisse partir, mais il me tiendra le crachoir près d'un quart d´heure. Il faudrait déjà que j'arrive à Setúbal par la route qu'il veut me faire prendre et j'ai pas envie d'y aller par là : elle ne suit pas la côte. Je ne voudrais pas ensuite faire marche arrière. Je le quitte. Il commence à faire bien sombre, vu que c'est très couvert.
Je demande à son fils, je pense, pour un cyber : il y en aurait seulement un à Sesimbra. Tant pis, je continue.
Je veux maintenant passer par Calhariz, qui est indiqué sur ma carte ; ce qui ne va pas être une mince affaire, mais je ne le savais pas encore.
A Santana, il n'y a pas de panneau pour Calhariz : je m'engage donc sur la N379. Après plusieurs kilomètres, il n'y a toujours pas d'embranchement pour Calhariz : étrange. Je m'arrête dans un bar en bord de route. Je bois une bière et je mange une pâtisserie. Je fais le plein d'eau. Je demande à la patronne pour aller à Calhariz. Au bout de 3 ou 4 tentatives de prononciation, elle comprend et me dit évidemment, que je dois rebrousser chemin. Je m'y attendais à celle-là. Juste après le prochain patelin, je dois tourner à gauche ; il n'y a pas de panneau indicateur, qu'elle me dit. Bon, allez ! Il fait nuit.
J'arrive au patelin et je vois un gars qui gare sa bagnole. Je le questionne : il n'est pas d'ici. Il parle un peu anglais, mais c'est surtout moi qui vais parler (j'avais besoin de me défouler). Je lui raconte l'épisode de hier, que les portugais aiment bien me faire tourner en rond, et que ça semble bien recommencer aujourd´hui ! Il s'en fout, mais c'est pas grave, ça fait du bien !
Je le libère et je prends donc le chemin indiqué. Peu après,  il y a une intersection sans panneau. Je ne sais pas de quel côté la même route semble continuer : je prends à droite, tant pis. Je me rapproche d'un village que la nationale traversait. J'en ai marre : je plante la tente en face un stade de foot.
Je ne dors pas depuis très longtemps qu'un chien se met à aboyer, juste à côté de la tente. A entendre sa "voix", ça ne me semble pas un très gros chien. D'un coup, je fais un "Wouf !" très grave, très fort, à m'en faire mal à la gorge. Le chien s'en va, aah, et je me rendors... pas pour très longtemps. Il revient et se remet à aboyer. Je fais pareil : il ne part pas. J'ai envie de sortir, de le gaser et de lui mettre un bon coup de pied, tellement il m'énerve ! Mince, c'est vrai que j'ai perdu la bombe, ça fait déjà bien longtemps. Il finit par repartir. Il viendra me réveiller une ou deux fois encore, je sais plus. Cette nuit n'aura pas été très bénéfique.


29/01 :

Je me réveille donc un peu fatigué. Bon, est-ce que je vais trouver ce foutu bled de Calhariz, ou pas ?
Je rejoins la nationale et je demande à un vieux qui se promène. Il m'indique que c'est de l'embranchement duquel je viens. Je reprends donc cette route en faisant attention à chaque intersection de rester sur la route principale. J'arrive ainsi au village de Pedreiras. Je m'arrête dans un bar pour déjeuner. Je prends comme souvent un grand café avec des pâtisseries : en ce moment, j'aime les "bolos". Et je demande ma route en partant. On me dit tout droit. Pour moi, tout droit, c'est tout droit : je reste donc sur la route principale. Je vais faire un tour pour rien : à gauche une carrière et à droite je reviens sur la route qui mène à Pedreiras. En fait, au virage de la route principale, j'aurais dû aller tout droit, c'est à dire à gauche ! C'est logique. Je me fais confirmer par une vieille. C'est bon. La route devient très vite un chemin parfois bien boueux.

Voici les paysages de la Serra da Arrábida que je traverse :




Je finis par atteindre la N379 : normal, sauf que je n'ai pas traversé Calhariz. A l'embranchement, il y a un panneau qui décrit le sentier que je viens d'emprunter : il y a bien une ferme qui se nomme Calhariz : ouf !

Autres paysages de la Serra : 



(c'est bien vert)

Et je revois l'océan en contrebas :


Ensuite, il y a deux routes, je choisis celle qui va au plus près de la cote et qui descend vers Portinho da Arrábida, quitte à passer à côté des points de vue de l'autre route qui descend moins.

Dès le début, la vue se dégage - pas la brume - sur la baía de Setúbal :





(au fond à droite, ce sont les immeubles de Tróia, à la pointe de la péninsule du même nom)

Ça descend tellement que, vu l'état de mes freins, je "pousse" le vélo qui me tire :


Comme ça, je prends le temps de regarder le paysage.

Le littoral de la Serra, vers l'ouest, avant Portinho da Arrábida :


Et vers l'est :


Après un dernier virage, je vais découvrir une petite baie très sympathique, dans laquelle termine le village de Portinho da Arrábida :




La baía de Setúbal :


Dans un restaurant, je demande si, avec mon vélo, je peux rejoindre la nationale en suivant le chemin à gauche (sur ma carte, je suis dans un cul-de-sac). On me dit que c'est possible. Je m'y engage donc.

Un peu plus loin sur la plage, des panneaux indiquent la présence de dauphins dans la baía de Setúbal :


Tout en remontant vers la nationale, de belles vues vont se dégager sur cette petite baie :








J'arrive à la nationale. Je croise un gars à pied qui me dit qu'il y a un super point de vue en haut (l'autre route). Je lui dis que j'ai des problèmes de freins et que je préfère me diriger vers Setúbal.

Peu après, une belle praia :


Au fond, c'est Portinho da Arrábida :


Le littoral vers Setúbal et les premiers cactus que j'observe, je crois bien :


Vue sur la Serra depuis une praia, peu avant Outão :


Le début de Outão et la pointe de la péninsule de Tróia :


Il s'agit en fait du farol de Outão :




Un rapide coup d'oeil derrière moi et je ne verrai bientôt plus Portinho da Arrábida :


Tróia, que je veux atteindre ce soir, avec le ferry :


La ville industrielle et pas très belle de Setúbal :


Toujours Tróia :

(finalement, c'est bien qu'il y ait ces immeubles : ça donne un peu de relief)

J'étais au niveau de la mer et je remonte à nouveau pour contempler la fin de la Serra :


...et la péninsule de Tróia :


Me revoilà au bord de la mer :


Aujourd´hui aussi, je vais manger dans un resto au bord de la route. C'est que l'on y reprend facilement goût. Là encore, ce sera une soupe et des côtes de porc avec des batatas-fritas (6 euros le plat principal). Ça sent bon la grillade : il y a une grande cheminée et le cuistot revient de chercher du thym. On me propose toujours beurre, olives & Co : je les refuse, bien sûr. Je prends un peu de vin : oui, je commence à bien aimer le vin !
Tout ça est bien bon.

Maintenant, je dois trouver un réparateur de vélo pour les freins : je dois à tout prix (enfin, je m'entends !) le faire réparer ici, car après, ça me paraît bien désertique, sur ma carte.
Je longe le bord de mer jusqu'à l'endroit où je dois prendre le ferry, pour repérer les lieux.

Une dernière photo de Tróia, depuis Setúbal :


Mon vélo est tellement crade, il faut que je le passe au carsher avant d'aller chez un réparateur. J'erre dans la ville un petit moment et je trouve une station-service avec un carsher, en plus du traditionnel rouleau. Je demande donc si l'on peut m'y passer un coup. Pas de problème. Je montre juste au gars de diriger le jet dans un seul sens sur la remorque pour ne pas que de l'eau y rentre. Tout y passe : il ressort comme neuf. Je lui demande combien il veut : c'est gratuit, sympa. On m'indique aussi la direction d'un magasin de vélo.
Le magasin est fermé : il ne va pas tarder à ouvrir puisqu'il doit ouvrir à 15 heures. Un jeune type m'accoste : c'est le réparateur qui m'a vu attendre devant sa porte depuis le bar d'à côté et qui m'invite à boire le café ! Il y a une femme (sa nana, je pense) et un autre gars, jeune également. Ils me demandent d'où je viens... et les questions habituelles.

Ça y est, il ouvre. Je lui montre donc que le frein arrière ne freine plus et que le frein avant, c'est pas terrible. C'est l'autre jeune qui va s'en occuper. La réparation va durer près de 2 heures. Il va passer beaucoup de temps à nettoyer là où il y a les plaquettes : c'est très crade (entre la boue et le sable...depuis près de 3 mois... et avec la pluie...toujours dehors...) et c'est dur à enlever. Il va me changer une petite pièce de ce "boîtier". Les plaquettes sont mortes : déjà ! Il me propose d'en mettre des très dures qui ont une longue durée de vie : elles coûtent plus de 20 euros la paire. Bon, d'accord. J'avais payé 8 euros les précédentes, je crois. Il me dit aussi qu'il vaut mieux changer le disque. Il me montre l'usure : en effet, l'épaisseur de métal a diminué de moitié !
Pendant ce temps, on discute un peu. Il est brésilien, mais vit depuis longtemps au Portugal (il a suivi sa mère). Ici, il se plaît. Il n'est pas retourné au Brésil depuis. Il a ses 2 vélos, sa maison... (il me semble bien matérialiste...).
Il va également me régler le dérailleur arrière. Il me fait remarquer qu'il est tordu : je sais !
Il me dit que je ne devrais pas tarder à faire le même type de réparation pour le frein avant (il m'en améliore un peu le freinage en faisant je ne sais pas quoi) : oui, je lui dis que ça attendra.
Total : un peu plus de 70 euros, pour repartir avec des freins qui freinent.

Maintenant, je veux trouver un cyber pour faire du mail. Je vais demander plusieurs fois et je vais tourner en rond. Un type, la cinquantaine, qui parle français, a la gentillesse de m'accompagner jusque devant un cyber planqué au premier étage d'une baraque : je ne risquais pas de le trouver tout seul. Il me dit qu'ici, l'activité économique est vraiment en déclin et qu'il n'y a pas de travail. Il me dit aussi que je dois faire attention à mon vélo. Encore un truc pour me rassurer, ça. J'attache mon vélo un peu plus loin, à une gouttière. Je vais seulement envoyer un mail pour dire que je vais bien, et voilà. En plus, c'est renfermé, ce cyber, et ça pue !

Je vais ensuite faire des courses au supermercado : je suis en rupture de stock.

Et je vais acheter mon ticket pour le ferry. La gars me demande 4,50 euros pour le vélo et moi-même. Je lui dis que c'est cher comparé à tous les autres que j'ai pris jusqu'à présent (souvent  moins de 2 euros 50). Il me montre la fiche des tarifs et je comprends que ça dépend des horaires. Je suis dans l'horaire le plus cher : tant pis, en plus, il fait déjà nuit.
Je lui demande par où je dois passer pour me rendre sur le ferry. Il me répond à gauche. Je lui montre qu'il y a un panneau bleu qui oblige de passer à droite ! Non, non, qu'il me dit ! Encore un coup de la logique portugaise !

J'embarque. Le bateau ne se dirige pas vers les immeubles de l'extrémité de la péninsule : c'est étrange. Il va même les dépasser à l'est et la traversée va encore durer un bon moment : mais où c'est qu'il m'emmène encore ?
Au bout d'un moment, j'aperçois des lumières : ce doit être le port. En effet.
Au débarquement, deux gendarmes m'arrêtent et me demande si je n'ai pas de lumière. Je leur montre que je l'ai à l'arrière, mais qu'il n'y a plus de pile. Pour leur faire plaisir, je sors de mon sac, le phare avant. Je l'allume : une lumière très faible en surgit : et merde ! Je le mets quand même... pour faire joli... Ils me demandent si je n'ai pas un gilet. Alors, je le sors également et je l'enfile. Ils me demandent vers où je vais : je leur réponds vers Sines. Ils me laissent partir après m'avoir dit d'acheter des piles pour le phare arrière. (des piles, j'en ai au fond de la remorque : ça fait déjà les 3èmes que j'achète. Ça s'use vite surtout quand j'oublie d´éteindre la lampe...).
Je me dirige alors vers Tróia, là où je pensais débarquer. Au bout de guère plus d'un kilomètre, les filcs me doublent (j'ai bien fait de laisser le phare avant "allumé") et s'arrêtent à ma hauteur. Ils me disent que Sines, c'est de l'autre côté. Je leur fais comprendre que je le sais, mais que je veux voir Setúbal demain matin. Ils me lâchent alors la grappe.
J'arrive à Tróia. C'est une ville toute neuve :ça fait bizarre ! Les immeubles que je voyais depuis Setúbal, sont encore en travaux, à l'intérieur. Devant ces immeubles, il y a un petit port, tout neuf aussi. Je m'engage sur une passerelle en bois toute neuve qui va vers la plage : au bout, j'ai une envie pressante : je m'exécute. J'hésite à camper en par là, bien que j'aie vu des panneaux l'interdisant. Au loin, un vigile va m'ôter cette hésitation avec sa puissante lampe torche. Ils sont pas cool, ici ! C'est bon... je m'en vais !

Je reprends la route par laquelle je suis venu. Entre le vent et le sable, je vais chercher un bon bout de temps l'endroit rêvé. Finalement, je serai à l'abri du vent sous un pin, mais dans le sable. La nuit est claire, j'aime !
Bonne nuit.


30/01 :

Tiens, en fait, j'ai dormi tout près du bord du rio Sado. C'est vrai qu'elle n'est pas bien large, cette péninsule de Tróia :




Je reviens donc de jour dans la ville neuve de Tróia.

Vue sur Setúbal, depuis le port de Tróia :


Et vue sur la Serra da Arrábida :


Zoom sur les bancs de sable :


Même avec un temps peu clément, cette Serra m'a bien plu.

Et je prends la route vers Comporta, qui est à 17 kilomètres et qui correspond à la fin (ou plutôt au début) de la péninsule. C'est une route très droite, avec très peu de relief. Les paysages vont rester presque les mêmes sur toute la distance.

A gauche, le rio Sado et la zone industrielle et portuaire de Setúbal :




A droite, des dunes de sable et des pins, avec la Serra dans la brume, au dernier plan :


Le rio Sado est bien marécageux à marée basse :


J'arrive enfin à la praia de Comporta : vue sur la Serra vers le nord :


...et sur le cabo de Sines vers le sud, que je souhaite atteindre ce soir :

Epouvantail à la portugaise et paysages traversés entre Comporta et Torre :




Vers Carvalhal, on peut voir qu'il a bien plu :


Deux praias sont indiquées : j'irai aux deux. L'une est juste derrière ces dunes :


L'autre est là :


Et voici les premières vignes de l'Alentejo :




Et je ressens les premières gouttes de pluie. Je continue sur cette route très droite et très plate : c'est très monotone. J'essaie d'avancer vite, à 23-24 à l'heure. J'arrive à l'embranchement de Fontainhas et la pluie commence à tomber sérieusement. J'enfile ma panoplie. Il va ensuite tomber des cordes. Je prends à droite la direction de Fontainhas. La route devient vite une piste sableuse bien défoncée mais roulable : et le vélo qui était tout propre, c'est dommage ! Lors du pédalage, je vais vite entendre les grains de sable qui se collent à la chaîne et à la cassette. J'atteins la praia : je ne vois rien. Il fait un temps de merde. J'ai faim et je vais manger un sandwich sous un tout petit "abri" mal orienté : il y a du vent. Je repars vers la N261, pour tourner quelques kilomètres plus loin vers la praia et la lagoa de Melides, que voici en images :








Depuis ce matin, j'ai déjà parcouru plus de 80 kilomètres. Il est guère plus de 15 heures. Je devrais bien atteindre Sines, comme prévu. Je repars vers la nationale. La route est bien défoncée, il y a beaucoup de nids de poule et des grosses flaques d'eau sur le bord. Je me dis, tiens, je vais passer dans celle-là, ça nettoiera un peu mon vélo.
Et ben non, je n'aurais pas dû. C'était bien profond, en fait. Et j'ai crevé, d'un coup. Je m'arrête pour réparer. Je démonte la roue et le pneu. Je veux regonfler la chambre à air pour localiser le trou : la pompe ne marche plus, et merde ! Super, la pompe sophistiquée à manomètre intégré de chez Décathlon ! Ah oui, et puis bien sûr, il est en train de pleuvoir bien fort.
Par chance, j'ai crevé juste devant un bar, qui est ouvert. Je vais demander parmi les assoifés présents, s'il quelqu'un pourrait me prêter une pompe. Le patron parle très bien français : il va leur demander à ma place. Personne n'en a. Un vieux va demander à un voisin : nada !
Puis, un client du bar, la cinquantaine, me propose de m'amener en voiture chez un réparateur tout proche de là. J'accepte volontiers. Je rassemble dans l'entrée du café, mes affaires éparpillées sur le parking. J'enlève aussi mes vêtements de pluie tout crades (le gars a une jolie BM break, avec les sièges en cuir !) et j'embarque la roue arrière crevée. Il m'amène d'abord près d'une station-service pour retirer des thunes, car je suis à sec.
En effet, le réparateur n'est pas loin. Mais il n'y a personne apparement. Mon chauffeur tape à la porte de la baraque : "Is there anybody out there ?" qu'il dit. Ah ! Je lui dis : Pink Floyd, hein ! Il me dit ouais ! Finalement, un mec assez âgé sort : c'est le réparateur. Mon chauffeur parle donc un peu anglais, car il a bossé plusieurs années avec des scandinaves. Il va donc traduire au gars ce que je veux. Je veux donc une petite pompe pas chère : 9 euros. Et bien sûr, je veux qu'il me répare la roue. Il me montre que le pneu est en piteux état (celui que j'avais acheté dans le ria de Arousa à 23 euros !) et que si je ne le change pas, je risque de crever souvent. Je savais qu'il fallait que je ne tarde pas à le changer. Il m'en montre un pour V.T.T. très large et avec de très gros crampons. Je lui dis que j'en veux un plus adapté à la route. Il en trouve un autre : 8 euros. Ça va, je ne risque rien. Ensuite, il veut me vendre une chambre à air anti-crevaison plus chère et plus lourde qu'une normale : non merci ! Total : 20 euros environ.

Le gars me ramène au bar. Je trouve qu'il roule assez vite, ou c'est peut-être parce qu'il y a longtemps que je ne suis pas monté dans une voiture. Et en plus, la route est défoncée, mouillée et c'est une BM !
Je remonte la roue, prêt à repartir. Et je lui paye un whisky. Je prends une bière. Un assoifé est là autour, attendant que je lui paye à boire. Le patron me dit qu'il a déjà trop bu : il ne faut rien lui payer.
Je vais discuter très peu avec mon chauffeur. C'est un type qui me paraît très bien, mais relativement triste...
Je vais surtout discuter avec le patron. Il a bossé à Paris pendant près de 20 ans. Il y est parti à 20 ans comme serveur ou cuistot, je sais plus. Il a même bossé un moment au Moulin Rouge. Apparemment, à une époque, il gagnait un max de poignon : jusqu'à 1000 francs par jour dans les années 80. Petit à petit, il en a eu marre de cette vie un peu trop nocturne et un peu trop agitée parfois, quand les "rebeus de la banlieue venaient foutre le bordel". Ça fait 6 ans qu'il a acheté ce petit bar à Melides (prononcer Mélidéch), près de là d'où sont originaires ses parents. Il vit ici sa vie pépère, contrairement à celle qu'il menait dans la capitale. Il parle un français impeccable, sans accent, si ce n'est l'accent parisien. Mais, il aime bien l'accent du sud. Il parle forcément parfaitement portugais et aussi un peu l'arabe, à force d'avoir cotoyé des "rebeus". Il me dit que l'arabe est vraiment une langue très difficile au niveau de la prononciation : il prend exemple sur le mot "merde" (il aurait peut-être pu en choisir un autre) : et bien la merde, en arabe, c'est un truc comme RHLAH, et j'en ai oublié la prononciation !
Tout en discutant, je prends une autre bière. Lui, il se sert un alcool blanc sorti du congélateur. Je lui dis que je veux goûter. C'est du bagaço maison (proche du nom "bagasse" en français : marc de raisin sortant du pressoir) : un alcool fort à base de raisin, donc. Il me dit qu'il n'a pas le droit de le vendre : il m'en donne donc un verre. C'est bon, mais ça arrache, ça fait au moins 50º.
Il va m'expliquer comment c'est fait et on va continuer à parler d'alcool. Je lui dis que le seul whisky que j'aime bien boire, c'est du type Jack Daniels : ah, mais c'est pas un whisky, qu'il me dit, c'est un whiskette. Ah, excuse !
Je vais aussi lui parler de la bacalhau que j'avais mangée à Porto, en pensant manger la même qu'à Caminha (la première ville portugaise, dans laquelle j'ai "réveillonné" et là où j'ai mangé ma première bacalhau portugaise). A Caminha, c'était écrit "bacalhau à la Braga". Et à Porto, c'était écrit "bacalhau à la braj' ". Ah ! Mais il me dit que c'est pas du tout pareil. Quoi !? Pour 2 lettres ! "A la Braga" (Braga est une ville proche de Porto), c'est un morceau de morue entier servi avec poivrons, tomates, oignons et pommes de terre : je lui dis ouais, c'est ce que j'ai mangé. Et "à la braj' ", c'est une sorte d'omelette à la morue : et je lui dis ouais, c'est ce que j'ai mangé.

La nuit commence à tomber. Rentrent 2 types : un type, la cinquantaine, chevelure grisonnante à la Branduardi, et un mec bien plus jeune. Ils vont boire un coup et commander un plat à bouffer. Le patron revient un moment après avec un petit plat en terre cuite qui fume et avec une corbeille de pain. Ça sent très bon : je les regarde manger. Je demande ce que c'est : ce sont des gésiers de canard avec une sauce rouge piquante. Je lui dis que j'en veux un.
Les gars me tapent la discute en anglais. Ils me proposent de partager leurs gésiers. Et voilà qu'on mange tous les 3 à la marocaine, dans le même plat en attrapant les gésiers brûlants avec le pain bien imbibé de bonne sauce. C'est un régal, ce truc. Je demande au patron s'il a appris à faire ça en France. Il me dit que c'est portugais. En effet, je lui répond qu'en France, et même dans le Gers, je n'en ai mangé qu'en salade. Il me dit même qu'ici, il fait des foies gras. Il a appris à un type à gaver les canards et il lui achète les foies !
Mon plat arrive. Je veux le partager avec les 2 autres : ils en ont assez et me remercient. Dans un sens, tant mieux : c'est trop bon et j'ai trop faim. Mais s'il avait fallu, j'en aurais pris un autre, surtout que ça ne devait pas valoir plus de 4 ou 5 euros !
Là aussi, je vais parler du contact difficile avec la plupart des portugais que je croise en chemin : ils me répondent que le portugais, il faut apprendre à le connaître, il est réservé, mais qu'au fond, il est très friendly ! Sur ce, ils s'en vont. Je finis mon plat et je fais de même en remerciant bien le patron, sympathique.
Il fait nuit, il pleut. Mais l'alcool et la bouffe m'ont donné du courage. Je vais pédaler jusqu'à l'embranchement de la lagoa de Santo André et trouver un coin pour dormir derrière une haie, juste au bord de la route.


31/01 : encore un imprévu !

Après avoir rangé mon matériel, je vais déjeuner dans le café-restaurant juste à côté et je demande à faire le plein d'eau. Je prends la route de la praia et de la lagoa de Santo André, que voilà :




Il y a là, un camping-car avec un "D" derrière, comme j'en verrai énormément à partir d'ici.

Vers le nord, depuis la praia de Santo André :


Et vers le sud, vers le cabo de Sines (prononcer Sinéch) :


Je m'éloigne de la lagoa, direction Vila Nova de Santo André :


Mais avant, je tourne vers une praia, depuis laquelle la visibilité du moment me permet de voir la côte nord, jusqu'au cabo Espichel :


Le cabo de Sines qui se rapproche :


Voilà, j'y suis : la praia s'arrête : place aux rochers du cabo de Sines :

(mon chauffeur de la veille m'avait dit qu'entre Tróia et Sines, il y avait environ 70 kilomètres de sable continu et que c'était la plus longue plage du Portugal !)

Ce cabo est rocailleux sur sa côte nord, mais il est plat. Voici quelques photos, jusqu'à son extrémité :










Et, ici, encore, comme à de nombreuses reprises, au Portugal, des voitures me klaxonnent pour me dire bonjour. Parfois, on me fait un signe avec la main, avec le pouce, de l'air de dire "Chapeau !". Oui, c'est bien, mais arrêtez-vous, qu'on discute un peu... Je réponds poliment par un signe de la main.

De l'extrémité de ce cap, je ne verrai que ça : une grande usine occupe les lieux :


Et sur la côte sud du cabo, c'est un grand port. Un bateau vient d'Istanbul :


Vers le sud et vers la Serra do Cercal (derrière la digue) :


Zoom :


Une partie des installations portuaires de Sines :


Vue sur Sines, depuis l'une des digues :


Et zooms sur le château dans lequel est né Vasco da Gama :




La praia au pied du château :


Je vais monter en ville pendant un bon moment à la recherche d'un cyber : je dois voir si mon ami gersois Florent, qui doit me rejoindre à Arcos de la Frontera, en Andalousie, n'aurait pas répondu à mon mail envoyé depuis Setúbal. Je lui avais dit que je ne serai pas à Arcos avant le 13 février et j'ai du mal à prévoir mon avancement, avec tous les imprévus qu'il m'arrive. Et je dois quand même le prévenir au moins 2 semaines avant mon arrivée, pour qu'il prévienne à son tour, son ami anglais Reg, qui doit nous héberger. Ça me semble bien optimiste, le 13 février...
On m'indique un bar. J'y rentre : il y a une machine de jeux vidéos qui a une connection internet. Je demande au serveur : c'est un euro pour un quart d'heure ! Je mets un euro et il m'explique : le clavier est tactile, en bas de l'écran. Je vais passer presque un quart d'heure à tenter de me connecter : je n'arriverai pas à écrire mon mot de passe et ça va m'énerver. J'appelle le serveur plusieurs fois, même qu'il va me redonner une pièce de 1 euro. Je la prends et je ne l'insère pas, je m'arrache. On m'indique ensuite la bibliothèque : j'y vais et bien sûr, c'est fermé, ça rouvre demain à 14 heures.
Et voilà que je quitte Sines (pas pour longtemps) en direction de Porto Covo.

Vers Sines, depuis la route de Porto Covo, qui longe la côte de très près :


Vers le sud :


Depuis que j'ai quitté la grande route, un bruit bizarre se fait entendre de ma machine et plus particulièrement de la remorque. Je m'arrête et je regarde : je ne remarque rien ; tout à l'air bien serré... Je continue et toujours ce bruit. Je m'arrête à nouveau et je détèle. Je fais basculer la remorque sur le côté : ah ! d'accord, il y a un jeu terrible au niveau du moyeu de la roue de la remorque. D'un côté, il n'y a plus du tout de roulement : une pièce a dû s'échapper ! Et merde ! Surtout qu'on est samedi après-midi, début du week-end, et que je risque d'avoir du mal à trouver un réparateur ouvert. Et puis, avec cette dimension de roue bâtarde, en plus, du 16 pouces, c'est doublement pas gagné ! Ça roule encore, mais je ne préfère pas tenter le diable. Je suis encore tout près de Sines, il faut que j'en profite. Je rentre dans un resto qu'il y a juste en face pour demander s'il y a un réparateur à Sines : on me dit que oui, à proximité du château. Je fais donc marche arrière.
Au croisement de la grande route, deux cyclistes me rattrapent. Ils m'avaient doublé dans l'autre sens et eux aussi, ils avaient entendu le bruit en me dépassant : c'est pour dire ! L'un d'eux va me faire un plan très détaillé (aussi bien qu'un GPS) pour me rendre à un réparateur qui se trouve près du LIDL. Je les remercie et je poursuis. Je vais bien suivre le plan au début, mais après, il y a trop de rues. Je dois demander plusieurs fois. Après le LIDL, un automobiliste me voit chercher. Il s'arrête et va me conduire jusqu'au réparateur. Ce réparateur n'a pas de roue de cette dimension : il en a seulement une de 20 pouces. Bon, tant pis ! Il va m'indiquer où se trouve le deuxième réparateur de la ville : il est au fond de la ZIL (Zona Industrial Ligeira), à l'autre bout de la ville : ah, ben, ça limite la concurrence !
Au bout d'un petit quart d´heure, j'arrive devant le réparateur de la ZIL et  : c'est fermé ! La voisine me dit que je dois revenir lundi. Mais c'est super, et qu'est-ce que je vais glander moi, jusqu'à lundi, dans cette ville, avec ce sale temps qui semble se préparer...
Je repars en centre ville et là, je recroise l'un des deux cyclistes. Je lui dis que le premier réparateur n'avait pas la bonne roue et que le deuxième était fermé et que je dois attendre jusqu'à lundi. Il me dit que je devrais y repasser demain matin, dimanche : parfois, il vient bricoler un moment. Et si celui-là non plus, n'a pas la bonne dimension de roue, dans quelle ville ai-je le plus de chance de trouver mon bonheur ? lui demandais-je. Il connaît un pote à lui qui connaît un réparateur à Vila Nova de Santo André (j'y suis passé en fin de matinée). Il l'appelle avec son portable et lui parle de la roue de 16 pouces. Son pote lui dit que c'est presque sûr qu'il y en ait. Bon, j'ai une piste ; je le remercie ; il me souhaite bonne chance. La nuit tombe.
Je vais passer encore du temps à chercher un cyber, que je ne trouverai pas. Je rentre dans un bar-resto pour boire un coup : je suis en terrasse sous la bâche et le serveur aussi, il est en train d'allumer le feu. Je vais bien attendre 5 minutes : le serveur ne va même pas me jetter un regard. Si tu veux pas me servir, je m'arrache. Je rentre dans une pasteleria : je prends une bière et un petit sandwich. Il pleut. Je rentre dans une autre : je prends une autre bière et une tostada (un truc bon, pas cher et qui cale : une tranche épaisse de pain grillé bien imbibée d'huile d'olive, je pense ; j'en prendrai même une deuxième, pas la bière). Le temps passe... lentement... Je me décide à aller camper. Il y a beaucoup de vent. Je vais vers le port et je décide de planter ma tente juste derrière un bâtiment... sans chéneau... sans gouttière... éléments capitals auxquels je n'ai pas prêté attention... Oui, au moins derrière, je serai à l'abri du vent qui vient du sud.
Il pleuvait fort. Le sol était bien mouillé, mais ça allait. La couche de forme du parking était bien compacte : j'ai galéré pour planter les sardines, même avec le marteau (elles sont costaudes, ces sardines). Et puis souvent, ça détériorait le sol, de les enfoncer, et puis elles ne tenaient plus. Ça y est, la tente est montée. Je vais réussir à m'endormir, malgré le bruit que fait la pluie sur le toit en tôle.
Au bout de quelques heures (je ne sais pas quelle heure il pouvait bien être), j'avais comme une impression d'humidité. Je me réveille et je me rends compte que c'est plus qu'une impression : j'ai 3 ou 4 cm d'eau dans la tente ! Mon sac de couchage est tout trempe ; mon matelas nage... la galère. Ni une, ni deux, je décide de déménager ; je n'ai pas le choix. J'enfile mes chaussures et je sors. Et je vois qu'il y a une belle piscine : toute l'eau tombée sur la surface du toit est là !
J'ai les pieds tout trempes : ça, c'est acquis : une préoccupation de moins. Ensuite, comment je fais (il pleut toujours). Je sors la remorque que j'avais pris soin de refermer la veille (une bonne idée acquise avec l'expérience) et je sors aussi toutes les affaires lourdes : mon sac à dos, la sacoche à Jojo... J'apporte tout ça de l'autre côté de la cour, là où je décide de replanter la tente, loin du bâtiment. Il y a moins de vent, c'est déjà ça. Et puis, je vais enlever les sardines et traîner la tente, avec le matelas et le sac de couchage à l'intérieur, jusqu'au nouvel emplacement. Allez ! Motivé !
Je replante les sardines avec autant de galère que tout à l'heure. Je regonfle le matelas qui est presque à plat : je rappelle qu'il est crevé. Et là, je n'ai que le choix de me remettre dans le sac de couchage encore plus trempé (j'aurais dû le sortir de la tente, avant de traîner celle-ci). Tout ça pour dire que je vais passer une sale fin de nuit, très inconfortable, en ayant froid et en cherchant sans cesse une "position qui me paraisse moins humide" : en foetus pour avoir moins de contact avec le sac... etc... etc...


01/02 :

L'avantage, c'est que le matin, je ne traîne pas. Dès que je me réveille, je surgis dehors. Il ne pleut pas : c'est bien. Mes vêtements chauds sont très humides bien sûr, car je dors avec (c'est mieux que si j'avais eu directement la peau en contact avec le sac de couchage mouillé). Je les enlève et je mets seulement les habits de pluie.
Je reviens en ville. Je vais déjeuner dans la pasteleria où j'ai mangé les tostadas, hier soir. Il est à peine 9 heures : j'essaie de prendre tout mon temps. Il y a un reportage à la télé sur la Serra de Sintra : il fait beau, à la télé, c'est pas en direct. Ici, ça repleut. J'attends que ça s'arrête. Je pars chez le réparateur de la ZIL : c'est fermé, je m'y attendais : je dois attendre demain, c'est sûr. Puis, j'erre en quête d'un resto : oui, déjà, bien que je vienne de déjeuner et qu'il soit à peine 10h30. J'en trouve un qui m'inspire. Il est ouvert et je demande un grand café, et puis à partir de quelle heure je peux manger : il me dit 13 heures. Ça ne le dérange pas que je reste là, à l'abri. Je vais profiter de ce temps pour bien étudier les cartes jusqu'à Arcos, pour pouvoir estimer à coup sûr et en prenant un peu de marge pour les imprévus, ma date d'arrivée. Vers midi et demi, je sais que je ne pourrai pas arriver à Arcos avant le 15 février, c'est un dimanche. Je dirai donc à Florent, en l'appelant après manger, que j'y serai pour le vendredi 20 février, pour prendre encore plus de marge, car j'ai plusieurs incertitudes, que le patron du resto ne sait pas lever ; notamment, pour traverser le parque nacional de Doñana, il se peut que je sois obligé de remonter jusqu'à Sevilla.
Ah ! Voilà les informations : le premier gros titre indique qu'il a été recensé 83 inondations au Portugal la nuit dernière. Ah ! Non, avec celle dans ma tente, le chiffre monte à 84 ! Puis, il est écrit, en portugais, que c'est le mois de janvier le plus pluvieux de ces trente dernières années, au Portugal ! C'est bien sûr l'année que je choisis pour faire mon trip ! Ça pouvait pas attendre une année de plus... le record pluvieux, bien sûr (pour le trip, ça pouvait pas attendre) !
Et vient l'heure de passer la commande. Je vais prendre une soupe, puis de la bacalhau. Je prends aussi une bouteille de vin, la moins chère. Il m'apporte le vin : c'est du vin de l'Alentejo. Je le goûte : mouais, pas terrible. Il m'apporte la soupe. Puis, vient le tour de la bacalhau. Quand je commande de la bacalhau, j'ai toujours une surprise. Il y a vraiment 365,24 façons de la cuisiner. Ce coup-ci, il n'y a pas de sauce : ça semble cuit à la vapeur, comme les légumes qui l'accompagnent : c'est un peu fade. Puis le dessert, puis le petit café et je demande pour finir un petit digestif : il me sert du bagaço.
Et je repars vers la bibliothèque qui doit ouvrir d'ici peu. J'attends et finalement, ça n'ouvre pas. C'est réservé pour je ne sais pas quoi, qu'on me dit. Moi qui pensais passer l'après-midi au chaud, à faire du blog : c'est loupé. Qu'est-ce que je vais faire dehors, moi, jusqu'à ce qu'il soit à nouveau l'heure de planter la tente et de retrouver mon sac de couchage mouillé (j'y pense déjà !). Et puis, surgit au milieu de la ville, un magnifique kiosque : je me dis que ce sera le mien pour l'après-midi.

Tout d'abord, j'étends tout ce qui est mouillé :


Puis, je sors le ukulélé que je n'ai jusqu'à présent presque pas utilisé. Je ne sais toujours pas l'accorder à la façon ukulélé, alors je l'accorde façon guitare, mais ça ne rend pas très bien. J'essaie de m'accompagner en chantant du Bob ou du Simon & Garfunkel, mais je ne chante pas fort, car c'est pas terrible. En bref, je fais passer le temps. Deux ou trois heures vont passer. Parfois, il pleut fort, alors j'enlève les affaires qui se mouillent, puis je les étends à nouveau. Ça ne sèche pas bien, avec l'humidité qu'il y a dans l'air.
Les passants me regardent bizarrement. Sauf un...

Oui, j'allais m'apprêter à tout remballer, vu que la nuit commençait à arriver, qu'un type barbu s'approche et me demande, en anglais, si j'ai besoin d'aide, et me dit que, si je veux, il peut m´héberger... Je n'hésite pas une seconde, bien sûr. Je range rapidement mes affaires. Je referme la remorque. Il me prend le sac à dos et quelques autres affaires et je le suis. Sa voiture est garée un peu plus loin. Il habite tout près : je suis donc sa voiture avec mon vélo.
Dès que je suis chez lui, il me fait visiter, me montre la douche et me dit de faire comme chez moi ; il doit s'absenter un moment pour aller faire des courses. Il me demande si je boirai du vin : je lui dis ah que oui : il va donc en acheter. Moi, je prends ma douche tranquille, puis je mets un tee-shirt et un cuissard court : quasiment les seules affaires qui sont restées propres et sèches. Et je me mets en sandales. Que ça fait du bien ! Tiago revient. Oui, il s'appelle Tiago, l'équivalent de Jacques, en français. Il a 35 ans et il est originaire de Oeiras, une ville que j'ai traversée, peu avant Lisboa. Et il est prof de sports. D'ailleurs, demain matin, il bosse à 8 heures. Il me propose de faire une machine à laver : volontiers. Et il me prête une veste.
Je lui parle de mes problèmes de mécanique. Il me dit que si jamais le réparateur de la ZIL ne peut pas réparer, il ne travaille pas demain après-midi et il pourra me conduire dans les villes voisines. Je l'en remercie. Ce type est super cool et sympathique. Il fait beaucoup de surf et part souvent sur les praias de la côte ouest de l'Algarve, la région du Portugal la plus au sud. Il me montre les spots sur ma carte. Il me dit que Arrifana est très joli. Il monte à la pièce à vivre du haut pour mettre du reggae (il écoute du reggae portugais, entre autres, mais aussi Alpha Blondy, Groundation et bien sûr Bob Marley), puis on passe à table.
Il va préparer en 2 - 2 une salade composée. On va ensuite manger du poisson qu'il avait préparé la veille, au four. Il y en a 2 sortes dans 2 plats différents : du saumon et puis un autre avec beaucoup d'arêtes, mais très bon. C'est en plus un fin cuisinier, le Tiago ! Tout ça, arrosé d'un bon vin... de l'Alentejo, bien sûr, la région dans laquelle je suis actuellement. Celui-ci est bien meilleur que celui du resto, que je lui dis. Il me dit que le vin de l'Alentejo est le meilleur vin !
Un autre gars débarque. J'ai oublié son nom. C'est un capverdien et il est donc en colloc' avec Tiago. Le Cap Vert est une ancienne colonie portugaise au large du Sénégal et de la Mauritanie, qui est maintenant une république, indépendante depuis 1975. Lui est maître-nageur à la piscine municipale. Il rentre du boulot. Il n'est pas très bavard. Tiago me dira seulement qu'il a eu un passé difficile.
Tiago me propose de monter à l'étage. Et je vais découvrir le côté artistique du personnage. Il y a des tableaux de peinture sur toile partout ! Sur la table, des centaines de feuilles à dessin pas vierges sont entassées en vrac.
Il prend des cours d'art à l'université de Lisboa. Il me dit qu'il aurait pu être prof d'art et faire du sport pour le plaisir : l'inverse, quoi !
Ce soir, il avait décidé de ranger ses peintures et dessins : c'est donc ce qu'il va faire. Il m'en montre plusieurs : il est doué, bien que ce ne soit pas trop mon truc. Il y a beaucoup de représentations religieuses : lui-même est très religieux, très spirituel, mais ne "se range" dans aucune religion.
Tiens, la machine est finie. Je vais étendre le linge sur la rampe du grand escalier. Il me disait de l'étendre dehors : je ne le sentais pas, persuadé qu'il allait pleuvoir, bien que le ciel fût à nouveau dégagé (j'ai bien fait). Et je mets mes chaussures près de la cheminée. Oui, c'est la première année depuis 4 ans qu'il habite ici, qu'il allume le feu : c'est agéable !
Et voilà qu'il veut resserrer le bois dans le foyer, et qu'une braise tombe pile sur ma chaussure et qu'elle brûle le bord de ma chaussure... attendez voir... droite, oui, c'est ça ! Ben c'est la vie, tant pis, ça me fera un souvenir !
Pendant qu'il range, il va beaucoup parler : je l'écoute, assis sur le canapé, à regarder les flammes. Il me dit qu'il y a un an de ça, je crois, il a hébergé un type qui voyageait à pied. Il était géorgien, si je me souviens bien... Il l'a hebergé pendant une semaine. Il me dit d'ailleurs, que je peux rester le temps que je veux. Et que je pourrai partir le jour où je le "sentirai" ! Je lui dis que c'est gentil, mais que je dois rejoindre des amis en Andalousie... la première raison que j'ai trouvée.
Il vient de finir son vin : je lui propose de lui faire goûter l'armagnac : ça le tente, et je vais le chercher. Il trouve ça fort, mais ça lui plaît.
Il continue de parler : il sait au fond de lui qu'il ne doit pas rester à Sines, qu'il doit changer de vie...
Il va aussi me montrer quelques bouquins, dont un, écrit en français et traduit en portugais, qui parle de l'écrivain et poète portugais Fernando Pessoa (ce nom était celui d'une rue, que j'avais pris en photo, du côté de Póvoa de Varzim). Il est très admiratif de ce personnage. Pour lui, c'est un génie. Ce type pouvait, me dit-il, se mettre dans la peau d'un personnage, tel un gardeur de troupeaux, un cycliste, pourquoi pas... et penser à la façon du personnage. Je m'exprime mal, mais c'est l'idée. En tout cas, j'ai lu des citations en français, et bien j'ai pas tout compris... C'est trop puissant pour moi... que je lui dis !
Il m'a aussi parlé du mythe du Cinquième Empire (utopia do Quinto Império) : j'ai pas tout compris non plus...
Il se fait tard ; ce doit être 2 ou 3 heures du mat' : je vais dormir dans la même chambre que le capverdien. Je demande à Tiago de me réveiller quand il se lève.
Et je vais bien dormir (bien que pas longtemps), en pensant à la nuit précédente...


02/02 :

C'est finalement le capverdien qui me réveille : je me dis que peut-être Tiago n'a pas voulu me réveiller. Mais non, il est toujours au lit. Ça y est, son réveil sonne. On va déjeuner ensemble. Pour le petit déj', il mange des céréales avec du yaourt à boire (à la vanille, cette fois-ci) : c'est une bonne idée : c'est bien meilleur qu'avec le lait ! C'est l´heure pour lui d'aller bosser : il a un peu la tête dans le cul, mais me dit que dès qu'il va franchir la porte du collège, ça va aller de suite bien mieux. En tout cas, il va la franchir un peu en retard la porte : il est 8 heures moins 2. Il me dit donc qu'il doit revenir vers 13h30, que ce serait bien que j'étende son linge sur la terrasse, car il fait beau. Et puis, on se dit au revoir, dès fois que je sois déjà parti, à son retour !

Je vais donc étendre d'abord mon linge dehors (il n'a pas complètement séché à l'intérieur), et puis le sien. Il ne faut pas avoir le vertige : il faut monter sur le bord du garde-corps pour atteindre le fil ! Je fais ensuite un peu de rangement dans ma remorque et il est l'heure d'aller chez le réparateur. Je prends simplement la roue défectueuse et j'y vais à pied. C'est toujours fermé. Le garagiste d'à côté me dit que ça va ouvrir dans moins d'une heure. Moins d'un quart d'heure après, le vieux réparateur se pointe. Il met la roue sur son étau, démonte une pièce et me dit qu'il n'en a pas ici. Je dois aller dans un magasin de mécanique, près de la bibliothèque, et acheter 2 pièces comme celle-là. J'y vais donc. Je ne trouve pas le magasin, alors je demande. Un type m'y accompagne. Le magasinier mesure le diamètre et la hauteur du cylindre et me donne les 2 pièces identiques neuves : un peu plus de 10 euros. Je repars à la ZIL et je me dis en marchant que c'est bien le type de pièce que je pourrais emporter en double, dans un prochain trip. Mais je me dis aussi que quand même : ce n'est pas normal que les roulements d'une remorque comme celle-là, faite pour voyager, cassent au bout de guère plus de 5000 km ! Enfin, c'est la vie !
Le réparateur me remonte ça vite fait et me demande... 2 euros ! C'est vrai qu'il n'a pas bossé longtemps, mais quand même... Et moi qui n'ai même pas 2 euros en monnaie ! Je lui tends un billet de 10 euros. Il le refuse : je lui donne donc le fond de mon porte-monnaie (un peu moins de 2 euros : la honte !). 
Je vais acheter un peu de bouffe et je retourne chez Tiago. Je remonte la roue. Le linge est sec. Il n'a pas été très bien lavé, mais il sent bon.
Je le lève, puis j'en profite pour prendre quelques photos depuis sa terrasse :






Je finis de ranger mes affaires. Il est près de 13 heures : autant attendre Tiago. Ce serait nul qu'il me voit parti comme un voleur, juste avant qu'il arrive ! Je m'assieds donc à l'entrée, à l'extérieur.
Tiens le voilà qui arrive, avec un pote à lui : un prof de biologie et de géologie. Oui, au Portugal, il n'y a pas si longtemps, il était professeur de Sciences et Vie de la Terre, comme en France. Mais le gouvernement a changé, alors il est maintenant professeur de biologie et de géologie. Seul l'intitulé de la matière a changé, me rassure-t'il !
Je dis à Tiago que j'ai pu faire réparer le vélo et que je suis prêt à partir. Il me propose de manger avec eux : ce que je ne refuse pas, bien sûr. Il refait une salade et on va se partager les restes de poisson. Le prof de bio a beaucoup d'humour : il est sympa. Il me pose plein de questions sur mon voyage. Je lui dis que je vais à toutes les plages et à tous les phares. Et voilà qu'arrive le moment du dessert : Tiago propose de faire des bananes flambées avec mon armagnac, vu qu'il n'a pas d'autre alcool (d'habitude, il le fait avec du Porto). Ouaw ! C'est excellent ! Il en refait une tournée : je vais bien regarder comment il fait. Il fait donc chauffer du beurre dans la poêle, puis fait dorer les bananes un bon moment à feux pas trop fort. Ensuite, il verse l'Armagnac et recule la poêle. L'alcool prend feu et brûle. Quand il n'y a plus de flamme, il presse 2 demi-oranges pour faire du jus et ajouter un peu d'acidité. Je le retiendrai ! Pour lui, y'a pas photo : les meilleures oranges sont les oranges portugaises : il ne voit pas pourquoi il en achèterait d'autres.
Sur ce, il est venu le temps de vraiment se quitter. Je descends la remorque, puis le vélo et je leur dis adieu.
Tiago me dira en partant : "If you think it's time to go, go... and go with God !"... sa façon à lui de me souhaiter bonne chance.

Je veux aller à la bibliothèque qui a dû ouvrir à 14 heures. Oui, c'est ouvert, quand même. Je n'arriverai pas à envoyer de mail. Je demande à la femme, à l'accueil : elle me répond qu'elle ne sait pas, voilà. Elle n'est pas très agréable. Un gars me dit que je dois utiliser la version BETA de gmail. J'essaie et ça ne semble pas marcher. Je m'en vais. Internet ne rime pas avec Sines : c'est normal !

Je reprends la route du port et je passe devant le bâtiment métallique, près duquel j'ai dormi...

Juste après la zone portuaire, et vers la côte que je vais suivre :


Et je tourne direction Porto Covo. La remorque ne fait plus de bruit : c'est parti !

Les vues se dégagent tout le long sur Sines, son port...




et la zone industrielle extérieure :


La côte devient vite très rocheuse, comme je les aime :






Porto Covo apparaît sur les falaises :


Un zoom, je trouve cette photo très bien "proportionnée" :


Ces petites praias sont bien jolies. Un sentier suit la côte au plus près et permet d'accéder avec des escaliers en bois, à chacune d'entre elles :


Bien sûr qu'avec le vélo, je vais rester sur la route.

Et chacune d'elles porte un nom. Voici la praia do Serro da Aguia, avec Sines, au dernier plan :


Beaucoup d'écume sur la praia de Porto Covo :


Quand le soleil éclaire les falaises, ça me fait du bien :


Deux autres photos, depuis Porto Covo :




Les camping-cars se font de plus en plus nombreux. J'ai fait le tour de ceux qui sont garés sur la droite de la photo précédente : aucun d'eux n'a une plaque française !

Le soleil ne va pas tarder :


Et voici que je découvre une petite île. Ah oui, elle est même représentée sur ma carte :


Je vais tenter de trouver un cyber dans ce bled. Je tourne en rond. Deux gars discutent devant un resto. Je les questionne. Ils me disent qu'il y a seulement le "foyer municipal" (je ne sais plus comment ils me l'ont appelé), mais, à l'heure qu'il est, c'est fermé. Je demande si je peux trouver un cyber à Malpensado, le prochain bled sur ma carte, que je leur montre. Malpensado ? Tu connais, toi, sur la route de Vila Nova de Milfontes ? qu'il demande à son collègue. Ah non ! Ils sont pourtant d'ici : je ne m'inquiète pas, c'est encore une blague de Michelin ! En tout cas, Vila Nova de Milfontes est une petite ville plus grande que Porto Covo, je devrais pouvoir en trouver un là-bas, qu'ils me disent. En partant, je veux m'assurer que la petite route qui descend un peu plus loin, va bien remonter à la route principale. Ils me disent que je vais rejoindre la route qui va jusqu'à un fort, pile en face la petite île, qui se nomme la Ilha do Pessegueiro. Ah oui ! Le prof de bio m'en avait parlé, également.
Je m'y engage donc. On s'est certainement mal compris. Je me retrouve au bord de l'eau, et ça semble bel et bien un cul-de-sac. Je remonte pour prendre la route "normale". Et au bout de 2-3 km vers les terres, je suis le panneau qui m'indique l'île, à droite. Ça y est, il fait bien nuit. Il y a du vent.
Tout au long de cette route, je tente de dénicher un coin pour camper : bof ! bof ! J'arrive au bout de la route, face au fort (et à l'île que je ne vois plus). Il y a un resto : j'y rentre pour demander un verre de vin. L'intérieur est agréable. C'est tout en bois. La cheminée brûle : c'est chaleureux. Et en plus, il y a une belle vue sur le cabo de Sines éclairé. 2 - 3 jeunes sont près du feu. Il est à peine plus de 6 heures et demi : une grand-mère pose la soupière sur la table et les jeunes vont manger. Ça me donne envie, ça. Je commande une assiette de soupe et une corbeille de pain : elle est bien bonne. Comme à chaque fois, je jette des morceaux de pain dans la soupe. Je vais y mettre toute la petite corbeille (que je paye) jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de jus. Je demande un autre verre de vin. Et je veux prendre un dessert. La grand-mère me les montre : j'hésite longuement, ils ont tous l'air très bons. J'en choisis un. Et je m'en rappelle encore : c'était "maison" et c'était l'un des desserts que j'ai le plus apprécié de ma jeune vie. C'était une coupe d'un mélange de crèmes et de gâteaux au café chocolat... de différentes textures... indescriptible !
Je me résonne et je n'en prends pas un autre, sinon j'en aurais pris un troisième...
Je paye et je m'en vais dans la nuit ventée. Je reprends la route, car je ne trouve pas de coin tranquille et abrité, près du fort. Je fais à peine un kilomètre et je pose le vélo. Je franchis une haie et je découvre un endroit dégagé de buissons et abrité du vent, juste derrière : ma nuit se passera là. Même si je suis à l'abri, je fais attention à l'orientation de la tente : le côté où je dors, à l'est, plus ou moins. Je crains de plus en plus l'humidité !


03/02 : un temps de meerde !

Je me lève tout sec. Je retourne au fort pour le voir de jour, de même que la Ilha do Pessegueiro, qui est en face :


Des "galeries" à proximité du fort :


L'île et la côte vers le nord :


Un zoom sur la photo précédente pour apercevoir Porto Covo :


Et un zoom sur l'île :


La côte vers le sud :


Et je poursuis ma route en direction du bled imaginaire de Malpensado, que je ne traverserai pas, bien sûr.

Paysages traversés, de cette zone de l'Alentejo :




J'arrive à Vila Nova de Milfontes et je prends la direction du port. Il est bien loin, ce port : 2 voire 3 kilomètres au nord de la ville. Il s'agit du portinho (= petit port) do Ganal :


J'ai pris cette mosaïque, pour avoir une vue d'ensemble, qu'il m'était impossible de prendre en photo :


L'extrémité de la longue digue et l'entrée du portinho, avec au loin, la côte jusqu'au cabo Sardão :


La côte au nord du portinho :


Je retourne à Vila Nova de Milfontes, jusqu'au farol que voilà :

Il est particulier, celui-là. La "lumière" est dans la petite "avancée".

L'estuaire du rio Mira, depuis le farol :

Avec le vent qu'il fait, et la pluie, il n'y a qu'un seul type heureux ici, c'est celui qui fait du kitesurf, là-bas.

Vue sur la ville, depuis le farol :


Et zoom, avec le pont que je vais traverser, sur la droite :


Le rio Mira, en amont du pont :


La praia das Furnas (juste en face Vila Nova de Milfontes), où j'ai hésité à manger au resto :

(finalement : non !)

Les praias d'Almograve :




Ici aussi, un port est indiqué. Je décide d'y aller. La route est sableuse et caillouteuse.

La côte en allant vers le port :




Et au bout de quelques kilomètres, j'atteins le port. Ah, il n'est pas grand : encore un portinho :




Cette pancarte va m'apprendre qu'il y a seulement 4 petits ports sur la côte alentejane :


Ce portinho-ci, Lapa das Pombas, se situe dans une "crique" naturelle qui est juste assez grande pour respecter la largeur minimale autorisée pour l'entrée d'un port de pêche.

Bon, j'en ai donc vu 2 : il me reste à en voir 2 autres. Je retourne à Almograve et je vais vers Cavaleiro, pour atteindre le cabo Sardão. Sur cette route, tandis que je pédale sous la pluie, comme pendant une bonne partie de la journée, un camping-car me double : il est français et immatriculé dans le Calvados.

J'arrive au cabo Sardão. Il fait un vent terrible : je m'approche prudemment des falaises. Et il pleut. C'est un cabo moins impressionnant que le cabo Espichel, mais tout de même.
En voici quelques photos :








Voilà le farol :






Il fallait être motivé pour les prendre, ces photos : le vent me faisait beaucoup bouger et je devais parfois essuyer l'objectif avec du PQ, sans ça les gouttes de pluie auraient été sur les photos.
Et déjà que mon appareil-photos déconne depuis quelques jours, ça ne va pas s'arranger ainsi. Oui, parfois, les fonctions ne changent plus en tournant la molette... un message m'indique de changer la batterie, alors qu'elle est chargée à bloc... Alors, j'éteins, je rallume... je sors la batterie, je la remets... patience... patience...

Le farol de face :

(encore un qui ressemble à beaucoup d'autres, ça me déçoit)

Je vais maintenant vers Zambujeira do Mar, pas fâché de quitter ce cabo vraiment trop venté.

Et voici un autre portinho : celui de Entrada da Barca :


La côte au nord du portinho :


En poursuivant vers Zambujeira do Mar, le ciel devient tout bleu au large, en quelques minutes. Je me dis, c'est bon, je vais pouvoir enlever quelques fringues et sécher un peu, car je suis bien trempé. J'ai quand même la certitude que la veste imperméable achetée à 7 euros et quelques à Lisboa, n'est pas aussi efficace que la Gore Tex. La sueur ne s'évacue pas du tout et je suis autant mouillé à l'intérieur, qu'à l'extérieur.
J'enlève donc ma veste de pluie.
Sur cette route, quelques passerelles en bois mènent à des points de vue.

Je pense que je vois la côte sud jusqu'à la ponta da Atalaia :


Une praia parmi tant d'autres et le cabo Sardão au fond, je pense :


Zambujeira do Mar et ses praias :


A côté d'une chapelle, des vieux sont en train de discuter. Je m'approche et leur demande si le temps doit s'améliorer. L'un d'eux me dit qu'il doit y avoir de la pluie au moins jusqu'à samedi (on est mardi...) ! Mais c'est dingue, ce temps pourri !

Je descends à une praia : voici la chapelle vue d'en bas, près de la falaise :


Et là, sur le "parking" d'en face la praia, je revois le camping-car du 14. Le mec est juste en train de sortir avec son chien. Je "lui discute" un moment : ça fait du bien de parler français. Il me dit que c'est la première fois qu'il part à l'étranger avec son camping-car. Il me propose de boire un café : ce que j'accepte, pardi ! Sa femme et lui sont à la retraite depuis peu : il viennent chercher le soleil dans le sud du Portugal, sur les conseils de plusieurs de leurs amis. Et ils sont comme moi, bien déçus du temps qu'il fait. Faut dire que dans le Calvados, il neige en ce moment, alors qu'il ne neige jamais. La femme me dit : "Et bien, on vous a vu pédaler sous la pluie, vous êtes courageux...", je ne sais pas si c'est le terme approprié...
Ils me disent qu'ils ont traversé l'Espagne accompagnés d'un autre camping-car, celui du beau-frère... En effet, ils n'étaient pas rassurés de stationner seuls en Espagne, car il se dit que de nombreux camping-cars se font gazer et cambrioler en pleine nuit...
Puis, chacun d'eux devait tracer sa route, seul, à partir de "mille fontaines" (comprendre Vila Nova de Milfontes).
Ils me disent que leur GPS leur joue des tours et leur fait faire des dizaines de kilomètres en plus. Ils me parlent de Touril qu'ils n'ont pas vu, moi non plus... je leur parle de Malpensado... ils me parlent de Porto das Barcas, je leur dis qu'en fait, ça s'appelle Entrada da Barca...
Je leur dis que je vais continuer vers Carvalhal en prenant la route pavée (qu'on voit sur la photo d'avant la précédente), car un vieux m'a confirmé que ça y menait bien. Avec son camping-car, il hésite à s'y engager : il s'y avancera à pied avec son chien, au petit matin. On se dit au revoir et bonne continuation.
Je remonte vers le village pour faire des provisions et chercher un cyber : en vain. Je redescends et je repasse devant le camping-car, pour aller planter ma tente à l'abri du vent, en haut de la cote pavée.


04/02 : l'Algarve, tant de portugais m'en ont parlé :

Ce matin, c'est couvert, mais il ne pleut pas. J'avance jusqu'à la praia de Carvalhal :


Ces cotes pavées ne sont pas faciles en vélo et le reste de la route (= chemin) est bien boueuse. Est-ce que le camping-car s'y sera engagé ?

Tiens, un panneau indique "Azenha do Mar", qui n'est pas sur ma carte. Ne serait-ce pas le quatrième et dernier portinho de l'Alentejo ? Mais si :


Un vieux est en train de sculpter du bois dans sa cabane en écoutant la radio. Je vais lui demander s'il y a une route qui rejoint la nationale, j'ai pas envie de me retaper la même et devoir passer par Brejão. Il a un sacré accent du fait qu'il lui manque pas mal de dents et qu'il commence à avoir du mal à coordonner ses muscles pour articuler. Je vais comprendre seulement qu'il y a une route goudronnée sur la droite, ce qui m'intéresse.
Je m'y engage. Cette route est en travaux : je demande à des ouvriers si ça va bien à la nationale : c'est bon !

Juste avant la nationale, je traverse un petit canal, comme j'en verrai plusieurs à partir de maintenant :


Et voici qu'à la sortie du petit bled de Baïona, je vais franchir un pont au-dessus de la ribeira de Seixe pour quitter l'Alentejo et pénétrer dans l'Algarve :

Par Emmanuel Roques
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Samedi 7 février 2009 6 07 /02 /Fév /2009 21:24
17/01 : suite :

Sur la place à côté du fort, une femme vend des cacahuètes, des pistaches... Après qu'elle m'ait fait goûter la plupart des produits qu'elle vend, je lui achète finalement des fèves fraîches.

Voici les fameux rochers dont me parlaient Philippe et sa mère :


Je repars en direction de São Bernardino en me faisant confirmer par un type que le chemin que je prends et qui suit les falaises va bien m'y mener :


Je me retourne de temps en temps vers le fort et ses rochers particuliers :


Ainsi que vers Peniche :


Les deux praias (Norte puis Sul) de São Bernardino :




Peniche depuis São Bernardino :


Paysage traversé avant d'arriver à Praia de Areia Branca :


Me voilà à Praia de Areia Branca, avec le soleil en pleine face :


Sur une praia dont j'ai oublié le nom, et me voyant regarder de près mon vélo, un jeune dans sa bagnole me demande si j'ai besoin d'aide. Sympa ! Non, non, merci... ah si, pour aller à Porto de Barcas ? (je n'avais pas encore vu de panneau l'indiquant). Il m'explique la route et je le remercie. Je m'en vais et lui aussi. Et 2 km plus loin, il m'attendait pour être sûr que je tourne au bon endroit ! Très sympa !

Encore une praia dont le nom m'a échappé :


Je crois que c'était la cote la plus pentue que j'ai gravie sans pousser. La belle bagnole en bas, c'est celle d'un mec, avec sa poule blonde, qui s'était arrêté en haut de la cote avant de descendre, pour me prendre en photo en plein effort !

La côte à suivre, depuis Porto de Barcas :


Et la nuit tombe. Il y a un beau point de vue, ici. Je reviendrai demain matin pour une photo diurne.
Bon, je vais tenter de trouver un cyber. Dans le village, je demande à des vieux devant un bar. Ils me disent que même à Lourinhà (la capitale des dinosaures), il n'y en a pas. Ça m'étonne, ça m'a pourtant l'air d'une ville importante. Tant pis, j'y descends. Là-bas, on m'indique un cyber. J'y vais et c'est 3 euros de l'heure, et ce n'est pas moins cher en y passant 5 ou 6 heures. Trop cher, je retourne à Porto de Barcas après avoir demandé plusieurs fois s'il n'y en avait pas un autre. On me dit qu'il y en a un à Praia da Areia Branca : c'est bon, je vais pas faire marche arrière pour Internet.

Les vieux me voient revenir et je leur dis qu'il y en avait un, mais trop cher. Je rentre dans le bar. Il y a un match de foot à la télé : Barça contre Deportivo. Je demande une bière et un beignet à la morue, je pense.
Et but de Thierry Henry à la 27ème ! Je redemande une bière et un beignet. A la table d'à côté, des vieux jouent aux dominos : ça joue sérieux ! Et rebut de Thierry Henry à la 82ème, mais je suis parti avant.
Je retourne vers la plage et je campe dans un champ de hautes tiges ? près d'un restaurant. Je suis discret : je n'utilise pas la lampe, car la nuit est claire. Et il ne fait vraiment pas froid, bizarre : au bout du 20ème jour (la dernière fois, c'était chez Betty à Cangas), je prends alors la sage décision de me laver ! Je vais bien dormir.


18/01 : un temps de merde !

Au réveil, je m'aperçois que la nuit claire de hier soir n'a pas duré : déjà, il fait jour, et puis on n'y voit pas à 10 mètres !

Je descends à la praia de Porto de Barcas : originaux, ces rochers sculptés :


Lorsque j'arrive à une plage, je vois à peine l'océan. Ça ne va pas m'empêcher d'aller à toutes les plages, parce que je suis têtu. Même si je ne vois rien, j'apprécie quand même le relief...

Je ne ferai que très peu de photos, aujourd'hui.

Sur la praia de Porto Dinheiro, il y a un distributeur de cônes pour mettre les mégots de cigarettes :


Un terrain de pétanque près de la praia do Porto Novo, juste après le golf :


Un rocher sur la praia do Porto Novo permet de se rendre compte de la visibilité réduite :


Pour la première fois, cette grisaille épaisse ne se dissipera pas de la journée. Même dans le nord de l'Espagne, ça ne m'était pas arrivé !

C'est ce que je verrai le mieux et ce que je regarderai le plus, tout au long de cette journée :


Je vais manger mes sandwiches à l'abri de la bâche d'un resto fermé, sur une praia peu avant Praia de Santa Cruz. A Praia de Santa Cruz, je vois un cyber et je me dis que ça sera plus utile de faire du blog, avec ce sale temps. C'est toujours trop cher : je continue. Ça y est, la fermeture de ma super veste anti-pluie est cassée. J'arrive tant bien que mal à la refermer.

C'est au bord de la nationale, je ne peux pas m'empêcher de prendre la photo !


La praia de Calada, vue d'en haut :

J'y suis descendu ; d'ailleurs, mes freins dégageaient une sale odeur de brûlé.

Aujourd'hui, la plupart des plages sont en contre-bas. Il y a des descentes, puis des cotes terribles.
J'arrive à Ribamar et à la praia de São Lourenço. Tellement que j'y vois rien, je ne prends pas de photo. Le site a l'air superbe : si demain il fait plus clair, j'y retournerai. Mais ce soir, je veux atteindre Ericeira pour le blog.

La dernière praia de la journée : la praia Ribeira d'Ilhas (réputée pour la pratique du surf) :




J'arrive à Ericeira. Je repère aussitôt un endroit pour planter la tente à l'entrée de la ville sous des pins et près d'un chantier.
Je vais trouver Internet dans un videoclub. En repartant, il repleut (oui, parce qu'il a fait du crachin pendant une bonne partie de la journée). Je m'endors en espérant que le temps sera meilleur demain, car j'ai l'impression d'avoir passé une journée inutile. Je n'ai fait que pédaler : ce que j'aime le moins !


19/01 :

Au réveil, ce n'est pas le temps qui me motive. Il y a plus de visibilité que hier : c'est déjà ça. Je décide de retourner à la praia de São Lourenço.
En y arrivant et alors que je pédale sous la pluie, un 4x4 me dépasse et s'arrête. La vitre se baisse. Le gars me demande si je suis anglais (stéréotype !). Il parle un peu le français. Je n'ai pas tout compris, mais il s'occuperait de la gestion d'un parc forestier. Il est très écolo et fier d'avoir une maison autonome énergétiquement grâce au solaire, à l'éolien et à la géothermie. Il me dit que le mauvais temps devrait durer jusqu'à la fin de la semaine (super, on est lundi) et certainement jusqu'à la nouvelle lune.

Ribamar et la praia de São Lourenço (en partie inondée) :






Quel sale temps !


En découvrant ces paysages de falaises, je m'imagine que les paysages que je n'ai pas vus la veille, devaient y ressembler :


J'y crois pas : du ciel bleu sur la praia Ribeira d'Ilhas :






Ouais, OCEANO PURO - PLANETA SEGURO, c'est pas gagné quand on voit toute la "merde" que l'océan ramène sur les plages et qu'elle n'est même pas ramassée.

Vers Ericeira, c'est toujours très gris :




J'atteins Ericeira, qui était à l'époque un port très important :


Une praia de Ericeira et la côte vers le nord :


Vers le port de Ericeira :




Depuis ce côté : ciel gris :


Depuis l'autre côté : ciel bleu :




Je commence à avoir faim : j'ai envie de manger au resto. Je vais errer un moment dans les petites rues pavées de la ville (une très jolie ville, Ericeira) et je vais m'arrêter devant un snack qui m'inspire. Je vais manger une soupe de légumes à 1,30 euros, puis de la bacalhau avec des frites. J'ai garé mon vélo devant la porte sans l'attacher. Je le vois en mangeant. Deux types arrivent et je les vois intrigués par mon vélo. Juste j'allais payer, qu'ils rentrent dans le bar. Ils parlent un peu français. Ils me payent une bière et s'assoient à côté de moi pour manger. Tous les deux s'appellent Luis : c'est facile à retenir. Ils ont bossé en France comme carreleurs. Et depuis quelques années, ils sont pêcheurs (l'un des deux a été pêcheur à Cascais pendant 3 ou 4 ans) et partent en mer un mois durant sur ces énormes navires-usines. En sortant, je parle des mes problèmes de freins et je leur demande s'il y a un réparateur ici. Luis me dit que le réparateur, c'est lui ! Il me propose de réparer. Ça ne m'inspire pas : je lui dis que ça peut attendre. Je prends la route pour Carvoeira.

Voici la praia Foz do Lisandro :




En montant vers Carvoeira, une femme vend des fruits au bord de la route. Je n'ai plus d'orange : je m'arrête. Elle me fait goûter de l'orange. C'est bon ? qu'elle me demande. Ah oui, c'est bon ! Oh ! Elle vend même des percebes. Elle m'en fait goûter un. C'est bon ? qu'elle me redemande. Ah oui, c'est bon !
Et combien ça coûte, le kilo d'oranges ? 2 euros le kilo !
Ah ! Elles sont bonnes, mais non merci. La plupart du temps je les paye 80 ou 90 cents, au pire 1 euro, mais jamais plus. Je poursuis donc mon chemin.

Paysages traversés avant Carvoeira :




Retour sur la côte et vue sur Ericeira :


La praia Tartampion :


La praia originale de Samarra :




Je me dirige alors vers São João das Lampas en demandant ma route à un vieux sur sa terrasse. Il me dit que le chemin que je veux prendre n'est pas le bon. La vieille voisine qui a entendu la réponse dit le contraire. Bon, je les laisse un moment parler tous les deux. Ils me disent alors que c'est un mauvais chemin pour le vélo et qu'il vaut mieux que je fasse demi-tour pour récupérer la nationale.
Après São João das Lampas, j'atteins à peine la route de Magoito en bout de cote que le dérailleur arrière casse ! Il m'est alors impossible d'avancer en pédalant (c'est un peu tard, mais je pense aujourd´hui 10 février que j'aurais pu dériver la chaîne pour la raccourcir et ainsi me passer du dérailleur...). Je ne suis pas très loin de Sintra : je dois faire réparer là-bas. Je pousse jusqu'à un supermercado pour faire le plein d'eau et de bouffe, car on se sent toujours mieux le ventre plein. Je demande le nombre de kilomètres jusqu'à Sintra : on me dit 6 km. C'est parti : 6 km en poussant ou en faisant de la trottinette, c'est long ! J'arrive dans un bled un peu avant. Il fait déjà nuit. Je demande pour un réparateur. On m'en indique un devant lequel je passerai 2 fois sans le voir. Un type va m'amener jusque devant la porte : c'est un petit boui-boui et c'est fermé de toute façon. Ce même type me propose de me prêter des outils ; je lui dis que je suis incapable de réparer. Je poursuis jusqu'à Sintra : qu'est-ce que ça monte ! Et il pleut. J'aperçois, éclairé et perché tout en haut, le fameux château de Sintra. Au bout de la cote et devant un complexe sportif, je demande où se trouve un réparateur de vélos. On me dit qu'il n'y en a pas ici : j'hallucine. Mais on me parle d'un Décathlon à Mem Martins (direction Lisboa) qui fermerait à 21 heures. Il est un peu plus de 19 heures : c'est parti. Arrivé à Mem Martins, je croise un gars qui va dans la direction du Décat' : ça tombe bien. On va discuter un peu en chemin. Il fait un peu de moto et me dit qu'il y a souvent des rassemblements de motards du côté du cabo da Roca, car la route est très sinueuse et donc intéressante en moto.
A Décat', j'explique le problème au responsable de l'atelier de réparation en lui faisant bien comprendre que je voyage et que j'ai besoin d'une réparation rapide (il commençait à me faire son discours habituel : beaucoup de travail, la priorité de certains clients... etc... etc...).
Bon, finalement, il va y mettre du sien. Ils prennent mon vélo pour le nettoyer tellement qu'il est crade. Un dérailleur SRAM est démonté d'un vélo neuf. Il est remonté sur le mien et réglé en 2-2 avec changement du câble.
Total  : plus de 130 euros ! L'enfoiré en a bien profité : j'espère qu'avec ça, il aura eu une prime, au moins !
Enfin... 1 heure plus tard, je repars avec le vélo réparé. Je veux retourner à Magoito pour m'y réveiller demain matin.
Qu'est-ce que je vais galérer pour retrouver la route de Sintra ! Je demande à un mec, mais il avait picolé et ça ne m'a pas inspiré confiance de le suivre. Tant pis, je me débrouille tout seul. Je vais prendre une route pour automobiles interdite aux vélos, de nuit et sous la pluie. Je finis par retrouver ma route... merde voilà un bidon d'eau de la remorque qui tombe... je le ramasse et je revisse le porte-bidon. Je m'arrête en route pour manger mes sandwiches et je poursuis. J'arrive à Mogoito : il est près de minuit. Je m'arrête dans un bar pour un verre de vin rouge et je vais planter la tente sur la route de la plage, à l'abri du vent.


20/01 :

Au réveil, je poursuis jusqu'à la praia de Magoito, de laquelle j'aperçois encore Ericeira :


Il fait à peu près beau, mais quel vent ! Il me fait faire des écarts sur la route, alors, à tant que faire, je préfère rouler au milieu de ma voie, sur la chaussée.

Vers le sud :


Le joli bled de Azenhas do Mar, avec un ciel bien plus nuageux et toujours autant de vent :


Ce que je croyais être le commencement du cabo da Roca, au fond de la praia Grande, à Praia das Maçãs :


La praia Adraga :


Toutes ces praias diffèrent vraiment des grandes praias du nord du pays.

Après Colares, je commence l'ascension vers le fameux cabo da Roca.
J'ai de belles vues sur la côte parcourue :


Peu avant d'arriver en haut, voilà que je prends une averse de grêle. Il y a un abri-bus : j'en profite pour me mettre à l'abri et pour manger.

Au bout de la cote, ce panneau :


Ensuite, ça redescend. A la sortie d'un virage, j'aperçois le farol :






Un zoom sur le panneau :


Ici, malgré le vent, il y a beaucoup de touristes, notamment asiatiques (Lisboa n'est pas loin).

On voit bien la côte nord :


et la côte sud, vers le cabo Raso :


Et puis un site sans croix n'est pas un site portugais :


Après avoir passé pas mal de temps sur ce site et avoir discuté quelques instants avec un breton, je fais route vers l'Est, bien sûr !

Que ça fait du bien au mental, le soleil qui éclaire, ce bleu, ce vert !


Je m'éloigne donc du farol, le soleil est bas :


Vers la côte nord :


Dernière photo du farol :


Voici le cabo Raso, avec au premier plan, un petit bled perdu en contrebas :


Toujours le cabo Raso, avec la praia de Praia do Guincho :


Et le cabo da Roca, depuis la praia de Praia do Guincho :


Il commence à faire bien sombre : s'il fait beau, je reviendrai demain matin. Je veux maintenant atteindre Cascais, qui est à plus de 10 km.
Le long de la praia, la route est recouverte par endroits, d'une couche importante de sable. Deux voitures arrivent vite en sens opposés. L'une part en travers : je sais pas comment il n'y a pas pu y avoir un accident ! Pour passer ces zones dangereuses, j'attends qu'il n'y ait aucune voiture.
Je finis de nuit. Arrivé à Cascais, je demande à des gens où se trouve Internet. Tiens, c'est un couple de français. Ils habitent ici et passent ainsi leur retraite au Portugal. On parle du temps : ils sont dégoûtés du temps qu'il fait. D'habitude, il fait beau à cette période. Ils m'indiquent la direction d'une boulangerie et d'un bar avec Internet. Je poursuis et je redemande la direction du cyber à une belle fille. Ça tombe bien : elle y va. Elle est étudiante en arts. L'an prochain, elle veut faire une année d'études à Barcelona.
Dans le bar, je demande le tarif au patron : 4 euros de l'heure ! En lui disant que je veux y rester jusqu'à la fermeture (2 heures du mat'), il m'annonce un prix de 20 euros pour 7 heures environ. Je lui dis que je ne peux pas mettre plus de 15 euros (ça correspond à environ 2 euros de l'heure). On s'entend sur 17 euros ; ce qui reste cher, bien sûr.
A la fermeture, il pleut. Je prends la route du cabo Raso. Je suis fatigué et je m'arrête juste après la sortie de Cascais. Il y a encore plein de maisons, mais je vais me planquer derrière un buisson, au bord des falaises.
Les vagues font beaucoup de bruit en se fracassant sur les rochers. Je vais bien dormir. Maintenant si je n'entends pas la mer, le soir, j'ai l'impression que ça me manque.


21/01 : une assez belle journée malgré le vent :

Après avoir rangé mes affaires, j'aperçois un "type" qui erre dans les parages. Pour être louche, il est louche : très efféminé, travesti ? transexuel ? Un H.N.I. : Humain Non Identifié. Enfin, me trouvant certainement très peu bavard, il va vite me laisser tranquille.

Je reviens donc sur la praia de Praia do Guincho.

Et j'ai bien fait de rebrousser chemin : la vue sur le cabo da Roca est mieux que la veille :


Aujourd'hui, il y a pas mal de vent : l'écume en témoigne :


J'ai pris cette photo pour me rappeler que ces restaurants gâchent le paysage :


En allant vers le cabo Raso, on aperçoit le farol du cabo da Roca :



(hier soir, je n'ai pas vu la lumière qu'il aurait dû dégager. Ah oui, c'est vrai, il était en travaux !)

Et voici le farol du cabo Raso :




Avec le vent, les vagues sont importantes et s'éclatent contre les rochers :




Le farol da Guia :




Le farol da Guia depuis l'autre côté et le début de la ville de Cascais :


Ça ne se voit pas bien sur la photo, mais c'est à partir de là, que je vois la côte d'en face jusqu'au cabo Espichel :


Ça, c'est la Boca do Inferno :




Avec la vidéo : pas besoin d'explication :

(je vais bientôt la retourner)

Allez ! Si, une petite explication quand même : l'océan ne peut passer que par un tout petit orifice pour tenter de remplir cette grande "cavité".

Et juste après la Boca do Inferno, on peut presque confondre vagues et nuages :

(d'ailleurs, un jeune couple a voulu les prendre en photo tellement de près qu'ils ont pris une bonne douche rafraîchissante !)

Ici, le farol de Santa Marta à Cascais :




Ça tombait bien : il y avait une exposition sur les phares du Portugal. Ils défilaient un par un sur un grand écran. Et je disais à la femme : je l'ai vu... celui-là aussi... et çuilà... Et quand j'ai vu celui de Santa Marta, j'ai arrêté de regarder pour découvrir les suivants par moi-même. Son préféré à elle, c'est celui de Faro ; il est sur une île.

Plusieurs personnes m'avaient dit que Cascais était très joli. En effet, il a plusieurs belles grandes bâtisses, entre autres :




Une partie du port de plaisance et au second plan, le farol et les deux bâtisses précédentes :


Le bord de mer de Cascais, près du centre-ville :




Vers Lisboa, qu'on ne voit pas encore :

(au premier plan, les caisses pour pêcher le poulpe)

Le pavage est original : effet d'optique, on a l'impression qu'il y a des bosses :


J'ai faim. Je m'engage dans la ruelle à gauche. Je vais manger simplement, mais en quantité et pour pas très cher.

Je poursuis vers Lisboa. Ici, toutes les villes se touchent. Je ne sais plus trop dans laquelle je suis. J'emprunte au maximum les promenades, qui parfois sont interdites aux vélos suivant les périodes de l'année et les horaires. Parfois, pour faire bien, je descends du vélo et je pousse : je redeviens piéton. Mais si je vois un autochtone passer en pédalant, je remonte sur le vélo.

Les belles bâtisses se succèdent tout le long :








Là c'est sûr, je ne suis plus à Cascais :




En par là, tandis que je prends une photo, un type sort de son fourgon pour me taper la discute. Il a fait quelques trips en vélo avec un pote à lui : le tour des Açores (îles portugaises), notamment. Je lui parle des mes problèmes de freins et de réglage de dérailleur. Je lui dis que je vais vers le sud. Il me dit que je dois faire réparer maintenant, car les magasins de vélo vont se faire plus rares, ensuite. Il m'indique un magasin à un kilomètre plus loin, à Estoril.

Le magasin est tenu par 2 jeunes sympas qui font des compétitions de descente. Je leur parle de l'arnaque à Décathlon et je leur que je ne peux pas mettre trop d'argent dans la réparation. L'un d'eux règle le dérailleur arrière, puis purge les freins en maintenant les leviers avec un collier Rilsan. Pendant ce temps, il va me payer un café dans le bar d'en face. L'an dernier, il a fait une compét' à l'Alpes-d'Huez. Il discute un moment avec le patron. Il me dira en sortant qu'ils parlaient de la crise du pays et de la grande baisse de la consommation.
Voilà, les vitesses passent à merveille et les freins freinent. Ils me demandent 5 euros et me donnent 5-6 colliers en m'expliquant que, de temps en temps,  je peux laisser les freins serrés toute une nuit pour que les bulles d'air, qu'il y a dans l'huile, s'évacuent. Je les remercie et je prends leur adresse mail.

J'aperçois le fort de la ponta de Laje, sur la commune de Oeiras, je pense :


Une fois cette ponta atteinte, la vue devrait se dégager sur Lisboa.


(à droite, l'îlot de Bugio et son farol)

Avec le soleil couchant, c'était très joli :


D'ailleurs, une photographe professionnelle en profitait. Avec un méga appareil, elle devait prendre 20 photos à la seconde ! Elle m'a proposé de me prendre en photo :




Voilà que je découvre le "pont de San Francisco" :




Et la nuit tombe, je repère un endroit boueux mais tranquille au bord de la promenade pour planter la tente. Je poursuis jusqu'à la fin de la promenade aménagée et jusqu'à la ville de Paço de Arcos pour faire le plein de bouffe et trouver un cyber. Je finis de manger sur le banc d'un jardin public. Un jeune passe. Je le questionne pour un cyber. Il me dit qu'il y en a un à la gare. Il m'accompagne jusque là. Il est sympa, il fait des études d'ingénieur en mécanique à Lisboa et il a un appart´ici. C'est bien ce que j'imaginais : c'est juste une borne Internet, où l'on ne peut rien brancher... Il me propose d'aller chez lui et de me prêter son ordi. Je ne veux pas l'embêter, vu le temps que je veux y passer. Je le remercie et je retourne à l'endroit repéré pour dormir.


22/01 : sale temps :

Moi qui veux voir Lisboa avec le soleil, c'est loupé pour aujourd'hui. Tant pis, j'attendrai le beau temps : je ferai du blog.
Je replie la tente sur un sol très boueux et je pars à Lisboa. Il pleut : je ne vais donc pas faire de tourisme. J'emprunte la nationale N6 seulement. Je passe sous le "pont de San Francisco". Je vois un magasin d'informatique. Je m'arrête pour demander un cyber. On me répond qu'il y en a un au "Chiado" et que je dois encore continuer tout droit jusqu'à la gare. Je finis par voir un panneau indiquant "Chiado" à gauche. En fait, le Chiado, c'est un quartier de Lisboa ; le quartier culturel apparement. Je demanderai plusieurs fois avant de trouver ce bar dans lequel se trouve une bibliothèque à l'étage. Et il y a des ordis avec Internet et c'est de l'ordre d'un euro de l'heure : parfait !

Mais avant je vais acheter une veste pour la pluie à 7-8 euros (je ne peux plus fermer la mienne à près de 200 euros : matière superbe et fermeture de merde : ça me dégoûte). Je vais aussi acheter des pâtisseries. Je retourne à la bibliothèque pour y rester jusqu'à 19 heures : la fermeture. Il fait nuit et il bruine. Je dois parcourir entre 15 et 20 bornes pour retrouver ma place boueuse, mais tranquille. En chemin, je m'arrête pour boire une bière et manger un sandwich. La patronne parle un peu français. On me regarde bizarrement, ici. Je repars et finalement, je vais m'arrêter 2 km plus loin : Je plante la tente dans un petit bosquet au bord de la nationale. Je ne serai visible qu'avec le jour, au petit matin.


23/01 : resale temps :

Au réveil, il ne fait toujours pas beau. Cette journée va ressembler beaucoup à la précédente : ce qui m'arrive si rarement et qui ne m'enchante pas. J'ai un peu moins de kilomètres à faire.
Je vais apporter mes fringues au pressing. Elles en ont besoin, vu que la dernière personne qui m'a hebergé, c'est Betty à Cangas ! Je vais chercher un moment et je fini par trouver un 5 A SEC : c'est cher, mais tant pis. Ce sera prêt pour demain avant 13 heures, la fermeture.
Je retourne à la bibliothèque.
Avant de repartir de la bibliothèque, je regarde la météo sur Internet : le temps doit s'améliorer demain. Je demande à la bibliothéquaire comment traverser le rio Tejo (le Tage, en français). Elle m'indique 2 points de départ : Bélem et Terreiro do Paço.
Puisque demain, je reprends la route, je veux revenir au terrain boueux pour repartir de là.
Je m'arrête au même bar et je demande la même chose que la veille. Là, une femme s'approche et me parle un peu français. Elle me dit qu'elle aime bien le français mais que la conjugaison est difficile, contrairement à l'anglais, qu'elle n'aime pas. Elle veut que je corrige sa conjugaison quand elle me parle : subjonctif, conditionnel... tout y passe. Elle me dit que la veille, un type s'était interrogé à voix haute pourquoi donc je pouvais faire ce voyage tout seul, sans peur d'affronter tous ces gens étrangers... Un autre type lui a répondu que c'est quelque chose que j'étais déterminé à faire, et que, parce que j'avais l'envie, je n'ai pas hésité et que... je ne me rappelle plus les mots que cette femme a employés, mais ça m'a touché ! (hier, quand ils me regardaient bizarrement, ils parlaient de moi...)
J'atteins le bord boueux de la promenade. En plantant la tente, je chante du Bob. Je me rappelle Manu Chao qui disait : "Avec un tee-shirt de Bob Marley, tu peux te balader tranquille, en plein coeur de Harlem !". Je suis ses conseils, ça coûte rien !
Et là, 2 types noirs surgissent du virage d'à côté. Je continue comme si je ne les avais pas vus, en me disant en moi-même que ça serait bien qu'ils me laissent tranquille. Il s'en vont presque aussitôt.


24/01 :

Je décolle vers 9 heures. Il fait à peu près beau : ça fait plaisir.

Je retourne au fort de la ponta de Laje :


Et c'est reparti !

Depuis l'endroit où j'ai dormi, je distingue à peine le "pont de San Francisco" ; la visibilité n'est pas très bonne :


A partir de 10 heures, les vélos sont interdits sur la promenade : je me dépêche !

Paço de Arcos et son jet d'eau :


Je me rapproche du pont, petit à petit :


Que de forts, ici !


Beaucoup de gens courent ou font du vélo. J'en profite pour suivre un groupe de vététistes : iIs vont m'indiquer un chemin qui suit la voie ferrée et qui passe au plus près de la mer. Je vais ainsi éviter la nationale.

Voilà qu'apparaît un phare dont je n'ai jamais su le nom :




Le début de la ville de Lisboa :


La tour de contrôle du port de Lisboa :


J'atteins Belém, le quartier historique de la ville.

Le monument à la gloire des combattants d'outre-mer :


La Torre de Belém :


Le port de Belém :


Et voici le farol, le Padrão dos Descobrimentos, le Ponte 25 de Abril et le Cristo-Rei :


Oui, ça fait beaucoup de choses à la fois : c'est ça, Lisboa. Mince, je dois vite aller chercher les fringues au pressing avant que ça ferme. J'expliquerai tout ça tout à l'heure.

Parfait, tous les vêtements sont secs.
Je vais manger un sandwich sur une petite place depuis laquelle se dégagent de belles vues :




Je m'en retourne au farol de Belém :


Le monument à droite, c'est donc le Padrão dos Descobrimentos (monument des découvreurs). C'est une dalle verticale de béton de 52 mètres de haut érigée en 1960 pour commémorer le 500e anniversaire de la mort de Henri le navigateur. Cette dalle est sculptée en forme de proue d'un navire sur laquelle évoluent un groupe de statues représentant Henri le navigateur suivi des grands explorateurs.
Belém est connu comme le lieu d'où sont partis beaucoup des grands explorateurs portugais pour leurs voyages à travers le monde. En particulier, c'est l'endroit d'où est parti Vasco da Gama en route pour les Indes en 1497.
Merci Wikipédia.

Les 4 photos qui suivent montrent le fameux Pont du 25 Avril (jour de la révolution) :








Ce pont ressemble beaucoup au Golden Gate de San Francisco.

À son inauguration en 1966, le pont était le plus long pont suspendu et celui ayant la plus longue travée principale d'Europe continentale. Il avait également le plus long treillis continu et les plus profondes fondations au monde. Il était le cinquième plus long pont suspendu du monde, le plus long hors des États-Unis, et est toujours en 2008, le 19e. Les dimensions du pont sont :

     - la travée principale est de 1012,88 mètres ;

     - la longueur totale du pont est de 2277,64 mètres ;

     - le tirant d'air à l'endroit le plus élevé du tablier est de 70 mètres ;

     - les piliers culminent à 190,47 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui fait de ce pont la deuxième construction la plus haute du Portugal ;

     - le câble principal a un diamètre de 58,6 centimètres ;

     - les fondations du pilier sud plongent à 79,3 mètres de profondeur.

Sur les 3 premières photos, on peut voir le Cristo-Rei.
C'est un monument religieux représentant le Christ Rédempteur. Il est situé sur la commune d'Almada  Il a été édifié à la suite d'un vœu de l'épiscopat portugais, qui s'était réuni à Fátima le 20 avril 1940, "demandant" à Dieu d'épargner le pays de la Seconde Guerre mondiale. Le monument a été inauguré le 17 mai 1959.
Situé sur une colline haute de 109 mètres par rapport au niveau de l'Atlantique, le Christ Rédempteur, bras ouverts et tourné vers la capitale portugaise, mesure 28 mètres de haut et est placé sur un pied de 75 mètres ; ce qui en fait l'une des plus hautes constructions du pays.

J'arrive sur la Praça do Comércio :


Le Cristo-Rei et le Pont depuis la Praça do Comércio :


On m'a plusieurs fois confirmé qu'avec mon vélo, je ne pouvais ni emprunter le Pont du 25 Avril, ni le Pont Vasco da Gama. Je devrai donc traverser le Tejo avec le bateau pour m'éviter un trop grand détour.
Je veux quand même longer le Tage jusqu'au Pont Vasco da Gama.
Au bout de quelques kilomètres, un panneau indique sur la droite "Expo 98". Qu'est-ce que c'est que ça ? Je tourne. Et là, je vais découvrir un quartier futuriste !

Voici quelques photos :




Au second plan, j'aperçois le Pont Vasco da Gama :


Il est tellement long que j'ai du mal à en distinguer l'extrémité (il ne risque pas de rentrer sur une seule photo !) :


Ce pont, dont la longueur est de 17 185 mètres, est l'un des plus grands dans son genre. Le pont lui-même est un viaduc continu de 12 300 mètres de long et large de 30 m. Il reste le plus long d'Europe. Il a été conçu pour résister à un tremblement de terre 4,5 fois plus important que celui ayant eu lieu le 1 novembre 1755 (estimé à une magnitude de 8,7).

     - il peut supporter un vent atteignant 250 km/h ;

     - les fondations les plus profondes (pieux de 2,2 mètres et 1,7 mètres de diamètre) ont été enfoncées à 85 mètres en dessous du niveau de la mer ;

     - la durée de vie attendue est de 120 ans ;

     - du fait de la longueur du pont, il a été nécessaire de prendre en compte la courbure de la Terre pour placer précisément les piles (sans cela, une erreur de 80 cm serait apparue au bout du pont).

Après le Pont... fin de Lisboa :


J'en ai pris un paquet, des photos de ce Pont :


La Torre Vasco da Gama, en construction :


Encore une :


La nuit tombe, je vais faire le plein de bouffe et acheter une bouteille de vin rouge. Dans le supermarché, il y a des dégustations : j'ai goûté 3 sortes de vin nouveau et 3 sortes de chorizo. Pour le vin, je dirai à la nana que je préfère acheter du vin pas nouveau. Pour le chorizo, j'en ai quand même acheté un pied.

Je vais aussi acheter quelques cartes postales dans un kiosque en face le Centro Vasco da Gama :


Le gars qui tient le kiosque parle un peu français. Je vais en profiter pour lui demander des explications sur ce quartier si particulier. Il va me dire que l'Exposition Universelle a eu lieu à Lisboa en 1998. Il y a une Exposition  Universelle tous les 4 ans dans le monde. Pour chaque Exposition, un thème est choisi. A Lisboa, c'était le thème de l'océan. Entre autres, un grand aquarium a été construit. Depuis 1998, le quartier ne cesse de s'agrandir.
Je lui dis que je veux visiter la ville demain et je lui demande ce qu'il y a de mieux à voir, selon lui. Il m'indique l'aquarium, le Castelo de São Jorge et un jardin botanique, notamment.
Il me donne un plan de Lisboa et un plan du quartier de l'Expo, le Parque das Nações.

Dernière photo nocturne : la rua do Bojador :


Je vais camper juste après le pont Vasco da Gama, derrière une colinette.


25/01 :

Je suis réveillé par des coups de sifflet, des gens qui crient... Je sors la tête et je vois que juste à côté se déroule un entraînement de football américain.
Il y a du vent mais il fait beau malgré tous ces nuages.

En amont de Lisboa :


Le rio Trancão qui se jette dans le Tejo, à marée basse :


Et revoilà le Ponte Vasco da Gama :



(au fond, la Torre Vasco da Gama)











Ce pont est impressionnant en réalité : j'en ai pris des dizaines de clichés !

En par là, je vais me prendre une bonne averse soudaine, un très gros nuage qui passait par là. Je vais imiter les gens et me mettre à l'abri, surtout qu'elle est froide, cette pluie.

Je me rapproche de la Torre Vasco da Gama en construction :




Le dimanche, qu'est-ce qu'ils sont sportifs, ces citadins : beaucoup font du jogging.

Une belle composition : le pont, la tour et le téléphérique... et mon vélo :


J'atteins le Pavilhão Atlântico, où se déroulent désormais des concerts et divers spectacles :

Vers le Centro Vasco da Gama et ses deux tours-immeubles jumelles :


L'Oceanário de Lisboa :


Le Centro Vasco da Gama (actuellement, c'est un centre commercial) :


La Estaçao do Oriente (gare d'Orient) :


Le Centro Vasco da Gama à nouveau :


J'ai discuté un moment avec cette petite famille française qui vit depuis deux ans, ici, à Lisboa :


L'Oceanário de Lisboa de plus près :


Le Parque das Nações est tellement grand (même en vélo) qu'un petit train touristique permet de le visiter :

(on peut aussi louer des sortes de gros tricycles bizarres)

L'Alameda (=boulevard) dos Oceanos qui part du Rotunda (=rond-point) da Expo 98 :


Vu d'ici, on croirait que les haubans du pont sortent du toit du Pavilhão Atlântico et ne forment qu'une seule et même construction :


Je ne me lasse pas de prendre des photos de ces édifices (je ne les présente plus) :






L'Oceanário de Lisboa, des fois que vous ne l'auriez pas reconnu :


En bref, je ne connais rien en urbanisme ni en architecture, mais ce Parque est grandiose. Il offre de superbes espaces publics et un paysage urbain très harmonieux... On s'y sent bien !

Je m'en vais maintenant découvrir la "vraie" ville de Lisboa. Je vais pédaler jusqu'à la gare ferroviaire Santa Apolónia pour tourner à droite et pénétrer dans le quartier populaire de l'Alfama. Ce nom me rappelle la chanson "São Loucas" de La Rue Kétanou, alors je la fredonne.
Le vélo ne semble pas le meilleur moyen de transport, à Lisboa ; plusieurs personnes me l'avaient dit. Elles montent sévères, ces ruelles pavées ; la moulinette est de rigueur, ainsi que des freins qui fonctionnent bien. Et puis, en vélo, je ne peux pas emprunter les nombreux escaliers. Alors, parfois je m'arrête et je m'y engage sur quelques mètres. Une fois, en rejoingnant mon vélo, un type me dit en français qu'ici, je ne devrais pas laisser mon vélo tout seul, comme je viens de le faire ! Ça rassure !

Il vaut donc mieux visiter à pieds et/ou emprunter le tramway :


Je me dirige vers le Castelo de São Jorge, ça monte et parfois un point de vue se dégage :

Puis un autre :


On voit que le relief de la ville est assez prononcé.

Dans la dernière "ligne droite" vers le Castelo, un noir veut soit disant me donner un joli bracelet. Je lui redemande de me dire que c'est gratuit. Il me le confirme. Il me le passe autour du poignet et là, il va me sortir une histoire à dormir debout (il est africain et parle français), du style "sa grand-mère doit faire des vêtements pour ses petits-enfants... etc... etc..." bref... un truc bidon, il voulait des thunes. Je lui dis que je les garde pour mon voyage, et je continue. L'entrée du Castelo est payante : je redescends par la rua do Espirito Santo :


...jusqu'à la praça da Figuera :


C'est marrant, mais je ne suis vraiment pas fait pour la ville. Je ne me sens pas en sécurité : je reste toujours sur mes gardes. Dès que je pose le vélo pour prendre une photo, je regarde plus mon vélo que dans l'objectif.
Un type regarde ma remorque et me dit qu'il envisage d'en fabriquer une. Et il me baratine, me baratine... Desuite, je me fais un film : il a peut-être un complice qui va me piquer un truc, pendant que l'autre me distrait... Je ne peux pas m'empêcher de psychoter : ça m'énerve ! C'est sûr que si l'on ne possède rien, on a moins peur de se faire voler !
Je coupe court à la discussion et je vais sur la place d'â côté, la praça Pedro V :




Sur ma carte, il y a une grosse tâche verte qui s'appelle Parque Eduardo VII dans le quartier São Sebastião : je veux y aller. Je prends la grande avenida da Liberdade jusqu'à la praça Marquês de Pombal (autour de la statue, au fond de la photo suivante). Et je remonte la avenida Parque Eduardo VII, après avoir essuyé une bonne averse soudaine, qui m'a forcé à enfiler ma panoplie de vêtements de pluie. Le temps change vraiment vite.

Depuis le haut du Parque Eduardo VII, vers la praça Marquês de Pombal et vers le fleuve Tejo, qui ne se voit pas dans la grisaille :


L'heure tourne. Pour achever ma visite lisbonnine, je me choisis comme itinéraire, le suivant : le quartier Rato, le jardim et la basílica da Estrela (pas assez de recul pour une belle photo) dans le quartier Estrella, la Assembleia da República dans le quartier Madragoa, le quartier Bairro Alto, puis atteindre le Chiado et le quartier Baixa et revenir sur la praça do Comércio, depuis laquelle je prendrai le ferry pour traverser le Tage.

La calçada (qui veut dire rue pavée ou un truc comme ça) da Estrela, devant la Assembleia da República dans le quartier Madragoa :


Rues étroites du Chiado :
    

Je rejoins le "belvédère" où j'ai mangé le sandwich, la veille. Je vais échanger quelques mots avec un jeune brésilien qui vient de la région au nord de la plus au sud du Brésil : il s'agit certainement de l'état de Santa Catarina.
Un autre type louche et plus âgé parle un peu français. Il va me "racketer" un petit morceau de chorizo ; je suis en train de manger. Je lui dis qu'il fait vraiment un sale temps. Il me dit que ici, c'est l'été, comparé à ce qui se passe dans le nord de l'Espagne. Il y a eu des morts du côté du cabo Fisterra, qu'il me dit !
Je les laisse pour continuer ma route.

Le Cristo-Rei et le Ponte 25 de Abril, avec le soleil presque couchant :


Vers la rive gauche du Tejo et Cacilhas (là vers où je devrais naviguer tout à l'heure) :


Je descends au quartier Baixa (=bas en portugais).

Et voici l'elevador (=ascenceur) Santa Justa qui mène du quartier Baixa au Chiado :


La rua Augusta qui m'amène à la praça do Comércio :


C'est une rue très commerçante. Une femme faisait la manche en chantant du fado : elle avait une sacrée voix qui donnait des frissons. Un peu plus loin, c'étaient 2 jeunes à l'accordéon. Ils avaient 2 ou 3 tout petits chiens.

Sous les arches de droite de la praça do Comércio, que de SDF


Dernière photo du pont, avant de passer de l'autre côté :


J'entre dans la gare maritime de Terreiro do Paço. La guichetière me soutient qu'il n'y a qu'une possibilité de traverser le Tejo : d'ici vers Barreiro. Je lui dis qu'une personne m'avait aussi parlé de Cacilhas, peut-être à partir de Belém. Non !
Bon, d'accord. Mais ça ne m'arrange pas : ça va me faire entre 30 et 40 km en plus à pédaler.
J'achète donc le billet et j'embarque. La traversée est assez longue, plus de 2 fois plus longue que si j'avais pu aller à Cacilhas. Je débarque avec la nuit. Je suis le bord de l'eau en quête d'un endroit pour camper, après avoir fait le plein de pains. Il y a un coin pas mal dans l'ombre juste au bord de la route, mais l'herbe est très haute. J'hésite. Finallement, je poursuis et je m'engage dans un chemin vers un bosquet juste après une décharge de matériaux inertes. Je finis d'écrire les cartes postales et je vais passer une bonne nuit.


26/01 : une rencontre sympathique :

Je me réveille avec un superbe ciel bleu : ça motive !
Je veux retourne là où j'ai débarqué la veille.

Voici le type de ferry que j'ai emprunté :


Je ne vois pas Lisboa, je ne sais pas trop me situer. Tiens en face, ce doit être Almada : je distingue le Cristo-Rei :


Il m'a bien débarqué loin, ce foutu bateau. Je regarde ma carte et je constate que je doit parcourir au moins 37 bornes pour me retrouver à Almada. C'est parti.

C'est pas très jojo à marée basse :


Après Coina, je vais contourner de grandes zones industrielles :


Je ne vais pas trop faire de tourisme, car cette zone n'est pas trop intéressante. Je vais me retrouver à Almada en 2 heures à peine. Je veux dénicher une poste pour affranchir les cartes postales. Je croise un facteur en mobylette, je le questionne donc. Il me dit que je dois faire demi-tour. Tant pis, je continue, j'en trouverai une plus loin. Au bout d'un moment, j'aperçois un panneau "Correios". Je le suis donc et je tombe sur la poste. J'attache mon vélo, bien qu'un policier surveille à l'entrée de la poste. Après avoir posté les cartes, je dois trouver du pain. J'entre dans une pasteleria et je demande s'il n'y aurait pas du pain, dès fois que... La commerçante me dit que non, mais elle a reconnu que j'étais français et interpelle François, un habitué, français, pour qu'il m'explique où je peux trouver du pain.
Il est sympa, il me pose plein de questions sur mon trip. Je lui propose de boire un café. Il est pressé car il doit aller à la banque. Il m'indique un boui-boui pour acheter du pain. On se quitte. Je reviens avec mon pain à la pasteleria pour acheter quelques pâtisseries. J'y retrouve François ; il n'est pas allé à la banque.

Et c'est comme ça qu'on va boire un café et discuter un bon bout de temps jusqu'à près de 3 heures de l'aprèm.
Il a grandi en région parisienne et vit depuis plus de 20 ans au Portugal. Il a suivi sa nana portugaise, qui l'a lâché par la suite. Il a la quarantaine passée. Il a bossé dans la pub, après une formation en dessin industriel : il est spécialisé dans la conception en 3D papier-carton. Il est actuellement au chômage et galère à cause de son âge notamment, à retrouver un taf dans la pub. Il a plusieurs projets professionnels : notamment, des cartes-dépliants touristiques d'où surgiraient en 3D lorsqu'on les ouvre, les monuments célèbres de Lisboa. De nombreux commerçants sont intéressés, mais il n'a pas le financement pour réaliser les premiers, et les imprimeurs... ne veulent évidemment pas lui avancer la thune. Vu que moi, je bosse pas, on va vite parler d'autre chose que du travail. Et c'est là que je vais découvrir un côté très intéressant du personnage...
Suite à un pétage de boulons, il a fait une tentative de suicide... le tunnel et tout... et tout. Et à partir de là, il a remonté la pente et n'a plus vu la vie de la même façon. Il s'est dit que s'il s'en était sorti, c'est que "des forces, des énergies..." sont intervenues. Depuis, il s'intéresse beaucoup à la spiritualité, à des "choses" que l'homme ne peut pas expliquer, parce que certainement elles sont trop puissantes pour lui. Il est devenu plus religieux, au vrai sens éthymologique du terme : du latin religius, ce qui attache ou relie. Evidemment qu'il n'est d'aucune des religions auxquelles l'humain a osé donner un nom. Il a la sienne, comme moi la mienne. La religion, c'est personnel.
Pour lui, il n'y a pas de coïncidence ; il y a toujours des forces et des énergies qui sont en jeu. Je m'exprime très mal ; lui avait vraiment les bons mots pour parler de tout ça. Pendant un moment, je me demandais même s'il ne faisait pas partie d'une secte ou un truc comme ça.

Tout ce qui n'est pas rationnel l'intéresse. Il m'a parlé d'expériences de télépathie, réalisées par l'armée américaine...
Par le passé, il a eu de nombreuses expériences avec les drogues, divers champignons... Il m'a notamment décrit l'effet étrange qu'il a vécu en prenant une infusion de cigarettes Louis Legras, des cigarettes pour asthmatiques contenant de la datura, vendues à l'époque en pharmacie, puis supprimées de la vente. Il en avait pris avec un pote chez des amis. Son pote et lui ont vu la même chose : leurs amis étaient tous nus et sur leur corps, il y avait des points lumineux, qui semblaient correspondre aux points énergétiques de la médecine chinoise, ou un truc comme ça. Impressionnant, mais ça me donne pas envie d'essayer ; ils sont restés perchés pendant plus d'un jour ! Comme je lui disais, et il en convenait, de telles drogues sont certainement à l'origine de nombreuses avancées de savoirs. Il m'a parlé ensuite de chamanes..., d'une drogue ultra-puissante (voire un poison), l'ayawashka, que prennent les indiens, et qui aurait le pouvoir d'éliminer la dépendance à n'importe quelle drogue.
On a ensuite parlé de sujets plus classiques : les bienfaits et méfaits du "progrès", la politique (les dictateurs africains sont formés en France), la surpopulation mondiale...
A part ça, il connaît très bien l'Espagne, qu'il a parcourue dans sa jeunesse en long, large et travers, en auto-stop avec un pote à lui qu'il a sorti de l'alcoolisme et qui vit maintenant sa vie pépère dans un tout petit bled de la Sierra Nevada, je crois bien.
Voilà l'essentiel des souvenirs qu'il me reste de cette discussion intéressante, que j'ai eue il y a maintenant plus d'un mois !
L'heure tourne, il me propose de m'héberger, de prendre une douche, faire une machine, de l'internet... Lui qui a voyagé, connaît l'importance que ça a, de pouvoir se poser de temps en temps chez l'habitant.
Je lui dis que je préfère avancer, car j'ai déjà stagné à Lisboa pendant 4 jours et en plus, j'ai mes affaires toutes propres. Si j'avais su, c'est sûr que je n'aurais pas cramé près de 50 euros pour les laver. Dorénavant, j'attendrai de me faire héberger pour faire une machine. Je le remercie et je le quitte. Adieu François, c'était bien sympa.
C'est lui qui payera le café. Je lui dis que je veux aller à Cacilhas. Il me dit que la guichetière m'a raconté des conneries : j'aurais pu débarquer à Cacilhas. Oui, mais à ce moment là, je ne l'aurai pas rencontré ! Coïncidence ?
Il me dit qu'à Cacilhas, il y a le port et c'est un cul-de-sac : tant pis, je veux voir Lisboa depuis là-bas. Je lui montre la route que j'envisage de faire. D'après lui, je vais galérer pour suivre la côte après Fonte da Telha : camp militaire, grand détour... Bon, c'est parti !

Lisboa depuis Cacilhas :

(il y avait bien un ferry)

Je m'engage sur les vieux quais (en pensant que je devrais normalement faire demi-tour).

Et je revois le Ponte 25 de Abril :




C'est très vieux et en piteux état :


Au bout du quai, il y a la terrasse d'un bar. Je m'arrête pour poser :


Finalement, en vélo, je peux continuer à avancer.

Le quartier du port est délabré, mais il a son charme :


Un double arc-en-ciel qui part de Lisboa (le deuxième se voit très mal) :


Le plus visible rejoint l'autre rive :


Zoom sur Lisboa :


Je vais prendre un peu d'altitude : je remonte vers le Cristo-Rei (le sommet de la colline sur laquelle il se situe, culmine à 109 mètres au-dessus des eaux du Tejo).

Toujours le pont et ses piliers en béton, à droite :


C'est certainement ici que le Tage est le plus étroit, ou plutôt le moins large :


Ça y est : j'atteins le site du Cristo-Rei et sa pancarte explicative :


Depuis là, belle vue en perspective sur le Ponte 25 de Abril :


Le Cristo-Rei de profil :


Autre vue du Ponte :


Déjà là, ce bateau !

(il venait de passer sous le Ponte, il y a 6 photos de ça !)

Le Cristo-Rei de face :


Zoom sur le Cristo-Rei :


J'ai bien envie d'y monter, quelques marches ne me feront pas de mal. 4 euros. Je demande combien il y a de marches et la femme me dit en anglais "58 steps". Je suis impressionné par le 58 et je pense en moi-même qu'il s'agit d'étages, vu la hauteur. Et bien non, il y a un ascenceur qui monte presque en haut. Pour finir, on gravit ces 58 marches et on se retrouve seulement aux pieds du Cristo-Rei, même pas sur la tête : je suis déçu.

Les narines du Cristo-Rei :


Une dernière du Ponte :


Vers l'océan (que je n'ai pas vu depuis longtemps, maintenant) :


On domine bien Lisboa :


Lisboa et un bout d'Almada :


Almada et vers Barreiro, où j'ai débarqué la veille :


A droite de la photo précédente :


Vers l'ouest, vers là où je vais me diriger tout à l'heure :


J'ai fait le tour, je redescends. Mon vélo est toujours là, c'est bien. Je prends la direction de Caparica.

Sur la droite, il est indiqué un petit port : j'y descends.

Une petite fille est à côté de son père, qui pêche. Pas timide, elle s'approche et commence à me tchatcher. Malheureusement, je comprends rien. Elle veut que j'y prête mon appareil-photo. Não, que je lui dis.
Elle veut que je prenne une photo vers là-bas : je m'exécute :


Ici, je suis pile en face Belém. On voit le Padrão dos Descobrimentos, au milieu :


En remontant, un petit atelier de mécanique est ouvert. Je m'arrête pour lui demander en mimant, si l'on ne peut pas me vendre une dizaine de colliers Rilsan (pour mes freins). On va mettre du temps à se comprendre. Puis, il m'en ramène et me les donne. Je le remercie.

La nuit est tombée : je doit trouver un coin pour camper. Je m'engage dans un chemin qui mène à une station d'électricité. Je ne peux pas rester sur le chemin. Je fais passer le vélo, puis la remorque, au-dessus de la clôture. Je plante la tente au pied d'un gros pylône électrique. Je serre les freins avec les colliers Rilsan.
Il fait super bon. Je vais manger avec la porte ouverte. Je vais me laver tranquillement sans avoir la chair de poule.

Je regarde mon compteur. A la fin de l'étape du 26/01 reliant mon lieu de campement de la veille à mon lieu de campement d'aujourd´hui, j'ai parcouru au total les 5000 kilomètres :



27/01 :

J'enlève les colliers Rilsan : ça m'a l'air d'avoir encore été efficace.

J'avance jusqu'à Trafaria. Le Ponte s'éloigne :




Et je poursuis jusqu'à un petit bled aux rues bien sableuses "Cova Do Vapor", à l'embouchure du Tejo.

En voici la digue, avec derrière, certainement Paço de Arcos et Oeiras :


Le terminal céréalier de Trafaria, avec Lisboa, derrière :


Voici l'embouchure du Tage :


Et voici, de l'autre côté de la digue, l'océan, bien plus agité :


L'îlot de Bugio et son farol :


A São João, un type s'engage en courant dans un petit sentier. Je lui demande si je peux aller par là, à Costa da Caparica. Il me dit qu'en vélo, ce n'est pas la meilleure façon d'y aller. Tant pis, je ne veux pas faire demi-tour.
Le passage délicat n'était qu'à la fin, une forte pente à côté d'un escalier, pour atteindre la promenade. Un type qui descend l'escalier, se propose de m'aider. Il a dû le regretter, après. On poussait le vélo (et la remorque) chacun d'un côté, mais, de mon côté, je n'avais pas de bonnes prises, je glissais. Il l'a presque poussé tout seul !
Si j'avais été seul, j'aurai dételé et porté la remorque, puis le vélo, en montant l'escalier.

La praia da Caparica, à Costa da Caparica :


Tout le bord de mer de cette ville est en travaux. Je ne sais pas si tout doit être fini pour la saison touristique, mais il y a du pain sur la planche !

Vers la rive droite du Tejo :


Vers le cabo Espichel :


Je quitte Costa da Caparica, direction Fonte da Telha. Ça m'a l'air d´être le désert, par là-bas : cul-de-sac et très peu de bleds, sur ma carte. Tout le long du début de cette route, un panneau indique une praia tous les 500 mètres sur la droite. Chacune à un nom, mais c'est en fait la même plage : il n'y a que le restaurant qui change... de nom... celui de la praia... ou plutôt c'est le retaurant qui a donné son nom à la praia...

Depuis l'une d'elles, la rive droite du Tage et, à droite, les immeubles de Costa da Caparica :


Et puis pour aller à chaque praia, je dois traverser une voie ferrée qui ne doit plus fonctionner, vu son état et la quantité de sable qui la recouvre. Je vais essayer de l'emprunter jusqu'au prochain resto (fermé et en travaux, comme la plupart) :


Je suis obligé de pousser : j'abandonnerai cette idée par la suite.

Tiens, la route ne suit plus la côte et elle monte.

Voici le cabo Espichel, que je pense atteindre ce soir :


Ce à quoi ressemble le littoral :


Je vais m'arrêter pour manger mes sandwiches à une aire de repos très agréable : il fait bon et il y a des tables.

J'arrive à Fonte da Telha :




Ce bled de bord de mer est vraiment comme j'imaginais les bleds portugais de la côte : des rues sableuses (non goudronnées), des maisons implantées un peu n'importe comment...
Je descends au village et je vais le parcourir, d'abord vers le nord, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de maison :


Gare de Fonte da Telha : terminus, tout le monde descend :


La seule rue pavée de la ville :


Puis vers le sud :


Là, il y a un bar : un jeune couple boit un coup en terrasse. Je leur demande si je peux aller au cabo Espichel, par un chemin qui suivrait la côte au plus près, en leur montrant que sur ma carte, il n'y en a pas. Le mec n'arrive pas à aligner 3 mots d'anglais. Il me dit que je peux y aller par la plage : oui, mais avec la bicyclette, je ne veux pas le tenter. Il me fait comprendre en portugais qu'en remontant sur la route principale, et tournant à droite, puis en allant tout droit, je peux y arriver. Bon, soit !

Je repars par la piste sableuse. Toutes les rues de ce bled sont graves défoncées : des nids de poule énormes ; je plains les voitures neuves. Et qu'est-ce qu'il y a comme groupes de chiens en liberté. Ils m'aboient et me courent après, à 4 ou 5 : je ne suis pas des plus rassuré, mais je me force à tenter de les ignorer.

Dernière photo du bled en remontant :


Qu'est-ce que j'ai chaud : pour la première fois, j'enlève la veste et je la cale entre les lanières du sac à dos.
J'arrive à un croisement sans panneau : je prends à droite, bien sûr. Et au bout de quelques kilomètres, j'arrive au camp militaire, dont m'avait parlé François : demi-tour. Et je prends l'autre direction qui me mène vers un golf et un bled qui n'est pas sur ma carte. Une très longue ligne droite se profile devant moi.
Dans ma tête, je pense trouver sur la droite une route pour Apostiça. Il y a un embranchement pour un autre bled. Un type est là : je le questionne. Il n'est pas d'ici. Il me dit que je peux demander à une station-service au bout de la ligne droite.
Je pédale 2-3 kilomètres jusqu'à la fameuse station. La nana est sûre d'elle : je dois faire demi-tour et, au bout de la ligne droite, il y a un embranchement pour Apostiça. Je lui précise bien que j'en viens et que je n'ai pas vu de panneau. Sim ! Sim! Bon... avant le golf ? Sim, Sim ! Et c'est reparti ! A toutes les intersections, je m'arrête et je regarde avec attention. J'arrive presqu'au bout, je m'inquiète.
Une femme attend le bus : je lui demande. Elle me dit que c'est l'embranchement que je viens de passer. Je m'y engage et j'arrive à une barrière : c'est une très grande zone résidentielle privée, avec le golf à l'intérieur, je suppose. Je demande au vigile la route pour Apostiça, en lui répétant les indications que l'on m'a données à la station-service. Il parle à peine anglais et en plus, il ne me paraît pas très fut'-fut'. Il me dit qu'il n'y a pas de route pour Apostiça et que je dois revenir à Almada pour prendre la bonne route ! Il va m'énerver celui-là, il n'a qu'à me refaire traverser le Tage, tant qu'il y est !
Je lui montre ma carte. Il me dit qu'il en a une plus détaillée dans sa bagnole. Sur sa carte, bien qu'elle soit en 3D et pas à l'échelle, on voit bien l'emprise du camp militaire de l'O.N.U.. Je dois retourner à la station-service, puis rejoindre la N378 et passer par Fernão Ferro.
Je le remercie quand même et c'est parti ! Mais avant, je vais jusqu'au bout de la ligne droite pour m'assurer qu'il n'y a pas de chemin. Non, il n'y en a pas : cap à Fernão Ferro !

Voilà, enfin, l'embranchement pour Apostiça et Alfarim : ça fait plaisir !
Surtout que chaque fois que je demandais la route pour Apostiça : les gens ne comprenaient pas. Alors, j'essayais de prononcer ce nom de toutes les façons possibles et imaginables et au bout d'un moment, ils me répétaient : "Ah ! Apostiça !". Ben oui, que je leur disais, persuadé de l'avoir prononcé de cette manière, au moins une fois. Il devait manquer l'intonation... Ce problème de prononciation du nom des villes me suivra tout au long du Portugal.

Quoi, c'est ça Apostiça ! Une sorte de ferme au bord du camp militaire, et dont l'entrée est interdite : Michelin pourrait supprimer ce foutu nom de sa carte !

Je découvre le début de la lagoa (=lagune) de Albufeira :




Je m'engage sur un chemin, vers la lagune. En voici quelques photos :




Dommage que le temps soit si couvert.
Au bout du chemin, je demande si je ne peux pas rejoindre Corva par un sentier en suivant la côte. Corva ? Il est pourtant bien d'ici, le gars, mais il ne connaît pas ce bled. Il demande à son collègue : pareil ! Merci Michelin.
Et est-ce que je peux rejoindre Alfarim ? Oui, mais c'est que du sable. Bon, tant pis.

Le soleil se couche :


Je vais boire un verre de vin au resto qu'il y a là. Je demande aussi la carte : c'est trop cher, et puis j'ai de quoi manger dans mon sac. Devinez quoi... un bon sandwich chorizo-fromage ! Je demande au patron de me remplir les bidons d'eau : il me dit que l'eau n'est pas bonne, à cause du poisson... je sais pas quoi. Merde ! J'étais rentré exprès pour ça.

La nuit tombe : je plante la tente en par là, en contrebas de la chaussée :


Il y a des panneaux interdisant de camper : c'est une réserve naturelle. Je n'ai pas le droit, mais je prends le gauche. Quand je vois comme c'est sale parterre, je me dis que de planter ma tente ici, ça n'aura pas un gros impact sur la nature.

Et le jeune de Fonte da Telha qui me disait que je pouvais aller par la plage. Je ne sais pas comment j'aurais pu traverser ici ; à marée basse, peut-être :


Par Emmanuel Roques
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Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /Jan /2009 00:21

Je dis au patron du resto, qui parle un peu français que je voudrais un menu du jour pas très cher à 10-12 euros maxi. Il me dit qu'il n'a que la carte, mais que l'on peut s'arranger... Je vais manger une bonne morue préparée je ne sais plus comment à 13,50 (ah oui, avec comme un peu de farci dessus...). Et je prendrai un café. Il m'offrira le pain, un peu de beurre et de crème à tartiner et 2 pommes qu'il n'aurait pas osé me faire payer, m'enfin !!
Il a fait les vendanges du côté de Bordeaux.
Il me dira qu'il y a bien un ferry depuis São Jacinto vers Aveiro, mais qu'il ne sait pas jusqu'à quelle heure. La serveuse pense que le dernier est à 18 heures. Il va bien m'expliquer la route jusqu'à São Jacinto (plusieurs fois, pour me faire attendre la morue !) (je suis seul dans le resto) et il me dira que c'est bien d'arriver à Aveiro avec le bateau. Je lui dis qu'à propos de Aveiro, un espagnol m'avait dit que c'était la Venise portugaise. Pour lui, c'est évidemment exagéré, mais c'est tout de même très joli et le ria de Aveiro est très sauvage. De plus, par la route que je vais emprunter, à droite, j'ai l'océan et à gauche, j'ai le ria de Aveiro, c'est à dire la lagune.

Je m'en vais : c'est qu'il m'a mis l'eau à la bouche, à sa façon de vanter les mérites de sa région !

Il est déjà 4 heures moins le quart : ça va être tendu pour arriver à 18 heures à São Jacinto ! J'ai au moins 42 kilomètres à faire, d'après ma carte.

Jusqu'à Furadouro, je vais traverser une forêt de pins sur près de 16 km : ce sont les dunas de Ovar. Tiens, de temps en temps, au bord de la route, il y a un van, avec parfois une ou deux femmes qui attendent à l'extérieur. Bizarre, vous avez dit bizarre !
Je vais, pour une fois, me battre un peu contre la montre et je vais faire une bonne moyenne de 24-25 à l'heure !

Ah ! je commence à voir le ria de Aveiro, à ma gauche donc :




J'aperçois aussi les premières embarcations étranges et bien décorées de cette région :




Depuis la route, je vois bien la lagune tout le long, mais je n'aperçois jamais l'océan. Je prends donc la direction des praias indiquées pour le voir. Sur une plage, j'ai un petit creux et je veux manger le dernier bon croissanch fourré qu'il me reste. Et merde, je le tombe dans le sable. En plus, avec le croissant qui pègue, je le ramasse bien recouvert de sable. Je suis dégoûté. Tant pis, je vais enlever le plus gros en grattant avec le couteau et je vais le manger quand même ! Il est différent du premier : il craque sous la dent !

Voici le ria de Aveiro depuis le milieu d'un pont qui le traverse aux environs de Quintas do Norte :




De l'autre côté, le soleil se couche, il est un peu plus de 17 heures et j'ai encore 17 bornes à parcourir jusqu'à São Jacinto :


Le pont dont je parlais et que je n'emprunterai pas :


La lagune au crépuscule :


La praia de Torreira :


Sur cette plage, un grand mât porte des pancartes indiquant la "direction" de plages et de stations balnéaires célèbres :
         

Sur la deuxième photo, ça ne se voit pas très bien, mais vers le ciel, ce sont Saint-Tropez et Monaco !

Que de couleurs dans ce petit port :


Enfin, j'arrive à São Jacinto. Bon, il est 18h15, aïe ! Vite, direction le port !
A la sortie d'un bar, deux gars discutent. Je les interrompt pour leur demander s'il y a encore un bateau. Oui, qu'ils me disent, il est là dans 20 minutes environ et je paye sur le bateau. Ouf !
Ils vont me poser quelques questions. Quand je leur dis que je suis la côte jusqu'à Barcelona, l'un des deux commence à raconter une de ses histoires avec un type d'origine tzigane qui voulait lui voler je ne sais pas quoi ; c'était à Barcelone, justement. Il me dit de faire attention. En tous cas, à sa façon d'en parler, il n'avait pas l'air de trop les aimer les tziganes !

Le bateau arrive. J'embarque, pensant débarquer tranquillement dans le centre de Aveiro. T'as raison, ouais ! A peine dix minutes après, on est déjà arrivé à leur destination : juste de l'autre côté du canal de Ovar, au bout d'un grand port ! Je ne m'attendais pas à ça ! Bon, et c'est par où Aveiro, maintenant ?

Je pédale sur l'accotement d'une 2X2 voies. Je vois des lumières un peu partout, mais où est Aveiro : ?. Puis, il apparaît un grand pont sur ma droite et un panneau "A 25 - Aveiro" qui indique vers la droite. Bon, je ne vais pas prendre l'autoroute quand même. Allez, je prends le pont : c'est bien, il y a une piste cyclable. Je pédale pendant plusieurs kilomètres et je vois des lumières qui s'éloignent petit à petit et je me pose des questions ! Je vois un panneau indiquant la direction de "Gafanha da Boa Hora" : autant jusqu'à présent je doutais, autant maintenant je suis sûr de mettre le cap plein sud et de m'éloigner de Aveiro. Bon, c'est bien, je sais où je suis sur ma carte. Je fais demi-tour. En route, j'ai trop faim et je fais le plein au supermercado qui est en train de fermer, il est près de 20 heures. Je retraverse le pont et j'arrive à prendre une route, que je ne pouvais pas voir tout à l'heure, direction Ilhavo. Tout en pédalant dans la nuit, fatigué, je songe à ces rêves à la con qui te font passer par New York pour aller de Toulouse à Paris, et que t'as beau réfléchir à la raison et te prendre la tête, tu n'arrives pas à comprendre, normal, c'est un rêve. Bon, faudrait pas que le rêve devienne un cauchemar !
Après quelques kilomètres, rebelote, un panneau indique "A 25 - Aveiro" et un autre indique que c'est interdit aux vélos. Là, j'en ai marre : tant pis, j'y vais. Et j'ai bien fait : la logique portugaise est particulière. En fait, l'interdiction ne concerne que l'autoroute ; ce n'est pas à partir du panneau. Au prochain rond-point, je trouve une cyclable et je traverse un autre grand pont. Il est près de 21 heures et j'arrive enfin à Aveiro, fatigué, après plus de 130 km : ma plus grosse journée, je pense.

Bon, c'est beau :


Je trouve un cyber café. Qu'est-ce qu'il pèle dans ce bar. Le ressort de la porte d'entrée est mort ou inexistant : chaque fois ou presque que quelqu'un rentre ou sort, la porte reste entr'ouverte. Je vais me lever une paire de fois pour la fermer. J'en ai marre et je m'en fous, j'ai l'équipement. Je remets la veste, les gants en soie et la cagoule ! Autour de moi, il doivent se dire : celui-là, il en tient une couche.Et le pire, c'est qu'on voit tout juste les touches pour écrire, tellement il fait sombre. Pour brancher l'USB et le casque, c'est galère. Mais non, facile, j'ai ma lampe magnétique. Je secoue et hop, comme au premier jour, la lumière fut. C'était toute une expédition, ce bar !
Il est deux heures, ça ferme. Un des serveurs parle un peu français : j'en profite pour lui demander la route jusqu'à Gafanha de Nazaré, près de là où m'a déposé le ferry et pour me lever à l'endroit où je veux, demain matin. Je lui explique ma galère pour en venir ; je n'en veux pas autant pour y retourner. Il me dit : "c'est simple !". Il me nargue, là !?! Je prends la rue devant, tout droit jusqu'au rond-point, puis au rond-point, je vois autoroute : "Tu prends !" puis
à droite et il y a un panneau "Gafanha...". Bon, allez, c'est parti ! Tout droit, je sais faire... Au rond-point, je prends autoroute (il y a le panneau "interdit aux vélos"), je sais faire... Puis un autre rond-point, au droite il n'y a pas marqué "Gafanha...", seulement école de voile ou de surf, je sais plus et zone portuaire... J'hésite... Tant pis, je prends tout droit autouroute... Ah ben voilà à force d'insister, j'y suis sur l'autoroute | Je vais pédaler sur la droite de la bande d'arrêt d'urgence pendant près de 2-3 km. Et je vais voir à ma droite la route que j'aurais dû prendre et qui suit l'autoroute (je ne peux pas y aller, la clôture est trop haute). Il est près de deux heures et demi du mat' : il n'y a que très peu de circulation. Mais sur les quatre ou cinq voitures qui m'ont doublé, il y en avait quand même une de police ! Ils ont ralenti un peu, mais ils ont filé droit ! Ce n'est peut-être pas leur mission, au Portugal, à la police !
Je prends la première sortie : "Gafanha de Nazaré". Ah ! Ça fait plaisir !
Après quelques bornes dans une zone portuaire, je prends un chemin sur la droite. C'est un cul-de-sac : tant pis, je dors là, c'est peinard !
Voilà la tente debout, parterre. Une bonne chose de faite et que je fais maintenant très rapidement. Boa noite !
Ça sent le gaz, ici ! Ah non, c'est moi !


08/01 :

Ah ! Il me semblait bien que ça sentait le gaz, ici :


Tiens, j'ai dormi juste en face Aveiro :


Autant, hier, je ne savais pas encore si, aujourd'hui, je faisais le grand tour du ria de Aveiro ou seulement une petite virée diurne à Aveiro. Mais, vu l'heure tardive qu'il est, près de midi, je prends la deuxième option.

Je refais donc le chemin de hier soir, mais en évitant l'autoroute !

Voilà donc la Venise portugaise en image :












Voilà, vous les avez tous là, les canaux !

Après avoir bu un petit café au soleil, je retourne vers l'océan.

Que de chantiers en construction : un pont, l'agrandissement d'un port...




Me revoilà où m'a déposé le ferry, la veille. Il repart vers São Jacinto :


"L'embouchure du ria" de Aveiro, avec le farol de Praia da Barra :


Ici, ils aiment bien le vert et le rouge :


Le premier pont que j'ai traversé hier :


Je m'assois ici pour manger :


Encore un canal :


Je franchis le pont pour la troisième et dernière fois :


Depuis le pont : Praia da Barra, avec Gafanha de Nazaré au fond à droite :


Le même pont depuis l'autre côté :






Le farol de Praia da Barra :


Le farol, depuis l'extrémité de la digue :



(La petite affiche, en bas à gauche, c'est un texte religieux. Il y en a affichés partout, ici.)

De la praia de Praia da Barra à gauche vers Praia da Vagueira environ au fond à droite :
 

Le début ou plutôt la fin du ria da Costa Nova depuis le grand pont :






Et je prends la route vers le sud, celle qui longe le ria da Costa Nova, celle que j'ai empruntée la veille en pensant ainsi me rendre à Aveiro.

Sous tous les angles, il me plaît, ce pont :


Et je m'éloigne donc de Praia da Barra :


Une église, ou plusieurs, à Costa Nova :


Et je m'éloigne du pont :


Le soleil s'est couché.

Le ria da Costa Nova :


Et, de l'autre côté de la route, un peu plus loin, la praia de Praia da Vagueira, qui sera mon étape du jour :


Je demande dans un bar, s'il y a Internet. Le type m'envoie vers Gafanha da Boa Hora, de l'autre côté d'un pont.
En chemin, je m'arrête dans un mini mercado pour acheter du chorizo et du fromage. Le cyber indiqué n'est qu'une librairie qui ferme à 19 heures. Mais là, on me dit que de l'autre côté du pont, il y en a un, c'est un video club.
Il faut comprendre que de l'autre côté du pont, c'est là où j'étais. Je m'arrête dans une pastelaria et je craque sur du bon nougat. Je finis par trouver le video club : 1 euro de l'heure et fermeture à minuit : impeccable !

En sortant, qu'est-ce qu'il pèle ! Je vais camper juste en face dans un champ derrière un buisson.


09/01 :

Tiens, le ciel est bien nuageux aujourd'hui, mais j'ai espoir : le ciel est tout bleu vers le sud.

Voici, à ma gauche, entre la route et l'océan, des champs de culture bien sableux :






Environ à mi-distance entre Gafanha da Boa Hora et Barra de Mira, le ria da Costa Nova prend fin, ou commence :




Je m'arrête déjeuner dans une pastelaria à Barra de Mira. Je n'aurais pas dû accepter qu'elle me fasse chauffer le gâteau aux fruits confits : pas terrible !

Au bord de la route, de vieilles femmes vendent leur production, ici des batatas ("patates") :


A partir de Praia de Mira, je vais pédaler pendant plus de 30 kilomètres sur une route toute droite et bien défoncée, à travers les Dunas de Cantanhede et de Quiaios, de grandes forêts de pins :


Et pendant ces trente bornes, je ne vais pas croiser grand monde, si ce n'est des gens qui font leur stock de bois : oui, pour aller à Figuera da Foz, il y a une nationale qui est à 4 ou 5 km plus loin dans les terres et qui est parallèle.

Ce n'est pas une mosaïque, c'est le "revêtement de la chaussée" :


Même les panneaux sont d'origine !
         

Et que c'est sale. Là, c'est sûr, on est au Portugal !


Tiens, ça me fait penser aux incendies qui ont bien ravagé les forêts portugaises, il y a peu d'années :


D'ailleurs, voilà un miradouro. Il tombe à pic, je vais m'assurer d'aucun départ de fumée dans la direction dans laquelle je vais :


Rien à gauche, d'où je viens :


Rien en face, jusqu'à l'océan :


Et rien à droite, vers le cabo Mondego : je peux foncer !


Un autre paysage typique traversé :


Au bout de 16 bornes et à mi-chemin de la route défoncée qui se poursuit en face, je tourne le guidon ! Et même que je le tourne à droite vers Praia da Tocha, que voilà :


Avec un joli ciel, sur le cabo Mondego :


En revenant de Praia da Tocha, il m'a plu, ce panneau préventif. Au moins, on sait à quoi s'attendre : c'est clair :

(cette route sépare les Dunas de Cantanhede, à gauche, des Dunas de Quiaios, à droite)

Je reprends la route rectiligne défoncée jusqu'à la fin du parc national des dunes de Quiaios :


Voilà un panneau original, "sculpté" sur le mur d'une maison privée :


Sur ce petit kilomètre qui me sépare de Quiaios, je vais faire la course avec un jeune en vélo sans remorque : il va gagner !

Je vou-lais plan-ter... un o-ranger...


Et que d'orangers fort bien garnis, dans ce village de Quiaios !


Je prends la route de Praia de Quiaios, que j'atteins rapidement, car ça descend. Mais il commence à faire nuit. Je suis au pied du cabo Mondego, mon premier cabo portugais : c'est que je voudrais le voir en plein jour quand même ! Je passe devant un snack-bar. Je m'arrête dans le but de faire le plein d'eau. Je commande une Sagréch. Ah ! Le patron parle français, car il l'a appris à l'école, et sûrement qu'il le pratique assez souvent avec les touristes. Il y a aussi un vieux couple devant une bouteille de vin. Ils sont allemands, mais passent leur retraite au Portugal, notamment pour les avantages du climat. Le mari, très sympa, parle aussi un peu français. Il était chauffeur de poids-lourds à travers l'Europe entière, mais très souvent en France. Tous les trois me posent beaucoup de questions sur mon voyage. Le patron est sympa bien que très "commerçant". Il a un sacré rire ! Il y a longtemps que je n'ai pas parlé français : j'en profite pour lui poser des questions sur le Portugal et les Portugais. Et voilà la jeune fille du patron qui arrive avec la petite-fille. La petite vient de l'école, je pense. Elle doit avoir 4 ou 5 ans. Sa mère lui fait réciter de l'anglais, en lui montrant des objets, dont elle doit dire le nom en anglais. A son âge, elle en savait déjà beaucoup, je trouve !
Je vais prendre une autre bière. Je suis bien ici : je demande si je peux manger quelque chose. Il me traduit la carte. Je commande une sole avec des frites et du riz. Les allemands s'en vont. La fille et la petite-fille s'en vont également, après que j'assiste à une scène de corrida au moment de mettre la veste rouge de la petite.
Je vais goûter son vin blanc à la pression et je m'assois. Il est moins de 19 heures et me voilà servi. C'est rien d'extraordinaire : c'est un snack, quoi. D'ailleurs ici, il y a beaucoup de snack-restaurantes, desquels je serai méfiant dorénavant. Puis, dessert, café, bon dijo. Et puis je vais y aller. Le patron semblait de moins en moins ravi de discuter avec moi : je suis parti avec la mauvaise impression qu'il avait fait seulement très bien son boulot, de me retenir pour manger. Il est vrai que je venais juste pour boire une bière, faire le plein d'eau et repartir. Enfin, j'ai quand même passé un très bon moment avant le repas.

Je ne vais pas aller loin pour camper : simplement dans les dunes avant la plage.

La tente n'est pas encore montée, j'ai la flemme. J'ai refermé le sac de la remorque : il bruine :


Ça y est, elle est montée. Je n'ai pas trop envie de me coucher de suite : il n'est même pas 20 heures.
Je vais faire un tour sur la plage. Je vais chanter une chanson pour les sirènes, même plusieurs et je vais écrire en trop gros pour la photo "BOB MARLEY" dans le sable avec ma super lampe (dans le "O") :


Je vais faire une bonne longue nuit bien qu'en 2 ou 3 fois même, je crois.


10/01 : une très belle journée avec enfin un peu de relief :

À peine sorti de la tente, le cabo Mondego :




Bon, là-haut il y a des maisons, il y a donc une route ou au moins un chemin. La veille, j'ai demandé au patron du snack s'il y avait une route pour Figuera da Foz et qui suit la côte, pour éviter de repasser par Quiaios. Il m'a dit que c'est un chemin et que c'est possible avec une moto, mais avec un vélo... Bon, j'ai quand même envie d'aller voir.

Plus je monte sur ce début de route à 14 % (d'après un panneau), plus la vue se dégage sur la grande praia de Praia de Quiaios :






Le Portugal dans toute sa splendeur : une longue plage à perte de vue !

La route se transforme vite en chemin. J'arrête une voiture pour demander si ça va bien à Figueira da Foz, par là. La dame me dit que oui. Si les voitures passent, moi, en vélo, je n'aurai pas de problème.

A la sortie d'un virage, le farol du cabo Mondego apparaît :


J'y crois pas : le seul cabo qu'ils ont, ils en font une carrière !




La côte devient un peu rocheuse et les vagues s'y fracassent :




Face à la mer !


Je vais prendre un peu plus d'altitude, j'en profite, et je tourne à gauche vers Boa Viagem, car il est indiqué un point de vue sur ma carte, dirigé vers Figueira da Foz :



(les arbres gênent un peu, mais c'est pas mal quand même)

Paysages du cabo, vus d'en haut :




Et je redescends sur Figueira da Foz :






La plage est très bien aménagée :


J'ai faim et je n'ai plus grand chose dans mon sac. Je demande une padaria et on m'indique le mercado municipal. C'est un grand marché dans une halle. Je vais y acheter des petits pains, des pâtisseries, des oranges et des bananes de Madeira (oui, je consomme portugais !). Je vais m'installer au soleil, sur le muret de la promenade (il n'y a pas de banc).

Je repars direction le port et je passe devant le farol de la ville :


Et j'aperçois au fond du port, un superbe pont. Je regarde ma carte : oui, c'est bien celui-là que je vais prendre, c'est une nationale :










Je vais galérer un peu pour y accéder, toujours avec ce problème de panneaux d'autoroute.
Ça y est : j'y suis. Je vais franchir le rio Mondego, à près de 40 mètres au-dessus de ses eaux.

Il y a vraiment de belles vues d'ici. En voici quelques unes :

Un porte-conteneurs se fait charger dans le port de Figueira da Foz :


Le rio Mondego se jette dans l'océan :


Vue en amont du pont :


Ma machine est bien petite à côté du géant pylône qui culmine à près de 85 mètres au-dessus des eaux du fleuve :


Toujours Figueira da Foz rive droite, ainsi que le début de Gaia, rive gauche :


Je suis enfin de l'autre côté :




Figueira da Foz, sa digue, sa praia et le cabo Mondego au fond à gauche :


La côte à suivre, avec 2 usines au loin ; on en voit la fumée s'échapper :


Le premier que je vois, de ces nombreux panneaux :

L'incendie semble être une préoccupation première, ici.

Ça m'aurait fait marrer d'y voir un vélo, à la place de la mob' :


Et je m'éloigne de Figuera da Foz ; ici, depuis la praia de Costa de Lavos :


Encore plus loin ; ici, depuis la praia de Leirosa :


Un magnifique coucher de soleil industriel :


Un autre plus naturel, sur la praia de Leirosa :


Bon, je m'en retourne sur la nationale N109 et je vais reprendre à droite un peu plus loin, juste après Marinha das Ondas, en quête d'un lieu de camping sauvage. Les panneaux indiquent des bleds qui ne sont pas sur ma carte. Il faut dire que ma carte est un peu vierge dans cette zone qui s'appelle "Pinhal do Urso" : la pinède de Urso, je me doute.
Je prends des petites routes en direction d'une praia qui se nomme "Osso da Baleia" et je m'arrête dans un petit troquet. Je demande une bière et une pâtisserie. Un type, accoudé au bar, remarque aussitôt mon accent sudiste. Et l'on va taper la discute pendant près d'une heure. Il est né en France, y a passé près de 40 ans en région parisienne. Et il vient de divorcer d'avec une française. Pour tourner la page, il a voulu revenir chez ses parents au Portugal. Il m'a tout raconté en détail : sa femme, ses gosses... le divorce. Bon, je l'ai écouté. Tiens qu'est-ce que tu bois ? Une eau-de-vie maison à base de raisin blanc (j'ai oublié le nom portugais) ! Allez, je veux pareil ! C'est fort, mais c'est bon.
Je lui ai posé quelques questions sur le Portugal, mais bon, ce n'est pas un pur portugais ! D'ailleurs, il avait l'accent français quand il parlait portugais. Et puis, il était plus intéressé par l'alcool et par les femmes ! Tiens, d'ailleurs, c'est sa poule qui l'appelle : il doit y aller !
C'est pas très grave, il n'était pas des plus intéressants.
Avant de partir, il me confirme la route pour la plage de l'os de la baleine.
Je continue de nuit et je m'arrête dans un bois au bord de la route.

Je ne dormais pas depuis bien longtemps, que j'entends passer à fond la caisse une grosse bête (sûrement un sanglier) juste à côté de la tente ! Il ne m'a pas foncé dedans, c'est déjà ça ! Sur ce, bonne nuit !


11/01 : de très longues lignes droites :

Je me réveille avec un très beau temps. Je poursuis sur la route de la praia.

Et toujours Figuera da Foz, au loin (là, j'ai zoomé à donf) :


En revenant sur mes "pas", je vois un embranchement pour Pedrógão : je prends !


Paysages typiques :




Voici Pedrógão (on voit encore Figuera da Foz) :

(je vais pique-niquer sur la promenade ; il ne fait pas très chaud)

Il y a bien du monde qui se promène et qui mange au restaurant !?!
Ah oui, c'est vrai, on est domingo, aujourd'hui !

Pedrógão au loin et toujours des plages à n'en plus finir :


Pas seulement les routes sont rectilignes, les rivières aussi : ici, le rio Liz :


Le voilà qui se jette dans l'océan, juste avant Praia da Vieira :


Depuis Praia da Vieira, une cyclable suit la route toute droite sur près d'une dizaine de kilomètres jusqu'à São Pedro de Moel : 


Voici le paysage traversé :




Un poste de surveillance d'incendie :


Au loin, le farol de São Pedro de Moel :


Depuis une praia dont le nom m'a échappé :






Je m'approche du farol en empruntant cette passerelle :

(attention à la grande marche, à la fin !)

La grande praia Velha :




Le farol et quelques rochers, enfin !


Elles sont si rares, ces petites praias :


Je le préfère de face plutôt que de profil :


La côte devient rocheuse et j'en suis ravi :




Il est sympa, ce village de São Pedro de Moel :




Et il y avait beaucoup de monde. Ça sentait bon le pop-corn caramélisé. Ce devait être la fête de je sais pas quoi, certainement.

São Pedro de Moel, depuis la praia de Água de Madeiros :


Le soleil se couche et moi qui veut atteindre Nazaré, c'est pas gagné :


A la praia de Pedra do Ouro, un jeune vendeur attend d'éventuels clients pour leur faire visiter des appartements avec vue sur la mer. Je discute un peu avec lui, en anglais. L'agence, c'est Century 21, j'connais !
Il me propose de me faire visiter. Allez !
Bon, c'est pas mal, mais c'est simple. Une chambre a une salle de bain "privée" : ça aurait un nom particulier en portugais ?
100 mètres carrés de plain-pied = environ 200 000 euros.
L'appartement du fond avec une super vue sur la mer, c'était le double et il a été vendu à des espagnols. Ça fait cher le "super".

J'en profite pour prendre des photos depuis la terrasse (il me dit qu'il fait pareil) :




Je quitte le vendeur et je rejoins un photographe sur la praia de Polvoeira. Il a installé son appareil sur un trépied.
On ne se comprend pas avec les mots, mais l'on doit ressentir un peu la même chose devant les couleurs spectaculaires du ciel au crépuscule :




Je le laisse et je fonce vers Nazaré.
Ça y est, il fait nuit. Mais je suis peinard, je roule sur une cyclable.
J'atteins Nazaré en finissant par une nationale : bizarre, j'ai dû me tromper quelque part ?
Il y a des lumières partout : je ne comprends pas trop la "morphologie" de la ville. Pour ça, on attendra demain.
Après quelques heures dans un cyber, je vais trouver un coin tranquille à la sortie opposée de la ville.
Avant, je m'arrête pour manger un bon hamburger au bord de la route. Ils les font très bons au Portugal, je trouve.
Un type est là et je discute un peu avec lui. Il a fait des études en politique. Il est hollandais et parle plusieurs langues : anglais, français, allemand, danois, espagnol, portugais et peut-être que j'en oublie. Il me demandait comment je trouvais le Portugal. Je lui disais que, pour le moment, 11 jours après avoir franchi la frontière, je préférais l'Espagne. Il me dit que lui aussi. Je lui disais que je n'avais que très peu de discussion avec les portugais. Pour lui, les portugais ont peur de l'étranger, à cause de la violence qui règnerait ici ??

La tente est plantée, boa noite !


12/01 : une petite virée à Fátima :

Je me lève avec toujours un temps magnifique : ça va, je ne m'en lasse pas.
Je retourne au centre de Nazaré pour déjeuner à la terrasse d'un café et regarder les gens s'affoler : c'est lundi matin. Je fais quelques provisions et quelques photos, dès fois que le temps ne soit pas le même à mon retour de Fátima.

En haut : O Sitio ; en bas : Nazaré :

Entre les deux, il y a un funiculaire. Et au bout du rocher, à gauche, il y a le farolim (petit phare) de Nazaré.

Voici le farolim de Nazaré :


Et voici le funiculaire :


Je quitte Nazaré et je prends la route vers Fátima. J'ai établi grosso modo mon itinéraire : je veux passer par 2 ou 3 points de vue indiqués sur ma carte et je veux passer près d'un château.

Le premier point de vue, c'est Pederneira, la ville en face Sitio et qui surplombe Nazaré que voilà, en vrac :










Ici, comme dans une grande partie du Portugal je pense, des "mosaïques" décorent les murs des maisons, souvent au niveau de l'entrée :


Le deuxième point de vue, c'est un miradouro entre Pederneira et Valado dos Frades :










Vers les terres et vers Fátima :


En haut, il y a une chapelle, bien sûr :


Et pour y monter, cette escalier m'a donné mal aux mollets :


Je veux passer par les petites routes blanches de ma carte, pour me rapprocher du Portugal "profond".

Je traverse Coz, que voici avec sa chapelle perchée :


Je m'arrête manger dans un snack-restaurant un peu avant Porto de Mós. Décidemment, je ne trouve jamais de menu du jour. Là encore, c'est à la carte. Mais ce n'est pas cher et je vais bien manger pour guère plus de 10 euros. Et en Espagne, quand je m'arrêtais pour manger vers 14h30, j'avais les infos, Ici, je tombe plus souvent sur une série à la con !

Ça y est, au détour d'un virage, je découvre le beau château de Porto de Mós :


...avec mon ombre, debout sur le mur :


Quelques photos du château :






En montant vers le château, le vinho tinto de midi m'oblige à m'arrêter. Le type qui me suivait en bagnole s'arrête également et me pose 2-3 questions. Puis, il redémarre, fait demi-tour et s'en va.

Porto de Mós, depuis le château :

C'est bien, ça devient montagneux, ici.

Une petite dernière depuis la route qui monte vers Alqueidão da Serra :


Sur la route de Fátima...


Ce village de Reguengo do Fetal, en bas, je l'ai traversé :


Encore un coup à arriver à Fátima avec la nuit :


Et voilà, le santuário de Fátima by night :




Bien que je vois un panneau interdit aux vélos, je m'aventure sur la place, car il n'y a presque personne et il fait nuit. Ça n'a pas loupé : 5 minutes après, un vigile m'indique de partir.

Je vais me balader un moment dans les rues du centre-ville. Que de boutiques qui vendent des bibelots et objets divers religieux : c'est impressionnant. Vive Dieu et vive le commerce ! Je vais acheter du pain dans une boulangerie. La boulangère est une jeune suisse. Elle me dit que Fátima, c'est toujours pareil pendant toute l'année : toujours autant de monde. Et pour les jeunes, ce n'est pas une ville très intéressante ! C'est monotone.
Je veux trouver un cyber : on m'indique 2 centres commerciaux. Dans les deux, il est impossible de connecter un appareil USB. On m'indique un bar à la sortie de la ville. J'y vais : on me demande 4 euros de l'heure ! Je m'arrête boire un verre dans le bar d'à côté et je dis le tarif au patron et je lui dis que je ne suis pas un américain. Il n'en revient pas non plus. Je m'en vais et je fais une dernière tentative. On m'envoie au café "Paris". C'est le bon. Minuit, ça ferme, je vais camper à moins d'un kilomètre du santuário dans un champ aux hautes herbes.


13/01 : retour à Nazaré :

La nuit a été pluvieuse et le matin l'est encore.

Je vais refaire un tour au santuário de jour :






La grande place, où vient de se dérouler une cérémonie, comme tous les jours, je suppose :


D'avoir vu une partie de la cérémonie et une femme marcher sur les genoux devant la vierge, ça me suffit amplement. Je repars vers la côte : chaque fois que je la quitte, je me sens perdu.
Je ne veux pas emprunter la même route qu'à l'aller. Je veux passer par Batalha et rejoindre la praia de Polvoeira, là où il y avait le photographe et là où la nuit était tombée.

Dans la descente vers Reguengo do Fetal, je sens que mes freins ont à nouveau une grande faiblesse et qu'ils ne vont pas durer bien longtemps.

Revoici Reguengo do Fetal sous un ciel bien gris :


Et j'arrive à Batalha...


...dans laquelle ville, il y a un géant mosteiro inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO et dont voici quelques photos :








Je vais pédaler jusqu'à Martingança et je m'arrête pour manger dans un restaurant. Il faut monter à l'étage. Je demande s'il y a un menu du jour. On me dit oui, oui. Je m'installe. On m'apporte la carte en me disant que aujourd'hui "le menu du jour", c'est ce plat-là à 11,50 euros. Et l'entrée ? Et le dessert ? Ah ! Je dois le choisir sur la carte et c'est en plus ! Obrigado et adios ! Je n'ai pas envie de manger pour près de 20 euros un repas complet. Dorénavant, je n'hésite pas à partir, si ça ne me plaît pas. Ce resto était indiqué avec des panneaux sur la route et à l'extérieur, il n'y avait pas de prix affiché : autant de détails dont je me rappellerai. Je m'arrête dans un autre à la sortie de la ville, presque invisible de la route. Le patron me dit bacalhau + batatas fritas à 7 euros : c'est parfait. Avec en plus le dessert, le café, le pain et le vin, il m'a demandé 8 ou 9 euros, je crois.

Et je poursuis jusqu'à la praia de Polvoeira, et le soleil réapparaît :


Je revois São Pedro de Moel au fond :


Vers le parc éolien de Nostra Senhora da Vitória et vers Nazaré :


Un beau rocher sur la praia de Vale Furado :


Sur cette praia, j'avais envie d'essayer les sièges :


A la fin de la descente vers cette plage, je n'avais presque plus de freins. Demain, je dois les faire réparer.
Et j'ai toujours ce problème de réglage de dérailleur. Dès que je force un peu trop sur les pédales, la chaîne saute.

On voit la côte loin, mais je ne sais pas jusqu'où ; pas jusqu'à Peniche, je ne pense pas :


La côte vers le nord :


Que le temps passe vite !


Ce qu'il y a de bien avec les couchers de soleil, c'est que ce ne sont jamais les mêmes :

(depuis la praia de Falca)

Il fait nuit, j'arrive à O Sitio, juste avant Nazaré. Je m'arrête dans un bar pour faire le plein d'eau et je vois qu'il y a deux ordinateurs. Je demande le prix pour Internet : 2 euros de l'heure. Bon, ben je vais rester là, alors. Je demande un Coca.
Il est près de 19 heures. Un client amène une grande casserole et ils s'installent, lui, son fils et le patron du bar. Ils vont manger de la morue. Le client me propose d'en manger avec eux. Comme un imbécile, je refuse. C'est vrai qu'il n'y a pas si longtemps que j'ai avalé ma dernière bouchée... de morue.
Je suis en train de télécharger les photos de Porto, alors je les leur montre en leur disant que j'ai beaucoup apprécié Porto. Ils boivent du vin. J'en demande un verre au patron. Le temps passe, ils débarrassent. Et un autre gars s'installe : ils vont jouer aux petits-chevaux en picolant du vin ! Et qu'est-ce qu'ils s'excitent sur ce jeu de petits-chevaux ! Voyant que j'ai fini mon verre, le client m'en offre un. Puis un autre client, jeune, prend le gagnant de la partie, et ça continue comme ça jusqu'à minuit... un verre de vin... une partie de petits-chevaux... un verre de vin...
Et pendant tout ce temps, la porte va rester ouverte et j'ai bien froid. Ils ne sont pas frileux les portugais. En fait, au Portugal, c'est interdit de fumer dans les bars, comme en France et depuis la même date, d'après ce que j'ai compris : c'est sûrement pour ça qu'ils laissent ouvert ? En Espagne, ça dépendait des bars.

Je m'en vais. On me dit "bon voyage" en français. Je vais camper dans la ville, sous des pins.


14/01 : réparation du vélo :

Ce n'est qu'avec le jour que je m'aperçois que je suis vraiment à O Sitio. La veille, en fait, je croyais être dans un bled un peu avant.
Allez ! La priorité, c'est le vélo. Je demande s'il y a un réparateur à O Sitio : non. Je dois descendre à Nazaré. Je vais donc pousser le vélo jusque là. Le réparateur indiqué, juste après les pompiers, est fermé. Je demande à un passant. Il me dit que ça ne va pas tarder à ouvrir (il est dix heures passées), mais qu'ici, c'est cher et qu'il y a un très bon réparateur et peu cher à 6 kilomètres de là, à Famaliçao. Je l'écoute et je vais là-bas. Il n'y a pas de forte descente, je vais rester sur le vélo. J'entre dans ce petit bled et je commence à douter d'un grand réparateur de vélos, ici. Est-ce qu'il y aura compatibilité de matériels ? On m'indique ce magasin à la sortie de la ville, sur la droite.
C'est un jeune qui parle anglais, sympa. Mais il me dit que rien ne va, que je dois tout changer ! Olà, olà, doucement ! Je commence à sérieusement me méfier. Et puis, il m'explique. Je comprends alors pourquoi la chaîne sautait quand j'appuyais un peu fort sur les pédales : la chaîne, les plateaux et la cassette sont complètement usés. Pour les freins : à l'arrière, il faut changer les plaquettes (pastilhas en portugais, comme les Drill) qui sont complètement mortes et à l'avant, il manquerait juste de l'huile. Je lui demande de me donner le prix total, en gros. Il m'annonce 75 euros. Allez ! En avant Guingamp ! De toute façon, tôt ou tard, je dois y passer.
Et en plus, il peut me le faire tout de suite. Il ne prend pas la CB. Je vais retirer dans le village et je vais déjeuner avec un Coca et un bon gâteau au chocolat. Je reviens au magasin avec peut-être un peu de chocolat par les lèvres. Il me dit aussi que les roulements de la roue arrière sont morts : il les change.
Il va me régler le dérailleur arrière tant bien que mal en me disant qu'il est tordu (je sais) et qu'il ne va pas durer longtemps : ah !
La transmission, c'est bon. Passons au freinage. Il change donc les plaquettes arrières en me disant qu'il n'arrive pas à obtenir du rebond sur l'une des plaquettes. Il trafique un peu avec l'huile, mais rien n'y fait. Selon lui, c'est de la poussière ou du sable qui en est la cause. C'est pas grave : ça frotte un peu, mais ça freine.
A l'avant, un peu d'huile et ça va mieux. Total : 75 euros. Pour les pièces de la transmission, il m'a mis du Shimano de base : Deore. Pour les plaquettes, ce n'est pas du Hayes, mais une marque compatible.

Il est 13h00 et je repars avec mon vélo réparé : c'est bien ! Je reviens à O Sitio : il y a des choses que je n'ai pas vues.

Je retourne même jusqu'à la praia de Falca : il y a un super bar-resto fermé avec de petites tables qui donnent sur l'océan. Je vais pique-niquer ici :




Je reviens vers O Sitio, pour tourner juste avant vers la droite, vers la praia Grande et je découvre le farolim de Nazaré :


Maintenant je vais au farolim en passant par O Sitio.

La praia Grande et le parc éolien depuis le farolim :


Je vais même au-dessous du farolim :

Je ne sais pas si ce petit pilier suffira à retenir le gros rocher, lorsque celui-ci voudra tomber.

Voici Nazaré :


L'entrée du farolim :


Je remonte vers O Sitio et les vues se dégagent sur le farolim...


et surtout, sur Nazaré :






Depuis pile en face le funiculaire :


Vers la côte qui m'attend, depuis 2 jours déjà :


L'église de Nossa Senhora da Nazaré, à O Sitio :


Et je redescends à Nazaré, au départ du funiculaire.




Je fais quelques provisions. Puis, je demande pour un cyber. Je ne veux pas retourner à celui de l'avant-veille : c'était cher. Un jeune m'indique un bar. Je rentre et je demande : c'est gratuit ! Alors ça, c'est chouette. Je vais y passer quelques heures. Je commande hamburger, frites, bière. Il y a du bon reggae : Groundation notamment. Le serveur est cool. Puis, c'est le match de futebol du mercredi. Que ça gueule : je ne comprends pas ces hystériques qui ont besoin de gueuler comme des porcs pour exister. Enfin, je ferme les oreilles et je me concentre un peu.
Puis, un type qui veut utiliser Internet m'accoste en anglais et me dit pas très gentiment de partir. Je m'écrase un peu ; cet enfoiré profite bien de la situation : un étranger tout seul au milieu de portugais abrutis par le futebol. Il me dit que dans 5 minutes, il veut l'ordinateur. Voilà le problème de la gratuité. Enfin, je lui dis que c'est normal qu'il puisse aussi l'utiliser, vu que c'est gratuit, mais qu'avant, je veux faire un transfert de photos de la carte vers mon mp3 et que ça peut prendre 10 minutes. Bon, je fais ce que j'ai à faire et je m'en vais. Il doit être 21h30. Je pars camper au même endroit que l'avant-veille.


15/01 : sale temps :

Au réveil, il pleut. Ça, ça me met toujours un petit coup au moral. Mais bon, de toute façon, je ne vais pas rester dans ma tente : je dois avancer.
Dans le nord de l'Espagne, j'étais habitué au mauvais temps et je n'y prêtais plus trop attention. Mais au Portugal, ça me gêne !

En démontant la tente, je m'aperçois que l'armature commence à souffrir des multiples montages-démontages. A la jonction des 2 tubes du bas, l'un des deux tubes est bien fendu. Jusqu'à quand ça va-t'il résister ? Il en est de même entre 2 tubes de la partie horizontale en haut, mais là, c'est moins grave. Dorénavant, j'essayerai de forcer le moins possible entre les 2 tubes du bas pour monter et démonter la tente.

Je retourne à Nazaré pour acheter des croissanch.

Le farolim est toujours là :


Et je quitte définitivement Nazaré pour aller vers là-bas :


Je reprend la route vers Famaliçao, là où j'ai fait réparer mon vélo. Mais je tourne avant vers la praia de Salgado.

Ça monte et avant de redescendre vers la praia, j'ai un bon panorama sur Nazaré :


Et je vois même la praia Grande au fond, derrière le rocher du farolim :


La grande praia de Salgado :


Je prends une route vers São Martinho do Porto et je surplombe toute la campagne environnante, mais avec ce temps pourri, je ne vois pas grand chose.

La même praia et Nazaré au fond, avec un moulin sur la colline :


J'arrive à São Martinho do Porto. Je suis dégouté du temps qu'il fait : ça m'a l'air d'un superbe site, ici : c'est comme une petite lagune circulaire.

Depuis le miradouro indiqué dans la ville, on ne voit pas bien, surtout des toits de maisons :


Mais, je vois tout là-haut une croix : je veux y monter.

Au passage, voici la praia Gralha :




Voici "l'entrée" de la petite lagune :

(et je vais aller à la balise, que l'on voit toute petite là-bas)

La praia circulaire de São Martinho do Porto, depuis la croix :


Je me rapproche de la balise :


Et voici la balise du "rocher nord" et derrière, le "rocher sud" :


Je redescends sur la praia et le port de São Martinho do Porto :


La ville en face, c'est Salir do Porto :


La petite lagune, depuis le miradouro de Salir do Porto :

(un arc de cercle parfait, cette petite lagune !)

Je poursuis pendant près d'une dizaine de kilomètres sans trop voir la mer, sauf ici...


...pour atteindre une lagune bien plus grande : la lagoa de Obidos, dont voici "l'entrée" en image avec un sale temps, toujours :






Ici, je suis à Foz do Arelho et en face, c'est Aldeia dos Pescadoros, mais il n'y a pas de pont, ni de bateau : je dois me taper le contournement de cette lagune. Mais avant, j'ai faim et je mange. Il est déjà tard, 15 heures environ. Je me prépare vite fait deux  sandwiches que je mange en marchant : il s'est arrêté de pleuvoir, mais je suis un peu trempé et j'ai pas chaud. Une orange et c'est parti.

Un semblant d'éclairci ?


Vers le fond de la lagune :


A partir de là, la route quitte la lagune...

et va vers Caldas da Rainha. Aux environs de je ne sais pas où, je ne sais plus trop dans quelle direction je dois aller pour me rendre à Arelho. Je demande à un chauffeur, il me dit par là. Tiens, c'est bizarre, c'est de par là que je viens ! Bon, je l'écoute et je m'arrête à la première station-service pour demander où je suis et vers où est Arelho. Le gars, sympa, parle anglais. Alors, je suis près de Nadadouro et pour aller à Arelho, je dois fair demi-tour et prendre à droite au troisième rond-point. Tu vois où est le Leclerc qu'il me dit ! Mais bien sûr, j'y fais mes courses toutes les semaines ! Alors, il me dit que c'est difficile d'expliquer et d'aller où je veux aller et que je devrai demander plusieurs fois mon chemin. Et il ne pense pas qu'il existe une route entre Arelho et Vau, le village que je veux traverser ensuite. Bon, obrigado !
Je l'écoute et je trouve mon chemin. Moi qui pensais éviter la ville de Caldas da Rainha, et bien non. M'enfin, je vais rester à la périphérie et suivre la direction de Péniche, où je passerai un jour ou l'autre ; le lendemain, en fait.

J'arrive à Obidos ; il y a un grand château perché :




Je continue quelques centaines de mètres et je vois un panneau sur la droite qui indique Arelho : et bien voilà ! (c'est la route qui passe au bas de la colline du château, sur la photo précédente).
Je vais faire le plein de pains et de pâtisseries avant de m'y engager.

J'arrive à Arelho à la nuit. La route continue au-delà du village, contrairement à ma carte, et mène à un aérodrome. Un peu après le village, il y a un chemin sur la droite avec un panneau "BTT". Très bien, je vais camper au bord du chemin, à l'abri des phares des voitures qui passent sur la route.

J'étais en train d'attacher le vélo à la remorque à l'intérieur, quand un type en BTT s'arrête. Il m'éblouit avec son phare ! Il me parle et voyant qu'il a affaire à un étranger, il me dit en anglais qu'il croyait que j'étais tombé. Non, non !Il repart dans l'obscurité.

Je ne dormais que d'un oeil quand j'entends une voiture passer juste à côté de la tente : y'a bien du monde ici !
Le gars ne fait pas 100 mètres qu'il s'embourbe. Je l'entendais s'acharner sur la pédale d'accélérateur, mais rien n'y faisait. Il coupe le moteur. J'entends la voix d'un mec et d'une nana. Je les entends s'énerver. Il refait un essai : nada ! J'ai hésité un bref instant à aller l'aider pousser. Mais, j'ai passé toute la journée mouillé et je suis au sec dans mon sac de couchage, alors... vous n'avez pas entendu ronfler un moteur hier soir ? Hein, moi, noon !
Et ça va durer comme ça peut-être pendant près d'une heure. Puis, un autre véhicule vient le sortir de là et le calme revient sur la lagune. Je peux enfin dormir !


16/01 : le temps revient au beau, je ferai beaucoup de photos :

Il a dû encore pleuvoir pendant la nuit, c'est la gadoue !
Pendant que je replie ma tente, un camion transportant une pelleteuse à chenilles s'amène avec derrière lui, la "voiture-balai". Il s'arrête et hésite à s'engager, puis il se met d'accord avec son collègue de derrière et il décide d'avancer. Et devinez quoi... il s'embourbe, je m'y attendais. Mais, ils sont plus équipés que hier : ils ont l'engin qu'il faut sur le camion. D'ailleurs, ni une, ni deux, un des deux descend la pelleteuse et pousse le camion.
Le camion poursuit son chemin tout seul et moi, j'ai fini de ranger mes affaires et je m'en vais.

Voici la pelleteuse, près de l'endroit où j'ai campé :


Finalement, il y a bien une route qui va à Vau. Je me disais aussi, hier soir, avec toutes ces voitures que je voyais passer, que ça ne pouvait pas être sans issue.

Paysages près du fond de la lagune :




Après m'en être éloigné pendant un certain temps, je retrouve la lagune :




Et je m'arrête car je n'arrive plus à passer le troisième plateau et ça force beaucoup pour passer le deuxième. C'est le câble qui est sorti d'un de ses guides et le plastique du câble à cet endroit-là est très abîmé. J'en coupe un petit bout avec le cutter et je remets bien le câble dans son guide. J'enlève la remorque et la sacoche à Jojo pour voir tranquillement si ça fonctionne. Que je me sens léger ! Je n'ai plus l'habitude d'un vélo seul ! Même que je ne me sens pas en sécurité, sans le poids de la sacoche sur le guidon. Au début, j'ai du mal à trouver mes repères d'équilibre : c'est dingue ! Ça va pas trop mal. Je retends le câble et ça va mieux.

Je reprends un peu d'altitude par rapport à la lagune :


Je ne sais pas pourquoi les paysages sont comme ça : incendie, travaux, nouveau golf en construction ?




Et j'atteins Aldeia dos Pescadoros, le village que je voyais de l'autre côté de la lagune, depuis Foz do Arelho :



En allant à ce bled, je ne verrai aucune trace du village de Ferrarias, pourtant indiqué sur ma carte.

Je vais acheter des petits pains et un pain au chorizo. Super bon, le pain au chorizo : un peu comme un sandwich, mais bien meilleur, vu que le chorizo a été mis dans le pain dès le départ.

Je prends maintenant la direction de Peniche. Sur ma droite : praia do Rei Cortiço : j'y vais. Et je vais y trouver l'une des plus belles et originales plages que j'ai vues au Portugal jusqu'à présent. Voici quelques photos :





(les vagues érodent la roche et lui donnent des formes particulières)

Ici, il y a un restaurant et ce serait l'heure de manger : je ne vais même pas voir les prix.

Je reprends la route et toujours ces paysages un peu désertiques :


J'arrive à un village "artificiel". Tout est neuf. Tout est privé. Il y a un golf. Ils sont en train de planter des palmiers... c'est trop laid :


Ici, il fait à moitié beau :


Je rejoins enfin la route principale de Peniche. Au croisement, aucun panneau n'indique de noms de villages tels que Aldeia dos Pescadoros, notamment. Il y a seulement des indications touristiques et des entreprises, c'est dingue :




C'est vrai que le site est remarquable, vu d'avion :

(en haut et à droite, c'est la lagoa de Obidos)

Peu avant Ferrel, je découvre Peniche au loin et l'île de Berlenga (à droite) :


Je me rapproche de la côte et je vais manger torse nu en par là avec une vue sur Baleal et ses rochers qui s'avancent dans l'océan, l'île de Berlenga derrière et Peniche au fond à gauche :


Un zoom sur les rochers et sur l'île :


Un zoom sur Baleal et sur l'île :


Avant d'aller à Baleal, je m'engage dans un chemin de terre pour tenter de dénicher la praia dont j'avais vu le nom sur un panneau dans le centre de Ferrel. Et j'ai bien fait, je vais tomber sur un superbe site et avoir de supers vues sur la côte parcourue et sur Baleal et les îles.

Voici le site (très boueux et très collant ; d'ailleurs, un 4x4 reste là, embourbé : c'est la journée !) :





(avec l'île de Berlenga)


(avec les îles Farilhões, qui font partie de l'archipel des Berlengas)







Je repars sur Baleal par des chemins de terre à travers des champs de blé, dont ils ont gardé des "rangées" pour s'en servir de délimitation de parcelles :


Je m'approche de Baleal :


La côte rocheuse parcourue :




Baleal :


Baleal est en fait une petite île, lorsque les vents et marées sont favorables à l'isolement de ce village :


Je vais me ballader à pied jusqu'au bout du rocher :


Je m'arrête là. C'est impressionnant, cette roche tant feuilletée :


La meilleure vue sur les îles Farilhões :


L'île de Berlenga (et son farol en plein milieu, si l'on observe bien) :


Depuis là, une belle vue sur Peniche :


Ici, de grosses vagues s'explosent sur les rochers :


Vers Peniche, et surtout, vers le soleil :




Je tiens à dire que ce site de Baleal - Peniche est vraiment superbe. Avec Nazare - O Sitio, ce sont les sites qui m'ont le plus marqué au Portugal, jusqu'à présent.

Je poursuis vers Peniche : ici, beaucoup de dunes :




Baleal et ses rochers :


Une partie de la ville de Peniche est entourée de remparts :


Je me dirige maintenant vers le moulin, que l'on voit sur la photo précédente, en commençant à repérer un endroit pour dormir. Oui, quand je sais que je vais rester dans les parages, je préfère repérer de jour, comme ça, je ne galère pas.

Tiens, ici, avec vue sur ces rochers, je ne serai pas mal :






Le soleil s'est couché vers le cabo Carvoeiro :


Allez, je vais acheter à manger dans un mini-mercado. A la sortie, un type regarde mon vélo et surtout la remorque. Il me dit qu'il veut se faire la même et il pense que ce n'est pas compliqué. Je lui dis que certainement que non, mais que le plus important, c'est la double articulation et qu'avec une seule roue, ça marche ou plutôt ça roule très bien. On tape la discute un moment. Je lui dis que j'ai un petit problème de freins et de dérailleur. (oui, encore, 2 jours après avoir quitté le réparateur : le frein arrière ne freine plus trop, malgré les plaquettes neuves et pour les vitesses, c'est pas trop ça.)
Je lui dis que j'ai presque tout changé, pourtant. Je lui montre et il me dit que j'ai dû en avoir pour 75 euros environ. J'hallucine, c'est le prix exact, je lui demande s'il ne connait pas le réparateur. Non, mais il me montre ses mains et je comprends qu'il bosse dans la mécanique.
Je l'interroge sur la localisation d'un cyber. Il m'accompagne jusqu'à un, où j'étais déjà allé. Il ne va pas tarder à fermer. En face, il y a un snack-bar tenu par des portugais qui ont vécu longtemps en France en région parisienne. Le fils, c'est Philippe. Il m'apparaît sympa. J'en profite de parler français. Il m'indique un autre bar cyber un peu plus haut à droite. Et le premier mec que j'ai rencontré, m'accompagne. Il a bossé en France, en Irlande... Il me dit que ici, ça craint un peu. Il y a beaucoup de drogues. Je lui demande quelles drogues et il me dit qu'il n'y a pas que le canabis. Lui-même a fait une cure de désintox, mais maintenant, ça va mieux qu'il me dit. On arrive au cyber et il demande pour moi : 3 euros de l'heure, trop cher. Je retourne au bar du Français et je paye une bière au premier mec. Et je discute en français avec Philippe. Le premier mec me remercie et s'en va. Philippe me dit : "tu traînes avec ce mec, lui je l'aime pas !". Je lui répond que pour une fois que je peux parler avec quelqu'un...
Il me laisse un moment en terrasse avec un mec plus âgé qui parle anglais. Je lui parle de mon périple et je lui dis que je me dirige vers Lisboa. Il me parle de certaines villes. Je vais chercher la carte, c'est plus facile. Il me dit que je dois passer du temps à Cascais (avant Lisboa) et à Sesimbra (après Lisboa). Setúbal, c'est rien de terrible. Puis, il va me répéter plusieurs fois de faire attention aux gens qui m'accostent et que je rencontre (lui non plus n'aimait pas le type à qui j'ai payé une bière) et surtout, notamment à Lisboa, que je ne dois montrer qu'un seul petit billet quand je paye et que je garde tout le reste dans l'autre poche. Cette recommandation, il me la répètera 3 fois.
Philippe me propose de me montrer un endroit où je peux manger poulet - frites pas cher. Je veux bien, depuis que je n'ai pas pris un repas chaud ! Je laisse le vélo sur la terrasse du bar. 2,50 euros le quart de poulet avec des frites : excellent ! Je retourne au bar pour le manger à l'intérieur. Il me donne une fourchette et je prends une bière. Pendant que je mange, je vois passer les flics une première fois. Ils s'arrêtent devant mon vélo et le regardent un moment. Je me dis qu'ils sont un peu intrigués par la remorque tout simplement. Je continue mon repas chaud. Il y a un client qui boit un café ; il va m'en payer un, d'ailleurs. Il a bossé en France plus de 38 ans, je crois, en tant que responsable de production chez Orangina. Il passe sa retraite au Portugal à 100 bornes de la côte et vient 1 fois par semaine à Péniche. Il me racontait que pour sa retraite, son patron lui avait payé un repas chez Maxim's qui avait coûté soit disant 6000 euros ! J'hallucine. Il me dit que tout est inclus, même les couverts en argent que l'on peut emporter à la fin du repas !
Waoou ! Terrible le pilote qui se pose sur le fleuve Hudson à Nueva York !
Les flics repassent et s'arrêtent de nouveau devant mon vélo et ils interrogent Philippe. Ça parle portugais et donc, je ne comprends rien. Philippe me traduira que le gars à qui j'ai payé une bière, a volé le sac à main d'une vieille dans une église et comme des gens l'avaient vu traîner avec un cycliste qui tirait une remorque et bien voilà... C'est hallucinant ! Philippe leur expliquera que je voyage et que ce gars m'a accosté par hasard. Ils s'en vont.
Moi aussi, je m'en vais. Je dis à Philippe que je passerai boire le café demain matin, après avoir fait le tour du cabo Carvoeiro. Je dormirai à l'endroit repéré.


17/01 : encore une belle journée :

Voilà où j'ai dormi :




Une autre photo de ce site :


Le rocher des corbeaux :


Cherchez l'intrue :


Peniche, vers le cabo Carvoeiro :


L'île de Berlenga et son farol :


Je vais aller voir de plus près à quoi ressemble ce cabo Carvoeiro :


Je vais me retourner 4 fois vers où j'ai campé :

1 :


2 :


3 :


4 :


Voilà qu'apparaît le farol du cabo Carvoeiro :








Le rocher a juste la hauteur qu'il faut pour porter l'île de Berlenga :


Je m'éloigne du farol par l'autre côté. Qu'est-ce qu'il est rocailleux, ce cabo !


Vers Peniche et la côte à suivre :


J'aperçois la cidadela de Peniche :




La voilà de plus près. Bon, c'est pas la citadelle de Calvi, mais c'est pas mal déjà !




Le quartier coloré d'en face la cidadela :




Merde, j'ai plus de batterie. Je ne suis pas loin du bar du Français et donc du cyber d'en face : j'y vais.
En pédalant sur la avenida do Mar, je m'apprêtais à tourner à gauche, lorsqu'on m'interpelle : "Oh ! Le Français !". Tiens, c'est Philippe. Il boit un coup avec des collègues. Je vais dans son bar. Il me rejoint peu de temps après. Finalement, vu l'heure (près de midi) et la chaleur, ce sera un Coca bien frais. Je vais ensuite passer une heure dans le cyber d'en face pour charger une batterie de l'appareil photo à moitié et faire un peu de blog. Le cyber ferme à 13h. Je sors et je dis à Philippe que finalement, je me ferai bien un autre poulet - frites, mais ce coup-ci, ce sera un demi-poulet pour prendre des forces pour pédaler. Je vais donc le chercher, maintenant que je sais où c'est : 4,80 euros. Je retourne le manger chez Philippe et je reprends un Coca et un café. On discute un peu. Je lui dis que je continue vers Consolação. Il me dit que là-bas, en bas à gauche du petit fort, il y a des rochers qui font du bien aux os si l'on s'y allonge dessus. Sa mère me dit qu'elle y va souvent.
Bon, c'est pas que je m'ennuie, mais je vais y aller. Ils me disent à leur tour d'être prudent et de faire attention aux gens que je croise. Adios Philippe et ses parents, merci pour votre sympathie !
Donc, Peniche et ses environs, c'est très joli. Et si vous avez soif ou faim, demandez le snack-bar des Français et de Philippe près de l'avenida do Mar. Ils vous recevront très bien !

Sur ce, je m'en retourne à la cidadela pour quelques clichés supplémentaires :






Vers Consolação :


Je quitte Peniche, sa cidadela et son porto :


Quelques surfeurs téméraires :


Consolação et son fort :


Peniche et le cabo Carvoeiro, depuis le fort de Consolação :


L'extrémité du cabo Carvoeiro et son farol, ainsi que l'île de Berlenga (et une des îles Farilhões au milieu, je suppose) :
 

Par Emmanuel Roques
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Mercredi 7 janvier 2009 3 07 /01 /Jan /2009 02:37
Ça y est, j'ai débarqué :

Il va falloir que je continue à faire attention aux radars, en ville.

Mon compteur indique 3323 kilomètres parcourus en 237 heures et 14 minutes : ce qui donne une vitesse moyenne de 14 km/h. Et le câble de mon compteur est resté cassé pendant près de 8 jours...

Et je débarque donc à Caminha :

Boas festas, c'est comme en gallego, je ne suis pas trop dépaysé.

C'est une ville très joliment décorée :


Bon, je vais me trouver un coin tranquille pour me changer, car aujourd'hui, ce n'est pas carnaval, mais la Saint-Sylvestre !
Cette placette peu éclairée fera l'affaire. Il y a quelques gens qui passent, mais ils n'ont qu'à pas regarder.

Mince, j'ai appuyé trop fort :


Voilà, je suis prêt !

(les lumières espagnoles en arrière-plan)

Sur la place centrale, un orchestre est en train de régler le son. Le guitariste fait un riff de Dire Straits, la chanteuse s'exerce sur "Satisfaction" des Rolling Stones. Ça promet du bon. Je commence à faire le tour des restos. Il n'y en a pas tant que ça. Il y a des menus "reveillon" jusqu'à 55 euros. Je veux bien manger mais quand même, faut pas abuser.
Je pousse la porte d'un resto qui m'inspire. Je choisis de la soupe de chou, pour la comparer à la galicienne et puis évidemment de la bacalhau, morue en français. Pour me faire patienter, on m'apporte 2 ou 3 petits pâtés de poisson, du beurre et des tranches de pain pour tartiner tout ça. On m'apporte aussi des olives noires et vertes.
Voilà ma soupe qui arrive en même temps qu'un groupe de jeunes. Mon ventre commence à se régaler et le restaurant à s'animer, il est guère plus de 20 heures, heure portugaise (oui, au Portugal, on change de fuseau horaire. C'est le même qu'en Angleterre : il est donc une heure de moins qu'en Espagne et qu'en France, donc).
Vient le tour de la bacalhau. C'est un très grand plat. Elle est préparée avec de la sauce huileuse de couleur orange-rouge (ou bien c'était la couleur du plat) et avec des pommes de terre frites coupées en rondelles. C'est excellent !

C'est déjà dans ce restaurant que mes sens très éveillés vont être très sollicités. Voici ce qu'ils perçoivent après moins de 3 heures passées au Portugal :
- ouïe : le portugais, c'est : "che... che... che..." !
- vue : de longs cheveux noirs !
- goût : que c'est bon, la bacalhau !
- sixième sens : je le sens bien, le Portugal !

Je boirai du vin tinto (rouge). En dessert, ce sera de l'ananas. Puis un bon café et je vais demander une liqueur typique portugaise.

Je m'en sors pour un peu plus de 30 euros (ils ont dû monter le prix de la bacalhau pour le réveillon, je suppose).
On m'a fait payer les amuse-gueules que je n'avais même pas demandé : je le retiendrai pour la suite.

Allez, je vais attacher le vélo à un endroit stratégique pour la soirée. Là, il sera bien :


Vers 22h30, la soirée commence timidement, enfin pas tant que ça :

Peu avant minuit, ils vendent un verre de champagne et un sachet de je ne sais pas ce que c'est. Je m'approche et on me donne un verre de champagne donc et un sachet de grains de raisins blancs ? Je veux payer, mais non : c'est offert à tout le monde !

Peu avant minuit également, l'orchestre arrête. Tout les gens se pressent d'un côté de la place.
Maintenant, c'est ici que ça se passe :


J'escalade le muret d'une fontaine pour mieux voir... le décompte portugais...  cinco... quatro... três... dois... um... Bo Ano... et c'est parti !

Voici le bouquet final :


Le bal reprend et je voulais me souvenir de cet air entraînant qui m'a beaucoup plu sur le moment :

(ça ne dure pas longtemps malheureusement : je voulais garder de la place pour les photos du lendemain)

A la fin de chaque chanson, le chanteur-guitariste et la chanteuse disent : "Obrigado ! Obrigado !". Ce sera le premier mot de portugais que j'apprendrai , tant mieux, c'est le plus important à savoir. Obrigado = Merci.
Et je me dis de suite, rien qu'avec ce mot, que les portugais, quand ils disent quelque chose, c'est forcément qu'il le pensent. En français : mer-ci, 2 syllabes. En anglais : thank you, 2 syllabes. En allemand : dan-ke, 2 syllabes. En italien : gra-zie, 2 syllabes. En espagnol : gra-cias, 2 syllabes. Et en portugais : o-bri-ga-do, 4 syllabes ! Quel effort que ça demande, si l'on n'a pas trop envie de le dire !

A 2 heures du matin, l'orchestre arrête. Sur la place centrale, la fête est finie. Mon vélo est le repère des cadavres :

Sur la selle, c'est ma Sagres qui n'est pas finie. Il s'agit de "the" bière portugaise.

Je demande à des jeunes où c'est que la fête se poursuit. 2 ou 3 d'entre eux parlent un peu le français. Ils me parlent de Nicolas Sarkozy et chantent en choeur La Marseillaise à tue-tête et je ne sais plus trop où me mettre. Ils ont bien bu. L'un d'eux veut que je lui prête le vélo. Je lui dis d'accord, mais qu'il roule doucement et surtout qu'il ne touche pas les vitesses. Il y monte. Je le tiendrai par le bras tout le long. Il veut que je le lâche : non ! J'ai bien fait : au bout de 20 mètres il perd l'équilibre, à cause de la remorque et... de l'alcool !

Ils vont dans une boîte et ils y vont en bus à près de 10 kilomètres de là.Je serais bien allé avec eux, mais où mettre le vélo. Une fille me dit de le planquer en par là, et surtout de ne pas le laisser en vue car ici, quand les gens ont bu, ils cassent. Finalement, je vais rester là et boire une bière à côté de mon vélo. Puis, je m'en vais au lit : je sors de la ville en direction de Viana do Castelo et je campe dans un petit bois au bord de la route. A Caminha, la fête se poursuivra jusqu'au petit matin dans les nombreux pubs d'un quartier de la ville.


01/01/2009 : BO ANO !

Je me réveille un peu avec la tête en vrac : il faut dire que quand j'ai gonflé le matelas, hier soir, enfin tout à l'heure, et bien il commençait à changer de couleur !

Il pleut : je m'équipe, je range et je retourne à Caminha pour voir la côte espagnole de jour et le bled "frontalier" de Camposandos :


Voici le petit ferry que j'ai pris la veille :


C'est donc bien gris ce matin, sur le rio Miño :


Je m'éloigne de Caminha et la voilà sur la moitié droite de la photo :

(sur la moitié gauche, c'est l'Espagne)

Zoom sur Caminha :


L'estuaire du rio Miño est finalement peu large à l'extrémité :

(le ferry traverse à un endroit bien plus large)

Dans l'océan et en face l'estuaire, il y a un petit îlot avec un fort :






Un mec et sa femme s'engagent en vélo sur un chemin dans un bois. Je leur demande si ça va à Moledo do Minno. Il me répond en français que oui. Je vais les suivre jusque là.

A la praia de Moledo do Minno, je m'arrête boire un Coca : 1,25 euroch ! Ça a baissé, depuis l'Espagne, et c'est 33 cl en plus. Que de gentillesse et de douceur dans la langue qu'emploie cette serveuse !

Je mangerai des sardines près de cette petite chapelle, profitant de l'abri :

En face, il y a un énorme chenil, avec je ne sais combien de chiens ! Ils s'en donnaient à coeur joie !

Des chapelles, j'en prendrai quelques unes pour faire plaisir à Mme De Sousa, mais avec la quantité gastronomique qu'il y a ici, je n'aurais pas assez de place pour le reste !

A Vila Praia de Âncora, cette passerelle a été reconstruite après une terrible tempête :


Tandis que je lis le panneau explicatif de cette passerelle, un vieux barbu m'interrompt et me parle portugais. Evidemment je ne comprends rien. Je lui parle en espagnol en lui disant que je viens de France. Et il me parle un peu en espagnol. En me montrant la remorque, il me dit que je suis un pèlerin. Il me demande si je suis allé à Santiago. Je lui dis que oui et que je vais aussi aller à Fátima. Quand je lui dis que je viens de Toulouse, il me dit que c'est sur la route des lieux saints depuis Rome : il me parle de Lourdes, Santiago et Fátima, donc. Il me souhaite Bo Ano en portugais et je m'en vais.

Vila Praia de Âncora :


Près de cette praia, je demande en espagnol à un cycliste en V.T.T., s'il y a une issue par un chemin pour aller à Afife. Il reconnaît mon accent et me répond en français qu'il n'y a pas d'issue et que je dois faire demi-tour. Au Portugal, je croise de nombreuses personnes qui parlent français, mais aussi anglais. Français : parce qu'ils ont travaillé en France quelques années (vendanges dans la région de Bordeaux, entre autres) ou qu'ils ont de la famille en France qui vient leur rendre visite, peut-être. Anglais : notamment parce que les films sont ici en version originale et sont sous-titrés en portugais.

Voici le type de panneau très détaillé qu'il y a ici à l'entrée des praias :

Ça indique notamment :
- température moyenne annuelle de l'eau en été et en hiver, direction et vitesse moyenne annuelle du vent...
- coordonnées géographiques (latitude et longitude)
- ville d'appartenance avec le nombre d'habitants de la ville...
- la distance aux villes importantes voisines, aéroport le plus proche...

Voici ce que je retiendrai le plus de ma première journée portugaise :


Des routes pavées, il y en a énormément ici. En voiture, on n'y fait peut-être pas trop attention, mais en vélo, ça secoue et il faut pédaler plus. Je me dis quand même qu'ils doivent faire une sacrée consommation de pneumatiques ! La route principale que j'emprunte, la N 13, se situe entre 1 et 2 kilomètres de la côte. Chaque fois qu'il est indiqué une praia, j'y vais. Et chaque fois, c'est une route pavée. Je m'y régale !

Voilà le premier farol portugais, celui de Montedor :




Un abris-bus bien de chez eux :


Vers le grand port de Viana do Castelo :


Le même port depuis l'extrémité de la très longue digue :


L'évacuation des eaux pluviales, c'est pas leur dada, aux portugais :

(encore quelque chose qui se remarque plus vite en vélo qu'en voiture !)

J'arrive dans le centre de Viana, c'est encore très bien décoré. Je suis bien mouillé (j'ai pris la pluie presque toute la journée) et j'ai un peu froid. Je rentre dans une pasteleria (pâtisserie) et je vais être très surpris. Déjà, celle-ci est très grande. Au milieu, il y a un grand "U" comme dans un pub anglais avec un choix impressionnant de pâtisseries. Et autour, il y a des tables et des chaises. On peut boire le café et tout. La plupart des gens consomment leurs pâtisseries sur place. C'est en quelque sorte un restaurant spécial petit déjeuner ou goûter de 4h. Et qu'elles sont bonnes ces pâtisseries (et pas chères), même un simple croissanch ! Rien à voir avec les pâtisseries espagnoles bien grasses !
Je me remplis le ventre et je repars en quête d'un cyber. On me dit qu'ils sont fermés, vu que l'on est le premier janvier.
J'ai une envie pressante. Je rentre dans un café et je demande un pingo : c'est un café spécial au Portugal, m'avait dit Ravi (vous vous rappelez de lui ? Il m'avait dit que c'était un peu comme les cafés italiens : faible quantité mais très serrés...). Et il a dû se tromper : la serveuse m'a donné un sorte de petit café au lait. C'était bon, mais je ne m'attendais pas à ça. 55 centimes.

Je repars vers le port et je longe le rio Lima. L'église éclairée au milieu de la photo et plutôt à gauche, c'est Santa Luzia :



Peu après l'école de voile, il y a une toute petite praia dans l'ombre. J'analyse vite fait pour voir si une marée montante pourrait me réveiller : je ne pense pas. Je serai bien là.


02/01 :

Je me réveille avec le bruit des vaguelettes du rio Lima.
Bon, d'après le vieux de Paxón, c'est le troisième et dernier jour de pluie !

J'ai le pont autoroutier à ma gauche :


Et le pont que j'emprunterai tout à l'heure à ma droite :


Je veux monter à Santa Luzia, il doit y avoir un super point de vue de là-haut (surtout que d'après ma carte, ils ont l'air plutôt rares, les points de vue, à proximité de la côte).

Petit à petit, la vue se dégage sur Viana et la distance de cote pavée qu'il me reste à gravir, diminue :


Je fais une pause à côté de ce verger d'oranger, cette orangeraie quoi :

(on dirait qu'il y en a plus ici qu'en Espagne. Je pourrai là aussi en ramasser ou en cueillir de temps en temps)

En haut de la cote, vue sur la piste du funiculaire qui n'acceptait pas les remorques :

C'est le funiculaire portugais ayant le parcours le plus long : longueur de parcours de 650 mètres sur une dénivellation totale de 160 mètres et une inclinaison moyenne de 25 %.

L'église de Santa Luzia :



Cette église est l'une des plus connues du Portugal, avec près de 1 million de touristes par an. Voilà pourquoi même avec ce temps pourri, un type cherchait à me vendre des objets souvenirs bidons !

Mes efforts sont récompensés : le port de Viana et la praia de Cabedelo :


L'Est de la ville avec le pont que je vais prendre :
 

Une autre vue :


Allez, je redescends. Je m'arrête dans une pasteleria. Le serveur a un problème avec mon croissant, semble-t-il. Un client m'aide en anglais : on me demande si je veux le croissant seul ou avec du beurre, de la confiture...

Sur le pont de fer qui traverse le rio Lima :

(je passe sur le trottoir pour ne pas gêner les voitures qui ne pourraient me doubler avec une voiture en face vu que la chaussée est très étroite, comme les trottoirs...)

Voilà le pont : dessous, y'a le train qui y passe :


Viana, Santa Luzia et le pont depuis l'autre côté :


Je m'éloigne du port de Viana et que de praias, que de sable :


Près de cette praia, un jeune va me prendre plusieurs photos avec son portable, n'en revenant pas que j'ai parcouru plus de 3400 km :


Il me dira que les plages sont bien mieux à partir de Póvoa de Varzim et que je dois faire attention à Porto, ça serait plus craignos qu'à Braga, où il habite. Il ne parle ni français, ni anglais. Je parle en espagnol et il me répond en portugais. Je comprends un mot par ci, un mot par là.

Je quitte le distrito de Viana do Castelo pour entrer dans celui de Braga :


Et je rentre dans le concelho de Esposende :


En arrivant près du vélo garé, j'entends un pschhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh ! La roue arrière est dans une petite flaque d'eau et ça fait des petites bulles : de l'air sort du pneu ! Je regonfle au maximum et je m'arrête rapidement pour réparer dès que je trouve un peu de place. J'en profite pour changer le pneu par la même occasion, ce sera fait.

A partir de Guilheta, ce sont des praias de galets. ça fait pas mal de bruit quand l'eau se retire :


Paysage typique du bord de mer juste après les galets :


Et entre la N13 et ces dunes, c'est une grande zone de cultures, et ça bosse !




Je me demande comment ce bateau ne s'est pas retourné :


Une petite église "discrète" à Marinhas :


Mon premier coucher de soleil portugais sous la pluie :




Bon, je vais pas attendre la fin. Eux dans leur voiture, ils vont rester ; moi il pleut et j'ai pas chaud.
Je vais faire des courses au supermercado de Marinhas. Ça me paraît un peu moins cher qu'en Espagne.

Je vais jusqu'à Esposende à la recherche d'un cyber. Le premier est fermé. Je vais tourner près d'une heure pour trouver le second à l'autre bout de la ville : j'ai du mal à suivre les indications que l'on me donne. Quelques galères pour visualiser mes photos, mais ça finit par gazer (je parle trois mots d'allemand avec un gars pour lui expliquer le problème ; il est portugais, mais il travaille près de Hambourg).
2 heures du mat' : je vais camper dans les dunes au bout de la plage. Je m'améliore pour planter la tente dans le sable et je me sers du guidon du vélo pour accrocher la ficelle qui permet de bien maintenir la tente face au vent (plutôt que de planter une ou deux sardines dans du sable !).


03/01 :

Je me réveille un peu fatigué. Il y a un bruit qui m'énerve et je ne saurai pas ce que c'est !

Le farol de Esposende :




L'estuaire du rio Cávado, à Esposende :


A Apúlia se succèdent 5 moulins à vent qui ne fonctionnent plus, je me serais cru en Hollande, bien que je n'y sois jamais allé :



(au fond à gauche : l'église de Apúlia)

Pour apprendre le portugais et me rappeler du nom de la ville...


Je vois plus de pêcheurs sur la côte portugaise que sur la côte espagnole :

(à l'horizon, je vois un peu la côte jusqu'à Aguçadoura)

Ici, dans les petits villages, il n'y pas de port : ils remontent les bateaux avec un tracteur :


Deux bateaux dont le nom m'a plu :




Toujours beaucoup de cultures entre la route principale et la plage :


Une fois de plus, j'ai voulu faire le malin et quitter la route pavée pour quelques chemins de terre au milieux des cultures :

(je me jure de ne pas le refaire... jusqu'à la prochaine fois !)

Au début, j'employais la technique déjà utilisée de marcher sur le bord en appui sur le vélo. Mais le bord était souvent peu large, encombré de ronces et sableux : il s'effondrait parfois. Alors je mettais presque tout mon poids sur le vélo pour ne pas m'enfoncer jusque dans l'eau. Et tant bien que mal, je m'en sortais à peu près sec.
Ensuite, remarquant que le vélo ne s'embourbait pas et qu'il n'y avait pas de pierres, je prenais le risque de passer dans la flaque en plein milieu en pédalant normalement jusqu'à ce que le niveau de l'eau atteigne les pédales en position basse. Puis, je pédalais par allers-retours (sans faire un tour complet) pour ne pas me mouiller les pieds : je n'avançais pas vite et je ne devais pas perdre l'équilibre. C'était assez stressant : je vais me mouiller les pieds ou je ne vais pas me mouiller les pieds ? Et bien : non !

Petit à petit, le temps se lève :




Une praia avant Aguçadoura :




Il est bientôt l'heure de manger et il me manque du pain : j'en achète dans le prochain bled. Mais je veux une barre de pain, enfin une baguette ou un truc comme ça, quoi. Il n'y en a pas : il n'y a que des petits pains (un peu comme dans une cafét' de chez nous). Bon soit, donnez m'en 3 alors. Et je repars déçu.

Je m'arrête au bout de la promenade à Aguçadoura pour manger un sandwich aux moules et un autre à la confiture.
Finalement, c'est bien pratique pour les sandwiches ce pain et ce n'est pas cher. C'est pour tout pareil, on est réticent au changement, on ne veut pas perdre nos petites habitudes et finalement... ce n'est pas si mal !
En face de moi, un type va me regarder manger tout le long. Il ne me posera pas une question. Ici, les gens m'observent beaucoup, ils ont l'air intrigués, mais ne semblent pas si curieux. Le contact est un peu difficile. La plupart des gens ne répondent pas à mon "Olá !". Je ne le dis plus, sauf quand je le sens bien, mais des fois je me trompe !

Vers le nord, depuis là où j'ai mangé :

(je vais me mettre torse nu, mais c'est limite avec ce petit air)

La praia de Santo André et Aguçadoura :




Et je commence à voir la digue et les constructions de Póvoa de Varzim, avec le soleil dans les yeux :




Je vais traverser successivement les villes de A Ver-o-Mar, de Póvoa de Varzim et de Vila do Conde (la ville des flics) et je ne vais pas m'en apercevoir : tout se touche. Je vais rouler sur la piste cyclable de la promenade pendant près de 10 km : c'est tout plat, c'est un peu languissant. Ici, en me dirigeant vers le sud, j'ai le soleil dans les yeux en permanence. Je me dis que c'est peut-être à cause de la grimace que je fais que les gens ne me disent pas bonjour et ne m'accostent pas !

De gros nuages sur Póvoa de Varzim :






Póvoa depuis le sud :


La digue sud de Póvoa de Varzim, vers Azurara et vers la côte à parcourir :






Un fort depuis le toît d'une chapelle :


Vila do Conde, depuis la rive droite du rio Ave :


A Azurara, je remarque ce panneau qui me rappelle des souvenirs...

(c'était un très grand écrivain et poète portugais)

J'avance vers Mindelo :


Et je m'éloigne de Póvoa :


A Vila Ché, le soleil se couche avec une grosse couverture... nuageuse :





(c'était bizarre, ces rayons de couleur presque verte !)

Une petite chapelle à Vila Ché :


Je veux atteindre Matosinhos, une ville qui touche Porto et qui est juste avant (au nord, donc), pour y trouver un cyber. Je vais continuer de nuit et emprunter tranquillement des kilomètres et des kilomètres de passerelles en bois éclairées :


Aux environs de Lavra, je me retrouve dans un cul-de-sac. Je vois un peu plus loin une passerelle éclairée qui a bien l'air de filer vers Porto. Je croise trois gamins et je leur demande s'il n'est pas possible d'atteindre la passerelle là-bas.Un des trois parle un peu anglais. Il cherche ses mots, il essaie de me donner les explications, mais son copain le fait tellement rire qu'il n'y parvient pas. Petit à petit, ils se calment. Il me dit tout d'abord que ce n'est pas possible. Son copain lui dit que si. Ils me montrent un passage, on coupe à travers champs jusqu'à la passerelle. Je dételle pour monter sur la passerelle. En rattelant, une des deux goupilles se prend entre deux planches : l'élastique casse. Bon, ça c'est fait : les deux sont cassées comme ça (je risque juste de les perdre plus facilement : j'en ai de rechange, mais je vais y faire plus attention quand même). Ils m'accompagnent sur quelques centaines de mètres. J'essaie de discuter un peu en anglais. Je demande où ils habitent. Je crois comprendre que l'un d'eux pense que je veux gratter l'hospitalité ! Il continue en portugais, les explications de la route à suivre pour Matosinhos. Puis, ils me laissent.

J'ai compris que je devais suivre pendant un bon moment une grande usine pétrochimique que voilà :

(on aurait dit une grande ville, comme dans les films de science-fiction !)

Me voilà arrivé, enfin je croyais. Dans le premier cyber, je ne parviens pas à visualiser les photos. Le port USB ne marche pas, me dit la serveuse après avoir fait un essai. Je me mets en quête d'un second. Je le trouve une demi-heure après : rebelote, l'USB ne marche pas. J'hallucine et ça commence sérieusement à m'énerver ces cybers portugais. Les ordis sont tellement sécurisés que l'on ne peut rien faire avec, à part du surf classique sur le web.

Pour ce soir, je renonce et je suis dégoûté d'avoir fait tant de bornes de nuit pour rien ! Je commence à me poser des questions sur la continuation du blog : ça devient trop prise de tête !

Je décide de revenir à Labruge pour en repartir demain matin : c'est là que la nuit était tombée et que je ne voyais plus le paysage. De toute façon, il y a de maisons partout ici : je dois m'éloigner.
En route, j'achète un hamburger dans une camionnette au bord de la route : EXCELLENT !
A Labruge, je m'engage dans un chemin qui devient vite sableux : je vais planter la tente sur la plage en m'assurant d'être à l'abri de la marée.


04/01 :

Comme tous les matins, je me réveille vers 5 - 7 heures : j'ai froid. Ce n'est pas grave : je regonfle le matelas et je me rendors jusqu'au vrai réveil !

Il ne fait pas très beau. Le vélo est plein de sable : ça craque d'un peu partout.

Je sors à peine du chemin sableux, que je m'aperçois que la roue de la remorque est crevée. Bon, ça commence bien. Je répare. Des cyclistes s'arrêtent pour me demander si je n'ai pas de problème. Je repars et j'emprunte à nouveau, grosso modo, le même parcours que la veille.

Voici l'éclairage des passerelles en bois :


J'atteins le memória, où j'ai rencontré les jeunes la veille :


Il a été dressé en l'hommage d'un débarquement, qui serait l'un des premiers pas vers la démocratie portugaise :


Voici la super vue que j'ai, depuis le café où je me suis arrêté boire un Coca et faire le plein d'eau :

(déjà qu'il fait un sale temps, alors avec l'usine derrière... c'est magnifique !)

Au fond, c'est la digue nord du port de Matosinhos :


Ici le farol de Leça da Palmeira :








Ah, il est beau ce farol, hein ?

Je continue jusqu'à un grand pont que je traverse et me voilà à Matosinhos. La veille, de nuit, je n'avais pas traversé ce pont, je n'étais pas à Matosinhos : j'étais à Leça da Palmeira !

J'aperçois un fort :

(j'apprendrai deux jours plus tard que : avant ce fort, c'est Matosinhos et après ce fort, c'est Porto)

Il ne fait pas beau, je n'ai plus de place pour prendre des photos et j'ai très faim : je fonce donc vers le centre de Porto, à plus de 10 km de là encore, sachant très bien que je reprendrai cette route plus tard, avec un temps plus clément, je l'espère.

Oula ! Ça monte à Porto : je n'y étais plus habitué ! Et les routes sont pavées ! Tiens, voilà le tram !

J'arrive à une grande place, près d'une grande église. Au fond, là-bas, je déniche un petit bar - restaurant. Je vois de la bacalhau à 7,50 euros : ça m'intéresse.
J'attache le vélo à un arbre, en plein devant. Un gars qui joue au foot avec ses collègues, m'accoste. Il me demande d'où je viens. Quand je lui montre le compteur indiquant plus de 3400 km, il hallucine et il le répète à ses collègues : "três mil e quatrocentos quilómetros !"
Je m'installe. Ici, j'ai l'impression que toute la famille bosse : le fils et la fille qui servent, entre autres. Je demande une soupe de navets à 1,50 euros, puis de la morue aux pommes de terre et aux oignons (la même que le soir du 31 : parce que je l'ai bien aimée et que je veux comparer). Elle est excellente, cette bacalhau, et c'est très copieux. Tout en mangeant, je regarde vers la sortie : je vois toujours le drapeau Bob qui flotte dans l'air : c'est bon ! Je regarde aussi pour la première fois, la télé portugaise.
Je finis par une mousse au chocolat, un café et une petite liqueur bien de chez eux (à base de raisin blanc ; style grappa italienne, mais moins sèche et qui arrache moins). Moins de 13 euros : c'est très correct.
Je paye et je vais récupérer mon vélo. "três mil e quatrocentos quilómetros !" : tiens, il est pas parti, lui ? Non, il joue toujours au foot. Il me regarde détacher le vélo et me demande pourquoi je n'utilise pas l'autre antivol plus costaud. Je lui dis qu'entre l'eau et le sable, il est bloqué et ne fonctionne plus. Je m'apprête à partir et l'un de ses pote me dit d'attendre ; je ne comprends pas pourquoi. Et voici "três mil e quatrocentos quilómetros !" qui revient avec une bombe de dégripant à la main ! Le gars super sympa : il va insister pendant près d'un quart d'heure pour débloquer le bordel et va quand même réussir à sortir la clé : ce qui est déjà bien ! Mais il ne va pas pouvoir tourner la clé dans la serrure bloqué, bien qu'il ai dû vider près de la moitié de sa bombe !
Bon, je le remercie quand même et je m'en vais à la recherche d'un cyber. J'en trouve un qui n'est pas cher et qui ferme à deux heures du mat' : parfait, je vais pouvoir me mettre un peu à jour. Et en plus, il vend de bonnes bières à 1 euro la bouteille : notamment la Super Bock (une autre bière portugaise) dans ses versions Stout et Abadia.
Je vais attacher mon vélo en plein devant. Il y a une caméra à l'entrée. Le cyber est au sous-sol. Le serveur me dira que la caméra ne fonctionne pas, en fait. Bon, le vélo va rester près de 10 heures d'affilé, dehors et au même endroit. Il est deux heures du mat' : je ressors et le stress monte : le voyage va-t'il s'arrêter ici, devant ce cyber ?
Ouf ! Il est toujours là. Je me retrouve donc en plein centre de Porto à 2 heures du mat' avec mon vélo ! Bon, où c'est que je vais dormir, maintenant ? Un groupe de jeunes sort d'un bar : je m'avance pour leur demander le plus court chemin pour me rendre à la praia (je suis un peu désorienté). Ils ne parlent ni français, ni anglais. Je leur dis que ce n'est pas pour l'eau que je veux y aller mais pour planter ma tente. Ils ont l'air de me dire que c'est dangereux tout seul, la nuit, ici. Je comprends qu'une nana va me dire un truc du style : "Tu vas tout droit et après... après, tu te démerdes !" Ah, ben, c'est sympa mademoiselle, et obrigado surtout ! Adios !
Je ne vais pas les écouter. Je prends la direction du resto où j'ai mangé. Je me trompe un peu, mais tant bien que mal, en préférant changer de trottoir lorsque j'y aperçois des gens au loin, je redescends vers la mer et je retrouve ma route. J'avance pendant près de 7 km : évidemment qu'il y a toujours autant de maisons. Je ne vais tout de même pas aller jusqu'à la praia de Labruge sur laquelle j'ai dormi la veille ! C'est clair que je ne franchirai pas le pont qui va de Matosinhos à Leça de Palmeira.
Et puis, j'aperçois un jardin public et tout au fond, dans l'ombre, ça m'a l'air pas si mal. Bon, là, y'a une merde de chien : attention ! Ça pue pas trop la pisse, mais c'est doûteux ! Ça y est, les deux là-bas qui attendaient le bus, ils sont partis. Allez, boa noite !


05/01 :

Je n'ai pas été embêté pendant la nuit : c'est bien !

Voilà où j'ai dormi :

(voyez le caca : je ne mens pas, hein ? )


(c'était étroit, pour planter la tente)

Le temps n'est pas excellent : je décide de consacrer une journée entière au blog. Je vais manger un sandwich au thon à midi. Toujours le même cyber. Toujours deux heures du mat´ : il fait muito frio ce soir ! Il y a plein d'étoiles dans le ciel : demain, il va faire beau, c'est sûr. Je décide de revenir jusqu'aux environs de Matosinhos pour camper : comme ça, je profiterai de Porto dans son ensemble, demain matin. Je vais planter la tente derrière le fort qui est à la limite entre Matosinhos et Porto. L'océan fait un bruit impressionnant, mais je vais bien dormir, il doit être 3 heures du mat'.


06/01 : un temps magnifique :

Je me lève un peu fatigué. Un mec me regarde de loin en train de démonter la tente.

J'ai planté la tente ici, pour celles qui connaissent :


Pour me réveiller, je vais boire un café en terrasse au soleil, en bas à droite :

(je suis trooop bien !)

Les digues du port de Matosinhos :


Matosinhos :


Le fameux forte de Saô Francisco Xavier, près duquel j'ai dormi :






Juste après ce fort, je veux savoir et je vais interpeller un gars ; par chance, il parle français. Je veux savoir les limites entre les différentes villes qui sont sur ma carte, car ici, tout se touche ! Alors, il va tout m'expliquer.
Leça da Palmeira est la ville au nord, jusqu'au grand pont qui traverse le rio Leça. Ensuite, en allant vers le sud, il y a Matosinhos depuis le rio Leça et jusqu'au forte de Saô Francisco Xavier. Porto de Leixões appartient à Matosinhos : c'est le "port de Porto", en fait. A partir du forte, c'est Porto. Et Foz do Douro appartient à Porto. Voilà !

La digue nord de Porto et son farol :




Le nord de Porto, depuis le farol :


Au fond, c'est le viaduc autoroutier sur le rio Douro :

Rive droite (à gauche de la photo), au nord, c'est la ville de Porto. Rive gauche (à droite de la photo), au sud, c'est la ville de Vila Nova de Gaia.

 

En trois jours, je passerai 6 fois sous ce viaduc (5 fois rive droite et 1 fois rive gauche).

Le viaduc, depuis une chapelle en hauteur :


Voilà, c'est comme ça qu'il faut le servir !


Voici, sur la gauche, le début du vieux Porto :

(à droite, c'est Vila Nova de Gaia)

Que serait Porto sans son tram ! Bon, je n'ai malheureusement photographié que le touristique :


Que serait Porto sans son linge aux fenêtres !






Bon, j'ai faim. Je vais manger en terrasse au soleil et au bord du fleuve avec vue sur le pont métallique et sur Gaia, la ville d'en face :


Erreur, de croire que je vais bien manger, ici !
Je demande de la soupe et de la bacalhau à la Brag', pensant qu'elle va ressembler à celle que j'ai mangée l'avant-veille.
Déjà, le serveur m'apporte 3 beignets dans une corbeille ! Heu, pardon, c'est payant ? ... Ah ! Bon ben j'en veux pas alors ! Et il les reprend sans broncher ! Je trouve ça gonflé, cet attrape-touristes ! Et puis, je ne suis pas un touriste, moi, je suis un voyageur ! Eux ne font pas la différence : je comprends ! Il m'apporte la soupe et le pain : c'est correct. Mais alors la morue, en fait, c'est une omelette à la morue : ça a plus goût à l'oeuf qu'à la morue ! Et c'était plus de 10 euros le plat, si je me souviens bien ! Un dessert ? Ah non, c'est pas que je n'aurais pas pu le manger mais... un café et ça suffira ! En revanche, le pain était très bon : il y en avait trois sortes dans la corbeille. J'ai gardé le plus dense pour la fin. Je ne sais pas avec quoi il était fait, mais on aurait presque dit un gâteau, sans rire ! Excellent ! Ça m'aura servi de dessert ! Avant de partir je vais leur emprunter les toilettes et je vais leur piquer un gros rouleau, la preuve, j'en ai encore !

Que serait Porto sans ses ruelles étroites pavées qui montent, qui montent !


C'est au fond de ce quai que j'ai mangé :


J'avance jusqu'au pont de fer pour traverser sa partie inférieure. Que d'étrangers, ici ! Que d'asiatiques, notamment !


Ça s'approche...


Et voilà, je suis à Gaia et c'est de l'autre rive que l'on découvre les meilleurs panoramas de Porto. Voici quelques photos pour preuve :




Et puis j'ai bien envie de monter sur la partie supérieure du pont métallique, j'y vois des trams et des gens passer. Allez ! Encore quelques tours de pédalier et j'y suis ! Un type me voit sortir de la ruelle pavée en pédalant et il me lance direct en anglais : "Je peux pas croire que tu sois monté par là !". Ben, je lui dis que si ! En fait, j'ai poussé... mais juste au début !

De là-haut, la vue est meilleure :

(au fond, c'est le viaduc autoroutier)

Je ne me lasse pas de prendre des photos, ils ont quand même de belles villes, les portugais !



Ah ! Je peux enfin prendre le pont de fer dans son ensemble :


La photo précédente, je l'ai prise depuis le dessus d'un mur que j'ai escaladé. Un type passe et je comprends qu'il me dit que lui, il ne pourrait pas monter sur le mur, il a le vertige apparemment !

Le soleil commence à "baisser", c'est encore plus sympa à admirer :


Je redescends par une rue avec des gros pavés : ça secoue grave et je suis à fond sur les freins, tellement ça descend !

Le pont de fer vu d'en bas :

 

Quelques dernières photos pour ma route ; j'arrive pas à ranger l'appareil, excusez-moi !










Allez, Porto, à la prochaine !

 

A la sortie de la ville, il y a une réserve d'oiseaux :

 

J'atteins la praia de Lavadores :


Depuis là, on voit les digues de Porto et la digue sud de Matosinhos :


Je pédale à donf sur une cyclable, c'est tout plat ; toutes les plages se ressemblent. J'atteins Miramar à la nuit : il y a une jolie chapelle éclairée sur un rocher au bout de la plage :


Je continue de nuit jusqu'à Espinho pour un cyber. J'en localise un et je mange avant dans une rue bien décorée :



Je fais mes affaires et je retourne à Miramar, en face de la chapelle. Il est près de 2 heures du mat' : je mange une orange, même deux d'ailleurs et je vais planter la tente dans des dunes derrière le bar où j'ai bu un café la veille au soir.


07/01 :

Au réveil, il fait encore un temps magnifique bien que frais : la cagoule et les gants sont de rigueur, comme tous les matins.

Je la préfère de jour, cette chapelle :


Ah ! Je me disais bien hier soir, en voyant ce "fil lumineux", que l'on devait voir très loin vers le nord, depuis ici :


Je m'éloigne de la chapelle...


et j'arrive à Praia de Aguda, où un port s'est improvisé sur la plage :

(au fond à gauche, c'est Espinho, que j'avais déjà atteint la veille)

La silhouette d'Espinho :

Vers le sud, j'ai toujours le soleil dans les yeux et donc dans l'appareil. Tout de même, on voit la côte très loin : peut-être même jusqu'au cabo Mondego, si ça se trouve !
L'océan n'est jamais vraiment calme ici.

A Praia de Aguda, je ne sais pas pourquoi ils charrient tout ce sable. Enfin, il suffit que eux le sachent :


Comme la veille, je dois attendre pour traverser la voie ferrée qui suit la côte. Qu'est-ce qu'il passe comme trains, ici ! Attention... prêêt...


Clic !


Et quand le train est passé, une vieille, qui a l'âge de la retraite bien tassé, sort de sa cabane et remonte la barrière avec une manivelle : mais on est où ici ? J'ha-lu-cine !

La voilà la voie :


Elle est grandiose, cette promenade pavée de Espinho :


Ici, je fais le plein de thunes, de pains et de pâtisseries. Je traverse la ville et à la sortie sud, c'est Silvalde : que c'est sale, que ça m'a paru pauvre : bref, la dèch' !
Oui, pour la saleté, ce serait difficile, dans un concours, de désigner le champion de la péninsule ibérique, mais je pense que les portugais ont une bonne décharge sauvage d'avance !
Vas-y que je te pousse avec les pieds le tas d'ordures dans un coin de la promenade et ça fera plus propre !

Alors, du côté de Paramos, il faut s'arrêter, écouter pour entendre éventuellement un bruit d'avion, observer aussi, et alors on peut avancer, mais vite ! Et moi qui ai laissé le vélo en plein milieu !


Ensuite, ce sont des praias sur des kilomètres. Parfois entre les praias, il y a une praia... Je vais manger dans un resto sur celle de Esmoriz, avec vue sur Espinho et au-delà :

Par Emmanuel Roques
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